(L'Equipe)

Choisis ton camp, camarade !

La dernière fenêtre des matches internationaux a permis à un certain nombre de joueurs, parmi lesquels des binationaux, d'opter définitivement pour une sélection. Voici la nouvelle vague.

Calendrier FIFA oblige, chaque rendez-vous officiel international est une occasion supplémentaire pour les sélections du monde entier d’accueillir en leur sein de nouveaux éléments. Naturellement, les équipes nationales africaines n’échappent pas à cette tendance forte, qu’elles soient qualifiées pour le Mondial en Russie ou tout simplement en période de "rafraîchissement" de l’effectif.

La semaine dernière a justement été mise à profit par certaines nations. La Tunisie en particulier, qui renoue avec la Coupe du monde après une absence de douze ans. Les Aigles de Carthage, dirigés par Nabil Maâloul, ont ouvert la porte à cinq petits nouveaux bien connus du football français : le gardien de but Mouez Hassen (Châteauroux), le défenseur Yohan Benalouane (Leicester), les milieux Ellyes Skhiri (Montpellier) et Seif Eddine Khaoui (Troyes), enfin l’attaquant Bassem Srarfi (Nice). Tous ont fêté leur première cape officielle contre l’Iran ou le Costa Rica.

Pour chacun d’entre eux, la semaine passée au sein du groupe aura autant servi à s’intégrer qu’à convaincre le sélectionneur qu’ils peuvent apporter un plus dès la phase finale de la compétition en Russie. Le Maroc de Hervé Renard n’a pas échappé à la règle. Outre l’intégration attendue d’Ayoub El-Kaabi, dont on a déjà parlé à plusieurs reprises ici - l’avant-centre de la Renaissance de Berkane est entré contre la Serbie (2-1) avant d’être titularisé contre l’Ouzbékistan, contre laquelle il a marqué d’entrée ! - les Lions de l’Atlas ont fait place à un latéral droit, Oualid El Hajjam (27 ans) venu d’Amiens qui évoluait encore en National il y a deux ans.

Santy Ngom, le milieu offensif du FC Nantes, a fait ses débuts avec le Sénégal, comme Stéphane Bahoken (Strasbourg) avec le Cameroun.

Aliou Cissé, chez les Lions de la Teranga (Sénégal), a certainement noté avec plaisir l’intégration réussie de Santy Ngom, le milieu offensif du FC Nantes. Remarquable contre l’Ouzbékistan (1-1) où il a offert le but égalisateur à Moussa Konaté, Ngom a également marqué des points en vue de la première liste, qui sera communiquée à la FIFA à la mi-mai. Ailleurs, certains éléments ont également fait leurs grands débuts. C’est le cas de Stéphane Bahoken (Strasbourg), entré en jeu pour le Cameroun contre le Koweit (3-1), à la grande satisfaction, on l’imagine, de son papa Paul, qui fut mondialiste en 1982 dans les rangs des Lions indomptables ! L’histoire se poursuit donc chez les Bahoken.

Bryan Dabo a choisi le Burkina

Son compère à Strasbourg, Jean-Eudes Aholou, a opté pour la Côte d’Ivoire -il est natif de Yopougon- alors que le Togo de Claude Le Roy l’espérait ! Ce dernier avait le choix, puisque sa maman est ivoirienne et son père togolais ! Symboliquement, Aholou a effectué ses débuts à Beauvais contre le Togo (2-2) samedi passé dans le dernier quart d’heure. Enfin, les Etalons burkinabè ont fait place à Bryan Dabo (Fiorentina, ex Saint-Etienne). Le natif de Marseille avait lui aussi la possibilité d’opter pour plusieurs sélections : la France dont il a porté le maillot en catégories de jeunes, le Mali et/ou le Sénégal du côté de maman, le Burkina Faso de papa. Il a été titularisé par Paulo Duarte contre la Guinée Bissau (2-0). Un précieux renfort au milieu de terrain pour une sélection qui jusqu’alors, ne comptait pas, ou peu, de binationaux…

Frank Simon