di meco (eric) tapie (bernard) deschamps (didier) (LANDRAIN/L'Equipe)
Ligue Europa - Marseille

Ces capitaines qui ont mené l'OM en finale de Coupe d'Europe

Ils s'appellent Papin, Deschamps, Blanc, Hemdani ou encore Payet. Et outre le fait d'avoir porté le maillot de l'OM, ils ont un autre point commun : avoir emmené le Marseille de leur époque en finale de Coupe d'Europe, brassard autour du bras.

Jean-Pierre Papin - Belgrade/Marseille (0-0, 5-3 tab), le 29 mai 1991

Le football est parfois cruel. Car si Jean-Pierre Papin gagnera le Ballon d'Or à l'issue de l'année 1991, cette finale perdue avec l'Olympique de Marseille lui restera longtemps en travers de la gorge. Après avoir éliminé le Milan AC en quarts de finale – avec cette scène surréaliste où les Milanais ne veulent plus jouer après une panne d'éclairage, et perdront par forfait – et le Spartak Moscou, les Marseillais sont en mesure de s'imposer, d'autant plus qu'ils comptent dans leurs rangs l'un des meilleurs attaquants de la planète, Papin, qui est naturellement devenu capitaine d'une équipe championne de France la même année et qui propulse, par son talent et son génie, le onze phocéen. Mais « JPP » ne marquera pas ce soir-là. 0-0 à l'issue des quatre-vingt-dix minutes et pas de but lors des prolongations, la terrible séance de pénalties se dessine. Et si Jean-Pierre Papin, en bon capitaine, inscrira le sien, son coéquipier Manuel Amoros n'aura pas la même réussite. Personne ne tremblera pour l'Etoile Rouge de Belgrade face à Pascal Olmeta, alors que Papin, parti au Milan AC un an plus tard, perdra une nouvelle finale de C1 en 1993 face à...l'Olympique de Marseille.

Didier Deschamps - Marseille/Milan (1-0), le 26 mai 1993

Parmi les premiers, il sera à jamais LE premier. Didier Deschamps, l'actuel sélectionneur de l'équipe de France, est toujours le seul capitaine d'un club français à avoir soulevé une Ligue des Champions, en 1993. Dans une C1 au fonctionnement inédit – une phase à élimination, des groupes puis la finale - , l'OM de Deschamps se qualifie sans trop d'encombres pour la phase de poules. Les hommes dirigés par Raymond Goethals éliminent Glentoran, club nord-irlandais, au premier tour (5-0 puis 3-0) et valident leur ticket pour l'étape suivante face au Dinamo Bucarest (0-0 puis 2-0). Ils rejoignent ensuite dans le premier groupe les Rangers de Glasgow, Bruges et le CSKA Moscou. Une quasi formalité pour les Phocéens, qui terminent premiers avec trois victoires et autant de matchs nuls, et qui s'offrent le droit de jouer un titre prestigieux face au Milan AC. Deschamps, lui, dans son pur rôle de leader, fédère toute une équipe. C'est son coéquipier Basile Boli qui, d'un coup de tête à la 44e minute, viendra offrir le premier titre européen de l'histoire du club et du pays à un OM devenu historique. Deschamps soulève la coupe aux grandes oreilles et grave son nom dans le marbre immortel des compétitions continentales.

Laurent Blanc - Parme/Marseille (3-0), le 12 mai 1999

Buffon, Cannavaro, Thuram, Baggio, Boghossian, Fuser, Crespo et d'autres. Si Laurent Blanc a échoué avec l'OM en finale de C3 en 1999, difficile de dire qu'il ait eu un adversaire à sa portée. Cette année-là, Parme peut se targuer d'avoir un des plus bels effectifs d'Europe, avec des noms plus ronflants les uns que les autres. Pourtant, Marseille avait réalisé un parcours digne d'accéder à ce dernier échelon. Les Phocéens venaient d'éliminer successivement le Werder Brême (1-1, 3-2), Monaco (2-2, 1-0), le Celta Vigo (2-1, 0-0) puis Bologne (0-0, 1-1), alors que Laurent Blanc représentait un solide défenseur axial, auréolé qui plus est, dix mois plus tôt, d'un titre de champion du monde. Malheureusement pour les Marseillais, l'ultime match sera une pâle copie de celui réalisé six ans plus tôt en Ligue des Champions et Parme s'imposait 3-0 grâce à des réalisations d'Hernan Crespo, Paolo Vanolli et Enrico Chiesa. Laurent Blanc, titulaire indiscutable, s'en ira quant à lui à l'Inter Milan à l'issue de la saison.

Brahim Hemdani - Valence/Marseille (2-0), le 19 mai 2004

Il est celui que l'on connaît le moins. Pourtant, Brahim Hemdani a bien joué une finale de Coupe d'Europe avec l'Olympique de Marseille en tant que capitaine. En 2004, à l'époque de Camel Meriem, Didier Drogba, Mathieu Flamini ou encore Habib Beye, Hemdani, international algérien, porte fièrement le brassard de capitaine. Cette année-là, le milieu de terrain insuffle son état d'esprit à tout un groupe et après des succès face à Liverpool (1-1, 2-1), l'Inter (1-0, 1-0) et Newcastle (0-0, 2-0), l'OM se hisse en finale pour affronter Valence. Cinq ans après la déception de Parme, il s'agit de remporter une première C3, seul trophée européen qui échappe encore aux clubs français après la Ligue des Champions marseillaise de 93 et la C2 du PSG en 96. Pourtant, les Espagnols seront bien plus performants que leurs adversaires et le carton rouge de Fabien Barthez reçu à la fin de la première période n'arrangera pas les choses. Marseille s'incline finalement 2-0 à l'Ullevi Stadion de Göteborg et Brahim Hemdani ne connaîtra jamais le bonheur de soulever un trophée avec le club olympien.

Dimitri Payet - Marseille/Atlético, le 16 mai 2018

Peu de spécialistes auraient misé sur la participation de l'Olympique de Marseille à cette finale de Ligue Europa 2018. Très mal embarqués en phase de poules – un but à Konyaspor dans les arrêts de jeu permettra la qualification -, les ouailles de Rudi Garcia ont finalement su déjouer les pronostics et battre, au moment les plus décisifs, les deux écuries Red Bull du Vieux continent. D'abord face à Leipzig, en quarts de finale, et ce match mémorable au Vélodrome (5-2), puis face à Salzbourg en demi-finale, où Rolando qualifia les siens en toute fin de prolongation. Et si un joueur attire une attention toute particulière, c'est le capitaine Dimitri Payet. Affûté, il a littéralement pris les commandes du jeu marseillais et sait aussi se muer en buteur, en témoigne son festival dans la défense de Leipzig le 12 avril dernier avant de loger le ballon dans la lucarne d'un sublime pointu. Une bonne partie de l'opinion publique veut même le voir avec les Bleus à la Coupe du monde, alors qu'il a su mener ses troupes jusqu'en finale, et tentera, face à l'Atlético Madrid ce mercredi, de décrocher le premier trophée de sa carrière.

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