goalkeeper Sari van Veenendaal of Netherlands women, Desiree van Lunteren of Netherlands women, Stefanie van der Gragt of Netherlands women, Merel van Dongen of Netherlands women, Kika van Es of Netherlands women, Anouk Dekker of Netherlands women, Shanice van de Sanden of Netherlands women, Sherida Spitse of Netherlands women, Vivianne Miedema of Netherlands women, Danielle van de Donk of Netherlands women, Lieke Martens of Netherlands women, Victoria Pelova of Netherlands women, Renate Jansen of Netherlan (Gerrit van Keulen/VI IMAGES/PR/PRESSE SPORTS)
CDM 2019 - Finale

Comment les Pays-Bas sont devenus la meilleure équipe féminine d'Europe

Des stars, des performances remarquables depuis quelques années, du spectacle : les Pays-Bas, finaliste surprise de la Coupe du monde 2019, sont en train de devenir l'une des meilleures équipes féminines de football au monde. Le fruit d'un investissement sur le football féminin débuté il y a un peu plus de dix ans par la Fédération néerlandaise.

Il y a 10 ans, les Pays-Bas se qualifiaient pour l'Euro 2009. Un événement étrangement historique pour ce grand pays de football, puisque c'était la première fois que les Oranjeleeuwinnen (les Lionnes Orange, le surnom de l'équipe nationale féminine hollandaise) se qualifiaient pour une compétition internationale majeure. Depuis son premier match officiel en 1971, mis à part quelques participations timides à l'Algrave Cup – un tournoi annuel pour les équipes nationales féminines organisé par la Fédération portugaise de football – jamais les Pays-Bas n'avaient réussi à se qualifier pour un Euro, une Coupe du monde ou des Jeux Olympiques. Dix ans après cette grande première, les Hollandaises championnes d'Europe en titre affronteront, ce dimanche, les Américaines en finale de la Coupe du monde, et seront l'année prochaine à Tokyo pour les JO.

Une ligue professionnelle, mais surtout des exportations

Une évolution vertigineuse qui ne s'est évidemment pas faite du jour au lendemain. En 2007, poussée par l'essor de la discipline à la fin des années 1990, la Fédération royale de football néerlandaise (KNVB) décide de lancer une vaste opération de professionnalisation du football féminin dans le pays, avec en toile de fond l'idée de bâtir une équipe nationale compétitive. Est créé l'Eredivisie Vrouwen, un championnat féminin professionnel qui compte, au départ, six équipes : l'ADO Den Haag, l'AZ Alkmaar, le SC Herenveen, le FC Twente, le FC Utrecht et Willem II. La KNVB dresse un «business plan» carré : en échange d'aides financières, les clubs qui ouvrent une section féminine s'engagent à lui fournir un staff technique et médical, ainsi que des infrastructures de bon niveau. Objectif : mettre les équipes féminines dans les meilleures conditions, et rapidement étendre le championnat à une dizaine de clubs. Un objectif quasiment atteint aujourd'hui, puisque l'Eredivisie féminine compte neuf équipes pour la saison 2018-2019, avec des clubs comme l'Ajax ou le PSV Eindhoven qui l'ont rejointe en 2015.

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Un événement qui porte ses fruits. La quasi-totalité des joueuses qui composent l'effectif des Oranjeleeuwinnen ont commencé leur carrière dans des clubs néerlandais, la plupart dès 2007, 2008 ou 2009. Mais quand on regarde les 23 sélectionnées pour la Coupe du monde, seules six joueuses y évoluent encore. Si le championnat néerlandais est monté en gamme, c'est aussi et surtout pour pouvoir envoyer ses joueuses prendre du galon dans les meilleurs clubs étrangers et leur faire passer un cap. Les Oranjeleeuwinnen en sont devenues une équipe aux multiples accents : on y retrouve sept joueuses qui évoluent en Angleterre, dont Vivianne Miedema, Sari van Veenendaal et Dominique Bloodworth chez les Arsenal Ladies, le meilleur club féminin outre-Manche ; trois en Espagne, avec notamment la star de la sélection Lieke Martens au FC Barcelone ; trois en Allemagne, deux en France, une en Suède et une au Danemark. Arsenal, Barcelone, Montpellier, Francfort, Lyon ou le Bayern Munich, les Hollandaises peuplent aujourd'hui les meilleurs clubs européens, et leurs expériences bénéficie grandement à la sélection. La preuve, elle jouera la finale de la Coupe du monde dimanche soir. Des résultats qui conforteront probablement la KNVB dans ses choix pour le développement du football féminin. Avant le début du Mondial, la Fédération néerlandaise annonçait d'ailleurs vouloir tendre vers l'égalité salariale entre les internationaux et les internationales. Très en retard il y a dix ans, les Pays-Bas ont désormais quelques longueurs d'avance sur le reste de l'Europe. À tous les niveaux.
Alexandre Aflalo
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