BERGEROO(PHILIPPE)  BLANC(LAURENT) DESCHAMPS(DIDIER) DJORKAEFF(YOURI) JACQUET(AIME) LEMERRE(ROGER) (P.Boutroux/L'Equipe)
Bleus

Centième match de l'équipe de France au stade de France : notre sélection de cinq soirées inoubliables et de cinq moments très douloureux

Son architecture, l'immense piste d'athlétisme entre les tribunes et la pelouse, son utilité... Depuis 1998, le Stade de France aura rarement été épargné par la critique. L'antre des Bleus, qui accueillait pour la centième fois l'équipe de France ce mardi, a pourtant plus d'une anecdote à raconter. Des grands moments de football, mais aussi des drames. Florilèges.

Ces moments inoubliables

France-Espagne, mercredi 28 janvier 1998 (1-0) : la grande première
Ce soir de janvier 1998, il faisait un froid à décourager les curieux. Peut-être pas tant, finalement, 78 368 paires d'yeux s'étant déplacés pour ce moment historique. Pour la première fois, l'équipe de France quitte Paris pour élire domicile dans sa périphérie nord. Le signe d'une équipe nationale qui dépasse le clivage entre la capitale et le reste du pays. La cérémonie d'ouverture est en grandes pompes (quitte à massacrer la pelouse), les regards effarés par cet immense tas de béton. Le spectacle inaugural terminé, celui sur le pré peut commencer. Zinédine Zidane signe l'unique but d'une rencontre âpre face à l'Espagne (1-0). Tout un symbole.
France-Brésil, 12 juillet 1998 (3-0) : pour l'éternité
D'aucuns diront que l'histoire entre la France et le stade à son nom s'est écrite avant la victoire contre le Brésil. Dès ce France-Italie étriqué où la séance de tirs au but aura raison des partenaires de Paolo Maldini, probablement. Ou ce doublé exceptionnel de Lilian Thuram qui fait chavirer les tribunes et renverse la Croatie en moins d'une demi-heure, plus encore. Ce France-Brésil n'est au final qu'une consécration en apothéose d'un mois de rêve et d'espoirs. Homme providentiel, Zidane mène les siens d'un doublé avant que Petit ne vienne clore le spectacle. Sur les Champs-Elysées et partout ailleurs, la France peut crier sa joie : elle est sur le toit du monde.
France-Italie, 6 septembre 2006 (3-1) : l'heure de la revanche
Huit ans plus tard, la France y a de nouveau cru, avant d'être poignardée aux tirs au but par l'Italie. Cinquante-neuf jours après le "drame de Berlin", personne n'a oublié le coup de tête de Zidane sur Materazzi. Chargé d'un esprit de revanche sans précédent, c'est tout un stade qui porte une équipe de France remontée comme jamais. Sans tomber dans un excès de nervosité, les Bleus livrent le match parfait. Un Govou en état de grâce signe un doublé alors qu'Henry inscrit l'autre but. Le stade entonne une Marseillaise de tous les diables pour ce qui reste l'un des meilleurs moments de l'ère Domenech.
France-Ukraine, 19 novembre 2013 (3-0) : le miracle
En 2016, un sondage effectué par FF classait ce retour de barrage pour la Coupe du Monde en quatrième position des plus grands matches à frisson jamais disputés par l'équipe de France. Il faut dire qu'au terme d'un aller ridicule de la part des hommes de Didier Deschamps, perdu 2-0 en Ukraine, peu croyaient en une remontée. Le stade est néanmoins surchauffé, paré à l'exploit. Sakho puis Benzema remettent les compteurs à zéro avant la pause, avant que le défenseur parisien ne se mue en héros du soir d'un doublé peu orthodoxe. À la hauteur de l'angoisse, les scènes de joie sont démesurées. Le véritable début de l'aventure Deschamps.
France-Pays-Bas, 9 septembre 2018 (2-1) : la fête au stade de France
Deux mois à peine après la liesse générale sur les Champs-Elysées, les Bleus sont de retour à Saint-Denis. Et, vingt ans plus tard, dans le costume de champion du monde. Dans un match de Ligue des nations brillamment remporté face aux Pays-Bas (2-1), Giroud inscrit son trente-deuxième but en bleu et dépasse, pour le symbole, un certain Zidane. Finalement anecdotique, le résultat est effacé par un esprit de fête sans précédent qui règne dans les travées du stade de France. Y compris après la rencontre, où le tour d'honneur et les célébrations s'éternisent pendant plus d'une heure. Un instant inoubliable.

