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Espoirs

Cinq choses à savoir sur Thomas Didillon, le gardien du FC Metz retenu en équipe de France Espoirs

Appelé pour la première fois en équipe de France Espoirs, Thomas Didillon (19 ans) réalise un début de saison épatant avec le FC Metz (5 matches de L2, 2 buts encaissés). Voici cinq choses à savoir sur le gardien formé chez les Grenats.

Un style qui rappelle le Manuel Neuer de Schalke 04

À Metz et ses environs, le nom Didillon est sur toutes les lèvres. Et, au petit jeu des comparaisons, on s'amuse bien. Certains évoquent Thomas Price. Après tout, il a le même prénom, il évolue au même poste et cela fait toujours du bien d'évoquer les héros (animés) de ses plus tendres années. Plus concrètement, le parallèle le plus flatteur mais aussi le plus juste peut être effectué avec Manuel Neuer. Pas celui d'aujourd'hui, accompli et bien installé dans son fauteuil de numéro un chez les numéros un, mais celui d'hier, à ses débuts à Schalke 04.
Neuer et Didillon partagent la même taille, mais pas seulement...
Les deux portiers partagent la même taille (1,93 m), ce qui leur permet de maîtriser les airs, mais cela ne s'arrête pas là. Comme Neuer, Didillon dégage un sentiment d'assurance, de puissance, et il aime jouer très haut, bien aidé par son sens du placement, de l'anticipation et un jeu aux pieds bien au-dessus de la moyenne. Explosif, il jaillit vite, lit bien les trajectoires et a particulièrement progressé sur sa ligne, où il a impressionné les observateurs à plusieurs reprises depuis le début de la saison.

Son prêt à Seraing lui a fait beaucoup de bien

Même si le site de la Fédération Française de Football (FFF) indique qu'il évolue toujours à Seraing United*, Thomas Didillon est bien revenu de son prêt d'un an (saison 2014-15) au club «frère» du FC Metz, qui a racheté le pensionnaire de deuxième division belge en juillet 2013 et qui, depuis, lui envoie régulièrement des jeunes éléments formés en Moselle. C'est là-bas, dans la banlieue de Liège, que le jeune gardien de 19 ans s'est fait les dents. À Seraing, il a découvert la pression et sa gestion, la répétition des efforts sur la durée. Il a aussi et surtout appris à gérer une saison dans la peau d'un titulaire, ce qui implique une préparation et une approche de la compétition différentes. Cerise sur le gâteau, Didillon, passé par toutes les équipes de France de jeunes, a été convoqué pour le Tournoi de Toulon 2015, qu'il a remporté après avoir disputé trois matches comme titulaire, dont la finale face au Maroc (3-1).

*Le club belge a changé de nom en 2015 et s'appelle désormais Royal Football Club Seraing.

Pas le permis de conduire mais celui de jouer...

Vendredi 16 mai 2014. Les Messins, déjà sacrés champions de Ligue 2, bouclent leur saison par un déplacement à Laval. Thomas Didillon, 18 ans seulement, a été mis au courant par Albert Cartier. Le natif de Séclin (59) effectuera ce soir-là ses débuts chez les professionnels. Une grande et belle nouvelle pour le jeune gardien, qui vient tout juste d'en apprendre une moins bonne : il a échoué à l'examen du permis de conduire. Sur la pelouse du stade Francis Le Basser, le portier formé au club part sur les chapeaux de roues et montre à tout le monde qu'il tient la route (0-0). Puis décrochera quelques semaines plus tard la fameuse carte blanche et rose.

... et de l'ouvrir

Pour les habitués et suiveurs de la Ligue 2, son interview accordée au micro de beIN Sports après la victoire décrochée à Sochaux (1-0, 2e j.) était tout aussi savoureuse que sa prestation cinq étoiles sur la pelouse de Bonal. Tentative d'approche du journaliste : «Vous avez quatorze nationalités et on dirait que vous jouez ensemble depuis des années...» Réponse tranchée de l'interrogé : «On n'en a rien à foutre ! On n'en a rien à foutre ! Franchement, on parle le même langage, celui du foot !»
«Si vous percez, les gens disent qu'ils l'ont toujours su. Sauf que, dans 80 % des cas, les espoirs censés se retrouver sur le toit du monde, finissent en DH !
Sur le terrain, Thomas Didillon sait se faire entendre et écouter de ses coéquipiers. Bref, il sait gueuler. Et une fois les gants enlevés, il ne les remet pas pour parler. Alors quand Le Républicain Lorrain le branche engouement médiatique et notoriété naissante, le gardien garde le sens des réalités collé à son franc-parler. «Je sais garder mes distances avec ça. Ce sujet est toujours délicat de toute façon. Quand on vous colle une étiquette d'espoir, c'est à double tranchant. Si vous percez, les gens disent qu'ils l'ont toujours su. Sauf que, dans 80 % des cas, les espoirs censés se retrouver sur le toit du monde, finissent en DH ! Alors je me méfie.»

Les études, un besoin nécessaire à son équilibre

Détenteur d'un baccalauréat scientifique (Bac S) avec Mention Bien depuis le 5 juillet 2013, quelques semaines à peine après avoir signé son premier contrat professionnel (mi-mai), Thomas Didillon a mis les études de côtés ces deux dernières années pour donner la priorité au football. Mais il a vite ressenti un manque, et même un vide au niveau de son équilibre. Dans les colonnes du Républicain Lorrain, cet été, le gardien du FC Metz affichait son envie d'entamer un cursus universitaire «pour étudier le Droit à distance», après avoir envisagé d'étudier la biologie.

Thomas Simon
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