(F.Faugere/L'Equipe)
Ligue 1 - Monaco

Cesc Fabregas, facilitateur de jeu : son premier match avec Monaco à la loupe

Pour son premier match avec Monaco, Cesc Fabregas a déjà donné le tempo. L'Espagnol a permis aux siens de retrouver confiance, sérénité et efficacité avec ballon à Marseille (1-1).

L'atmosphère était particulière. Pas celle des grands matches, malgré deux clubs historiques mais en crise, et avec des fans marseillais hostiles aux leurs. Dans ce contexte, Monaco s'avançait, en position de 19e, pour tenter de venir grappiller un petit quelque chose. Et, fort de ses recrues, pourquoi pas une victoire. Ce sera le nul (1-1). Cesc Fabregas, nouvel arrivant, a quant à lui déjà un peu bougé les choses à Monaco. Déjà, par l'intelligence de son positionnement, l'Espagnol offre des solutions. À ses trois défenseurs, quand ceux-ci n'écartaient pas - par peur du contre - suffisamment pour aller chercher les côtés. Mais aussi à ses milieux. Fabregas décroche, se propose, créé des lignes de passes pour les siens. Ils l'ont d'ailleurs déjà compris.
À chaque récupération, un premier objectif : trouver le nouveau numéro 44 de l'ASM, surtout au début de la deuxième période. Fabregas touchait ainsi 71 ballons, meilleur total des siens derrière un Henrichs bien en jambes (81), et n'hésitait pas à jouer vers l'avant. Dès la 10e minute, sur une passe en direction de Rony Lopes par exemple, mais aussi tout au long de la rencontre sur les phases de possession et de transition monégasques.

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Sur défense placée, une ligne de trois

Sans ballon, Fabregas fut installé au coeur de la ligne de trois d'un 5-3-2. Il suivait parfois les déplacements du numéro 10 marseillais - tantôt Sanson tantôt Payet - mais n'a pas vraiment brillé par sa capacité à récupérer des ballons. C'est bien normal, vu son profil, tandis que le trio défensif Glik-Naldo-Badiashile a relativement fait le job malgré quelques frissons en fin de rencontre. Les Monégasques, pris à la gorge à l'entame de match en raison du positionnement très haut de Marseille à la perte du ballon, se remettaient cependant petit à petit. Et d'autant plus après l'ouverture du score de Maxime Lopez (13e).

Là, Fabregas fut précieux. Dans un rôle hybride : parfois entre les lignes, parfois en 10, parfois à l'initiative des actions et parfois même dans un double pivot avec Youssef Aït-Bennasser, qui prenait des risques à la passe pour casser des lignes ; parfois trop... Tielemans logeait lui un peu plus haut dans un rôle où il a excellé... souvent trouvé par Fabregas. Une action de la 29e minute représente ce rôle-là pour l'Espagnol, inspiré dans ces déplacements. Alors que Fodé Ballo-Touré fixait côté gauche, l'Espagnol s'intercalait dans le demi-espace - zone entre côté et milieu du terrain - pour servir ensuite Golovine, qui obtenait le corner. Ce n'était pas vraiment à prouver, mais le champion du monde 2010 sent toujours aussi bien le jeu.

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Tout en subtilité

C'est aussi dans ses attitudes que Fabregas a aidé Monaco. L'orientation de son corps est toujours bonne, à l'instar de ses choix et de ses prises de balle. Favorisant le jeu à une touche de balle, il permet aux siens de souffler lorsqu'il faut conserver le ballon et a même parfois joué long. Falcao, ces prochaines semaines, lui permettra d'élargir sa palette pour pouvoir trouver un point d'appui dans le jeu long. Niveau forme, il a aussi coché toutes les cases. C'est lui, par exemple, qui sert Youri Tielemans à la 91e minute dans la surface. Une balle de match loupée par le Belge que Fabregas et tout l'ASM regrettent sûrement...Henry va cependant devoir trouver l'alchimie. L'Espagnol est excellent avec le ballon. Un peu moins sans. Monaco profitera à merveille de ses passes, de ses prises de balle fluides à condition de continuer sur les mêmes standards tactiques et d'état d'esprit. Mais le milieu à trois Tielemans-Aït-Bennasser-Fabregas a déjà donné satisfaction. Pas entière, car Monaco doit s'améliorer (transitions défensives, plus de rapidité pour changer le jeu, choix...). Mais Fabregas, pour son premier match, semble déjà un précieux élément.
Antoine Bourlon
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