Ces moments douloureux

France-Algérie, 8 octobre 2001 (4-1) : le match de la honte
En 2001, la génération «black-blanc-beur» de Zidane et ses compères, championne du monde et d'Europe en titre, règne sur la planète foot. La FFF et le gouvernement français veulent en profiter et organisent un match amical entre l'Algérie et la France, afin de rapprocher deux nations historiquement liées. Sauf que tout ne se passe pas comme prévu. À la 76e minute d'un match maitrisé par les Bleus, la pelouse du stade de France est envahie par de nombreux supporters français et algériens, et la rencontre est interrompue. Ce qui était censé être la fête de la diversité et du vivre-ensemble sera finalement le symbole des tensions sociales à la française.
France-Irlande, 18 novembre 2009 (1-1) : la main d'Henry
Décidément, tout ce qui touche à la Coupe du monde 2010 est à oublier pour la France. L'épisode du bus à Knysna, évidemment, mais aussi la qualification pour cette phase finale, arrachée le 18 novembre 2009, aux barrages, à la République d'Irlande et entachée de la tristement célèbre main d'Henry. Presque tout le monde dans l'Hexagone, y compris l'auteur du geste lui-même, regrette ce qui s'est passé à la 106e minute de ce match retour, lorsque le meilleur buteur de l'histoire des Bleus contrôle par deux fois le cuir de la main gauche avant de servir Gallas, seul face aux cages. Les arbitres ne s'en aperçoivent pas et accordent le but. La France est qualifiée, l'Irlande inconsolable et Henry sous le feu des critiques, une fois de plus.
France-Biélorussie, 3 septembre 2010 (0-1) : le fiasco après le fiasco
Comme si l'année 2010 n'avait pas été assez difficile pour les tricolores. D'abord le scandale autour de la main d'Henry, puis l'épisode surréaliste de la grève de Knysna et pour finir en beauté, une bonne vieille défaite 0-1 à domicile, face à la Biélorussie en éliminatoires de l'Euro. Pour son premier match en compétition, Laurent Blanc n'est pas gâté. À la tête d'un groupe largement remanié et inexpérimenté (25 ans et 10 sélections en moyenne), le nouveau sélectionneur enregistre sa deuxième défaite en autant d'expériences sur le banc des Bleus. Le seul but de la rencontre : une frappe en pleine lucarne de Sergey Kislyak à la 86e minute.
France-Allemagne, 13 novembre 2015 (2-0) : le drame des attentats de Paris
Si ce France-Allemagne laisse un douloureux souvenir aux Français, ce n'est évidemment pas pour le côté sportif. Dans la soirée du 13 novembre 2015, la France subit une série d'attentats meurtriers. Et cette soirée cauchemardesque commence avec deux détonations entendues près du stade de France au quart d'heure de jeu. Le président de la Fédération, Noël Le Graët, évite que l'information ne parvienne aux joueurs avant la fin de la rencontre. Même les commentateurs ne sont pas mis au courant jusqu'aux derniers instants afin d'éviter la panique. Le déplacement en Angleterre, trois jours plus tard, fera office d'hommage aux 131 victimes de cette soirée tragique, avec notamment une émouvante Marseillaise reprise par tout Wembley.
Portugal-France 2016 (1-0) : le rêve brisé
La déception à l'issue de cette rencontre est à la hauteur de son improbable scénario. Le Portugal, qualifié par miracle en finale de l'Euro, après notamment trois matches nuls en phase de poules, paraît condamner à l'exploit lorsque Cristiano Ronaldo sort sur blessure à la 25e minute. La France, à domicile, tombeuse de l'ogre allemand en demies, devient alors grandissime favorite. Pourtant, c'est bien le Portugal qui sera sacré ce soir-là. Le tout grâce à une indécise prolongation, scellée à la 109e minute par une frappe lointaine sortie de nulle part, de la part de l'attaquant lillois Eder qui paraît, lui aussi, sorti de nulle part. Heureusement, tout sera oublié deux ans plus tard...
Justin Carayol et Corentin Rolland
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thbi 10 sept. à 11:27

Préférence au Parc des princes. Bien qu'un peu petit. Un vrai stade sans piste.

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