cheikh (pape) (J.Prevost/L'Equipe)
Ligue des Champions - Groupe F

Choix tactiques, 4-4-1-1, Ndombele... : comment Lyon a créé l'exploit à Manchester City

Victorieux sur la pelouse du Manchester City de Pep Guardiola (1-2), les ouailles de Bruno Genesio ont signé l'exploit de cette première journée de Ligue des champions. Une performance rendue possible par les prouesses incroyables des uns et des autres, et une organisation tactique inspirée.

C'est peut-être un match pour l'histoire de l'Olympique Lyonnais. Par sa dramaturgie, déjà, Lyon ayant tenu jusqu'au bout après avoir mené 2-0, par le contexte, le club rhodanien étant quelque peu à la peine en Championnat, et par l'adversaire, Manchester City, champion d'Angleterre la saison dernière et régulièrement placé comme le grand favori de cette Ligue des champions. Les Lyonnais, eux, n'ont rien volé. Inhabituellement positionnés en 4-4-1-1 à plat, les joueurs de l'OL sont restés parfaitement en place toute la partie, profitant des quelques erreurs mancuniennes pour asséner des attaques rapides, verticales et efficaces.

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Bruno Genesio avait bien senti le coup avec ce dispositif, parfait pour fermer les espaces au maximum et profiter d'une égalité numérique (voir plus bas) sur les côtés. Les présences de Diop et Cornet au coup d'envoi avaient surpris, surtout que les habituels titulaires Tousart et Traoré prenaient place sur le banc, mais les deux ont parfaitement joué leur rôle, à l'instar de la totalité du onze, au point d'obtenir chacun la note de 8 par
FF.fr. Fort dans les duels, l'intensité, la communication et généreux dans les efforts (il n'y a qu'à voir les dernières minutes de Maxwell Cornet avant sa sortie), Lyon a mis en place le piège parfait face aux protégés de Pep Guardiola, spectateur impuissant de la performance des siens depuis la tribune.

Bloquer l'axe...

Et si Lyon a pu signer un tel exploit, c'est par l'axe qu'il s'est en partie forgé. Le double pivot Diop-Ndombele n'y est évidemment pas étranger, le second étant crédité par FF.fr du statut d'homme du match. De la communication, des coulissements intelligents, du marquage individuel, aussi, parfois, lorsque David Silva, Ilkay Gundogan ou autre venaient s'intercaler près de la surface pour servir d'appui aux ailiers et à Fernandinho, rampe de lancement souvent surveillée par Nabil Fekir et à la peine ce mercredi.
Ndombele et Diop ont véritablement rayonné, et si l'on s'inquiétait parfois de les voir très bas (pour réduire l'espace entre défenseurs et milieux et aussi minimiser les espaces entre les lignes, peut-être), le costaud tandem n'a pas vraiment eu de mal à contrôler l'axe du terrain, évitant les percées plein champ des Citizens en dominant physiquement, malgré quelques manques anecdotiques dans l'anticipation. À noter, également, les performances appréciées et appréciables des deux défenseurs centraux Marcelo et Denayer, maîtres des airs par leur avantage de taille et importants lorsqu'il fallut faire remonter un bloc équipe qui se faisait plus bas au fil du match.

...et les côtés !

Privé de grands espaces plein axe et ultra-performant sur les côtés en Premier League, City a bien évidemment tenté d'utiliser la largeur pour contrarier le bloc lyonnais. Ce qui a marché, surtout en deuxième période par le biais de Leroy Sané, dont les percussions successives débouchaient entre autres sur le but de Bernardo Silva (67e, 1-2). Mais grâce à ce 4-4-1-1 à plat, Lyon a relativement bien réussi à gérer les deux couloirs. En partie grâce aux efforts d'Houssem Aouar et de Maxwell Cornet, qui sont venus soulager leurs latéraux en empêchant les ailiers de crocheter à l'intérieur.
Des prises à deux judicieuses, qui aurait pu être détruites par la simple présence de Benjamin Mendy, mais qui ont mis à mal Sterling & co, peu aidés par Fabian Delph et Kyle Walker, le second étant étonnamment discret le long de la ligne, privilégiant, comme Pep Guardiola aime le faire avec ses latéraux, un positionnement plus axial. Le duo Aouar-Mendy a ainsi particulièrement excellé pour contenir la fougue de Sterling, repositionné à droite lors du second acte, parvenant à concéder peu d'occasions malgré les sept arrêts de l'irréprochable Anthony Lopes.

Projections, réalisme et conservation

Et si, comme on l'a vu, Lyon a bien déjoué le plan de City sans ballon, l'utilisation du cuir par les coéquipiers de Nabil Fekir leur a surtout permis d'inscrire deux buts avant la pause et de gagner du temps quand il le fallait. Un Fekir en mode champion du monde, d'ailleurs, et dont la performance va bien au-delà de son but et de sa passe décisive. Très intéressant dans la conservation du ballon, l'orientation du jeu, la gestion du rythme et en plus de cela décisif, il a une nouvelle fois assumé son brassard de capitaine et ne s'est pas fait oublier à l'heure des tâches ingrates. À la récupération du ballon, s'il était l'un des principaux joueurs recherchés, il fut également très bien accompagné par Houssem Aouar, sur le côté gauche, Maxwell Cornet, à droite, et Memphis Depay, esseulé mais agaçant pour la défense centrale de City.

Et c'est sans oublier les deux buts, intervenus après deux pertes de balle de Fernandinho, et sa leçon de réalisme, que Lyon doit rentrer à la maison, conscient que les erreurs des Skyblues ont bien aidé cet exploit. Qui n'aurait pas été possible sans la praline petit filet de Fekir, le sublime une-deux entre ce dernier et son jeune collègue Houssem Aouar sur l'ouverture du score, ou encore Maxwell Cornet, que le plat du pied buteur devrait mettre en confiance. Lyon doit aussi capitaliser sur sa résistance face au pressing de City et ses bonnes phases de conservation dans les moments chauds. Et s'il fallait élire un match référence parmi les références ces dernières années à l'OL, le voici. Aux Rhodaniens d'enchaîner dès dimanche face à Marseille.
Antoine Bourlon
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conan3 21 sept. à 0:56

ce n'est pas une victoire extraordinaire avec 30 % de possession, nous verrons contre L OM dimanche et puis féliciter une équipe qui ne fait que défendre, cela me rappelle un certain Deschamps qui a toujours dit que seul la victoire compte. Donc nous verrons au match retour le résultat car l effet de surprise ne comptera plus