moreno (robert) (F.Faugere/L'Equipe)
Ligue 1 - Monaco

Ce que Robert Moreno a (déjà) changé à Monaco

Officiellement nommé entraîneur de l'AS Monaco le 28 décembre dernier, Robert Moreno a, en quinze jours chrono, considérablement modifié le paysage sur le Rocher. Son discours et ses convictions tactiques tranchent avec les idées de Léonardo Jardim, son prédécesseur.

Un discours rafraîchissant et ambitieux

Bien sûr, Leonardo Jardim a pour lui d'avoir remporté le Championnat de France et hissé le club de la Principauté en demi-finales de la Ligue des champions en 2017. L'entraîneur portugais disposait certes d'un effectif exceptionnel, mais il n'est pas ici question de remettre en cause ce qu'il a accompli dans la ville-État. Reste que son discours n'aura pas trouvé le même écho lors de son second passage au club (entre le 27 janvier 2019 et la fin décembre) et que les joueurs de l'ASM, las de sa méthode, avaient cruellement besoin d'être bousculés par des idées neuves. Et par des causeries teintées d'optimisme et d'ambition, alors que le Portugais parlait plus régulièrement de maintien que d'Europe ces dernières semaines.

A ce niveau-là, les dirigeants monégasques n'ont pas dû mettre longtemps à réaliser qu'ils avaient mis la main sur un bon communiquant. Pourtant quasiment novice dans l'exercice, Robert Moreno n'a pas manqué ses premières sorties médiatiques. Et à l'heure où les joueurs - ou leur entourage - sont constamment en alerte sur les messages distillés par les techniciens, cela compte. Pêle-mêle, le Catalan a ainsi refusé de se placer en victime expiatoire avant le déplacement des siens au Parc des Princes («Si on ne pense pas à gagner, on reste ici à Monaco, on perd 3-0 et on ne dépense par d'argent pour le voyage»), affiché sa volonté de posséder le ballon face au club de la capitale ou encore tenu à préciser que son équipe ne se renierait jamais, car «si vous avez un style, il faut y être fidèle chaque semaine». Le tout au fil d'une opération séduction expresse qui serait tombée à l'eau si l'équipe du Rocher avait été sortie en Coupe de France face à Reims ou avait explosé en vol face au Paris Saint-Germain.
Robert Moreno en conférence de presse. (F.Porcu/L'Equipe)
Robert Moreno en conférence de presse. (F.Porcu/L'Equipe)

Un nouveau système

Oui mais voilà, les Monégasques seront au rendez-vous des seizièmes de finale, ils ont tenu la dragée haute aux Parisiens (3-3) en prime time, dimanche soir, et les premiers signaux tactiques envoyés par ce Monaco new look sont de nature à susciter l'enthousiasme. Bien sûr, face aux Champenois, il s'en est fallu de peu pour que Monaco dise adieu à la "Vieille Dame" mais cela faisait longtemps que les fans du club de la Principauté n'avaient pas vu les leurs se procurer autant d'occasions que lors de leurs deux dernières sorties. Avec un peu plus de réalisme, les coéquipiers de Wissam Ben Yedder auraient même pu l'emporter à Paris. C'est dire le chemin parcouru. Un (grand) pas en avant qui est passé par un changement de système : exit le 4-4-2 ou le 3-5-2, place au 4-3-3.

Alors même qu'il a signé un essai sur les vertus du 4-4-2 (Mi receta del 4-4-2), Moreno a estimé que le salut de l'ASM passait par un milieu à trois, ce qu'il a tout de suite fait savoir à ses joueurs. Tant pis pour le duo Ben Yedder-Islam Slimani, qui avait porté l'équipe entre la fin août et la mi-novembre, place à une triplette composée par l'international français, Gelson Martins et Keita Baldé. Mais par-delà ce changement de système - au Parc les visiteurs ont du reste alterné entre un milieu à trois et à quatre éléments au cours de la rencontre -, ce sont les idées directrices qui semblent profondément avoir évolué sur le Rocher. Il y a d'abord une intensité de tous les instants demandée aux joueurs et qui a d'ailleurs contaminé les 22 acteurs, dimanche. Mais également une volonté très claire de la part du staff monégasque de voir leurs joueurs évoluer très proches les uns des autres pour pouvoir combiner, une fois le ballon récupéré. Le tout en confiant un maximum de responsabilités à Golovin (68 ballons touchés dans un rôle hybride) et Ben Yedder (53 ballons), dépositaires des offensives des Rouge et Blanc et de la bonne utilisation du cuir.

Un nouvel état d'esprit

Après être revenus d'à peu près tout contre le Stade de Reims en 32es de finale de la Coupe de France, Moreno et ses joueurs ont à nouveau fait preuve de résilience au Parc. Car s'ils auraient pu repartir de Paris avec trois points, ces derniers auraient également pu se faire balayer s'ils n'avaient pas fait preuve de caractère dans la capitale. Car Neymar était dans une forme exceptionnelle, et qu'il a fallu aux Monégasques faire preuve d'un mental en béton armé quand le Brésilien a ouvert le score dès la troisième minute de jeu. L'enceinte francilienne ne demandait alors qu'à s'enflammer et on imaginait à ce moment-là le PSG enregistrer un nouveau succès fleuve. Il n'en a rien été.

Au contraire, c'est le champion de France en titre qui a certainement le plus vacillé au fil des 90 minutes et de transitions monégasques toutes plus tranchantes les unes que les autres. Alors même que Fodé Ballo-Touré a inscrit un but contre son camp, que les locaux ont obtenu un penalty juste avant la pause et que l'ASM semblait donc devoir résister à quelques vents contraires. La preuve d'un nouvel état d'esprit, plus conforme aux ambitions européennes du club ? C'est en tout cas Slimani, sorti à l'heure de jeu d'un banc sur lequel il était relégué ces dernières semaines, qui a inscrit le but de l'égalisation (3-3). Une réalisation qui venait récompenser le travail de tout un groupe, entrepris il y a deux petites semaines seulement. Face à un Paris Saint-Germain qui n'avait plus encaissé trois buts à domicile en Championnat depuis près de 10 ans...
Thymoté Pinon
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RYO 15 janv. à 13:10

SperSlim tu teprendra ta place de titulaire. Montre à Moreno ce que tu sais faire.

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