cavani (edinson) ndombele (tanguy) (S.Mantey/L'Equipe)

Comment l'OL a fait tomber le PSG

Contre l'OL (1-2), le PSG est tombé pour la première fois de la saison. Tout au long de la rencontre, les Parisiens n'ont jamais été sereins ni en maîtrise, et se sont fait secouer par de valeureux lyonnais. Voici comment.

Une (bien) meilleure utilisation des ailes

Avec Mendy et Dubois sur les ailes, l'OL a fait tout ce qu'il ne faisait pas d'habitude : bien exploiter les espaces, profiter des mouvements et des fausses pistes pour dédoubler et envoyer de bons centres dans la boîte. La plupart des occasions – surtout en première période, compte tenu de la physionomie de la rencontre – est venue des couloirs. Cela arrivait soit par l'ailier qui fixait son vis-à-vis pour permettre au latéral de se glisser sur l'extérieur, soit avec des centres plongeants qui ont beaucoup fait souffrir les défenseurs parisiens. Par l'utilisation des «faux-pieds» Depay et Traoré, et profitant du laxisme d'Alves et Bernat ainsi qu'une certaine passivité du milieu, l'OL a multiplié les occasions dangereuses et le but – certes sur une erreur d'Areola – est la conséquence de ce genre de situations. De plus, le milieu de l'OL arrivait à se sortir de la tenaille et profitait du positionnement excentré des ailiers souvent laissés seuls par Paris pour les servir.

Heat-map de Ferland Mendy et Léo Dubois.

Un milieu lyonnais qui prend le dessus sur celui du PSG

Privé de Verratti, Tuchel avait aligné un 3-4-3 qu'on aurait pensé modifié et remodifié par l'Allemand à mesure que le PSG semblait bancal dimanche soir. Dans le système hybride qu'il souhaite, Marquinhos et Draxler étaient ensemble dans l'axe, au milieu, avec Di Maria devant eux, ce dernier décrochant quand cela était nécessaire. Mais au-delà des ballons perdus et des transmissions imprécises, le Brésilien et son compère allemand n'ont pas vraiment rassuré. Encore moins lorsque l'on sait que dans dix jours, c'est un Pogba dans une forme resplendissante qui les affrontera. Nul doute que Tuchel rebattra les cartes. Les Parisiens laissaient trop d'espace, comme avec Fekir qui se faufilait dans leur dos, sans afficher une cohérence dans le pressing. Draxler a récupéré plusieurs ballons haut, mais l'OL arrivait à se remobiliser pour éviter le surnombre adverse. De son côté, et alors qu'il était question de savoir s'il pouvait tenir contre une grosse écurie, le double-pivot Ndombele-Aouar a fait le boulot, surtout pour le premier. Sa puissance et sa capacité à casser des lignes et bouger les Parisiens ont été décisives.

Ndombele se retrouve seul face au but et a tout le loisir de servir ses coéquipiers ou d'avancer. Les Parisiens ont souvent défendu en «rond», trop attentiste, manquant d'intensité sur le porteur du ballon (Source: Canal+).

Dans l'engagement, la différence était visible

Face à Mbappé, Marcelo a parfois souffert, mais l'OL a toujours cherché à le prendre avant de lui laisser la possibilité d'utiliser sa vitesse et sa force de percussion. Son face-à-face perdu en début de rencontre a probablement sonné comme un avertissement. Pour cela, les joueurs ont été au diapason, avec des prises à deux voire trois sur les hommes-clés du PSG. Notamment avec Draxler, qui était celui qui a fait le lien à plusieurs reprises avec les offensifs, et qui a beaucoup tenté de relancer d'une position en retrait. Alves, pourtant un des plus expérimentés, est celui qui a perdu le plus de ballons dans son équipe (9). Une bonne performance passe aussi par l'engagement et la volonté de bien faire : comme souvent contre les grosses écuries, l'OL a prouvé qu'il savait se soulever et mettre à mal son adversaire. Comme ce fut le cas, aussi, contre Manchester City...

Un «quadrillage» lyonnais de trois joueurs se met en place autour de Draxler pour l'empêcher de relancer et de le pousser à la faute. Alves tente de partir dans le dos d'Aouar mais sa passe sera interceptée. (source : Canal+)

La gestion des différents temps et la force mentale

Non seulement l'OL a réussi à faire tomber le PSG pour la première fois de la saison en Championnat, mais il a aussi réussi à le faire après avoir été mené. Et cela a aussi été symptomatique d'un état d'esprit. Les hommes de Genesio n'ont pas dominé toute la rencontre, ils ont aussi souffert, même s'ils ont affiché une belle maîtrise lors de longues séquences de jeu. Mais lorsque Paris a été en position de force, ils ont su gérer les temps faibles. Et si Areola ne se trouait qu'une fois, c'était une fois de trop : Dembélé rôdait, il était au bon moment au bon endroit. Cette gestion des temps forts était aussi visible par rapport au grand nombre d'occasions que les Lyonnais se sont créees. En première période sur des attaques construites et après le penalty de Fekir davantage sur des contres, avec un bloc plus bas qui laissait la possession aux visiteurs. Avec le bémol, bien sûr, qu'ils auraient pu faire le break, comme Dembélé en fin de rencontre (85e).

Un grand Anthony Lopes

On dit souvent que toutes les meilleures équipes ont un grand gardien. Areola, pour le PSG, a réalisé de nombreuses parades (8), mais a coûté un but à son équipe sur une sortie ratée. Une erreur qui était lourde de conséquence. Sans celle-ci, la donne aurait peut-être été différente, et le Parisien aurait été l'homme du match. À l'inverse, lorsque le PSG est revenu dans son match, surtout après le retour des vestiaires, Lopes a répondu présent et a montré une solidité à toute épreuve. L'international portugais a réalisé sept parades devant Mbappé, Cavani, Draxler ou Di Maria. Si parfois ces derniers ont été imprécis, il a été au rendez-vous et a grandement contribué à la victoire des siens. Prouvant toujours plus sa belle régularité dans notre Championnat.

Jérémy Docteur