Christophe Galtier, entraineur du LOSC, meilleur entraîneur français 2019 France Football (E. Flogny/L'Equipe)

Christophe Galtier (Lille) entraîneur français de l'année 2019

Élu par ses pairs et prédécesseurs «meilleur entraîneur français de l'année 2019», le coach de Lille a longuement reçu FF pour évoquer sa vie et sa vision de technicien, en toute transparence. Morceaux choisis.

Adjoint durant dix ans

«J’ai été adjoint avec des entraîneurs di?érents, dans des clubs di?érents, dans des situations di?érentes. Durant toutes ces années, j’ai pris, j’ai fait l’éponge. C’est rangé dans un tiroir et ça ne demande qu’à sortir. Et quand on se retrouve en situation, ça ressort sans e?ort, naturellement. Je me souviens de ce que me disait Javier Clemente (côtoyé à l’OM au début des années 2000), et hop, avec le préparateur espagnol, j’ai une accroche. Même chose avec Abel Braga qui avait connu le Portugal, le Brésil, et comme j’ai des Portugais… Je me suis nourri dès ma première séance d’entraîneur adjoint. Nourri d’échanges, d’observations, de matches, de lectures... Je me suis nourri de tout pour me construire, grandir, me développer, m’améliorer, pour ne pas m’enfermer».

Saint-Etienne, Lille, deux clubs en dix ans

«Je ne suis pas quelqu’un de passage. J’ai besoin de relations humaines, je ne pense pas être un homme de coup, je n’aime pas changer pour changer. J’ai du mal à me projeter au-delà du LOSC. C’était la même chose à Saint-Etienne. Là-bas, c’était vert, toujours vert ; ici, c’est rouge, toujours rouge.»

Lille, l'incroyable saison

«C’est inespéré si je me projette à mon arrivée, il y a deux ans. Un tel grand écart était impensable au début de la saison (2018-19). Le président, Luis (Campos), tous, on s’était dit : "Passons une saison agréable. On stabilise, on développe et on verra." Il a fallu redessiner l’e?ectif sur ce que je voulais voir de mon équipe, ce que je voulais vivre avec mon équipe. Je souhaitais que ce soit agréable, avec de l’exigence, des comportements irréprochables. Pour cela, il fallait que ces jeunes joueurs, qui sont au cœur du projet, soient encadrés par des joueurs référence, des exemples dans le comportement, dans le professionnalisme. Ça s’est mis en place assez vite. J’ai senti rapidement, dès le stage au Portugal, avec les modi?cations de l’e?ectif, qu’on allait la vivre, cette saison agréable. De là à penser qu’elle serait exceptionnelle !»

«À moi, avec mon équipe, avec la structure sportive, d'avoir des résultats, de faire grandir les joueurs, de les améliorer a?n qu'ils partent au bout de dix-huit mois, deux ans. Le club est obligé de vendre».

Le projet lillois

«Je dois avoir des résultats sportifs ET des résultats ?nanciers. Des résultats ?nanciers qui ne sont pas indexés sur les résultats sportifs, même si, évidemment, quand on termine deuxième, ç’a une incidence. Le club est obligé de vendre et de bien vendre chaque saison. Ce n’est pas simple, mais on est dans ce projet et ce projet est très clair. À moi, avec mon équipe, avec la structure sportive, d’avoir des résultats, de faire grandir les joueurs, de les améliorer a?n qu’ils partent au bout de dix-huit mois, deux ans. Le club est obligé de vendre, pas pour gagner de l’argent mais pour fonctionner, tout simplement».

L'avenir

«Je ne serai pas un vieil entraîneur. Disons que quand ce sera l’heure de la retraite, je la prendrai. J’ai trop de choses à partager avec mes proches. Et pourtant, j’ai vraiment le football dans le sang, et même sans doute plus la fonction d’entraîneur que de joueur. J’ai passé mon premier diplôme à 16 ans, j’ai eu mon deuxième degré à 27 ans. À 28, j’ai failli arrêter. J’ai toujours voulu - pas rêvé, voulu - être entraîneur. À quel niveau, je ne savais pas : adjoint, à la formation... Mais j’ai toujours voulu et très tôt encadrer des joueurs. Le football est très important pour moi, ce métier aussi, mais je crois qu’il y a un temps pour tout».

Patrick Sowden

Christophe Galtier : «Pour être performant, il faut avoir la boule au ventre», un entretien à retrouver en intégralité dans le France Football en kiosque mardi ou dès lundi à partir de 18h en cliquant ici.