diabate (cheick) (L. Argueyrolles/L'Equipe)
Ligue 1 - 37e journée

Cheick Diabaté (Metz) : «On va tous mourir, alors pourquoi être méchant ?»

Arrivé à Metz en prêt en janvier dernier d'Osmanlispor, Cheick Diabaté a atteint ses objectifs : marquer des buts (8 en 14 matches de Ligue 1), et surtout, assurer le maintien des Grenats. De nature optimiste, le Malien ne retient que du positif de sa demi-saison.

Le jour où vous avez décidé de quitter Osmanlispor, quelques mois après votre arrivée en D1 turque

«Ça s'est fait très vite. Ce n'était pas prévu que je parte. Je me sentais très bien là-bas. Mon agent m'a demandé si ça m'intéressait de rejoindre Metz. Mais je me suis dit que c'était une bonne chose. Les discours du coach et des dirigeants messins ont compté. Je savais pas ce que j'allais y faire exactement, mais je suis venu avec l'envie d'aider l'équipe à se maintenir.»

Le jour où vous avez marqué un doublé pour votre première avec Metz (le 21 janvier, 2-0 face à Montpellier)

«En Turquie, déjà, à chaque fois que je jouais, je marquais»
«C'était un moment extraordinaire. Mais je n'étais pas surpris de marquer aussi tôt. En Turquie, déjà, à chaque fois que je jouais, je marquais. Dans le même temps, je me disais que le maintien n'était pas gagné, et qu'il fallait que j'aide avant tout mes coéquipiers.»

Le jour où vous avez retrouvé Bordeaux, votre ancien club (le 8 avril, défaite 3-0)

«J'étais content d'y retourner. La ville me manquait, les supporters aussi. C'est comme si vous, grâce à votre travail, vous voyagez à l'étranger, et que vous revenez dans votre pays. Vous êtes heureux. A Bordeaux, j'étais bien entouré. Les supporters étaient reconnaissants. Tout le monde m'a remercié d'avoir joué là-bas.»

Le jour où vous avez rencontré Julien Cazarre, l'humoriste qui vous taquine souvent dans J+1, sur Canal+ (le 3 février, après le match face à Marseille)

«Heu... (Il hésite.) Je devrais regarder à nouveau ce moment-là, parce que je me rappelle plus trop de ce qu'on s'est dit... C'était la première fois que je le rencontrais. Je l'aime bien. Les gens sont tellement tristes dans la vie, et lui, il arrive à faire rire les gens. Et ça me fait plaisir : j'aime voir les gens heureux. La vie est magnifique. Il vaut mieux passer des bons moments ensemble.»

Le jour où vous avez découvert les messages, souvent bienveillants, vous concernant sur Internet

«On m'en parle souvent, mais je ne les regarde pas trop. Personnellement, après le foot, quand je rentre à la maison, je me repose, j'appelle des amis. Si les gens disent que je suis gentil, ça me fait plaisir. J'essaie de respecter les gens. Quand on respecte les gens, vous êtes respecté en retour. On va tous mourir, alors pourquoi être méchant ?»

Le jour où vous avez pris le micro après le derby de la Lorraine (le 29 avril, victoire 2-1 face à Nancy)

«Il y avait de l'ambiance, et je voulais simplement dire merci aux supporters»
«Parfois, quand on est très content, on peut danser, on peut chanter ! Il y avait de l'ambiance, et je voulais simplement dire merci aux supporters. Ils étaient là dans les moments difficiles. Grâce à eux, on avait fait un grand pas vers le maintien. Ils viennent au stade, ils payent leurs places, ils font un effort. Ils viennent nous soutenir. Et ce qui est bien à Metz, c'est qu'il n'y a pas de barrière qui nous sépare des supporters, on peut leur parler. J'ai simplement pris le micro pour que tout le monde m'entende. (Rires.)»

Le jour où vous avez décroché le maintien avec Metz (le 6 mai, victoire 0-2 à Lille)

«Quelques amis m'avaient dit que rejoindre Metz n'était pas forcément une bonne idée. Certains m'expliquaient que ça faisait plus de dix ans que le club n'arrivait pas à rester deux saisons d'affilée en Ligue 1. Ce n'était pas méchant de leur part. Je leur disais : "Si on joue bien, on va se maintenir." Et près le match face à Lille, vous pouvez même pas imaginer comment j'étais content. J'ai mis de la musique dans le bus, j'ai dansé... Je n'ai jamais été comme ça depuis mon arrivée à Metz. Quand je suis content, j'essaie de profiter des moments, parce qu'il en existe des plus difficiles. Par exemple, si un jour, je vous rencontre, et que j'apprends que vous êtes triste parce qu'un ami a un souci, moi, je serai triste pour vous. Et si je vois que vous êtes content, je profite du moment, et je suis heureux avec vous. Il faut profiter de ces moments-là.»
Propos recueillis par Nick Carvalho
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sheryo27 13 mai à 14:25

Super joueur avec une très bonne mentalité. J aime beaucoup