martial (anthony) giroud (olivier) coman (kingsley) lacazette (alexandre) (S.Mantey/L'Equipe)
Bleus

Conservation de la possession, présence dans la surface, jeu sans ballon... : ce que Giroud et Lacazette peuvent respectivement apporter à l'équipe de France

Au contraire de sa situation à Arsenal où l'ancien Lyonnais lui est préféré, Giroud enchaîne les matches en équipe de France, au détriment de son coéquipier, souvent sur le banc. L'occasion pour FF de faire un comparatif de ce que l'un et l'autre peuvent amener aux Bleus.

Olivier Giroud (68 sélections, 29 buts)

Il fatigue les défenses
Si Olivier Giroud est si peu reconnu à sa juste valeur, c'est aussi parce qu'une bonne partie de son job est invisible. Ses 92 kilos et son 1,93m usent les défenses pendant de longues minutes, que ce soit lors des duels en «open play» ou sur phases arrêtées. À ce jeu-là, il est le seul joueur offensif de l'équipe de France à pouvoir répéter ces efforts physiques au corps-à-corps sur la durée, et c'est une des raisons pour lesquelles Didier Deschamps ne peut se priver de lui. Qu'il soit titulaire ou non, Giroud sera probablement du voyage en Russie.

Il est clinique dans la surface
Dans les 16 mètres, Olivier Giroud fait valoir sa précision et son intelligence de jeu. Capable de jouer en une touche, il sent particulièrement bien les déplacements de ses coéquipiers autour de lui. On l'a encore vu face au pays de Galles, lorsqu'il lançait Mbappé dans la profondeur avant que ce dernier ne butte sur Hennessey. Pareil quand il hérite du cuir dans la zone de vérité : l'attaquant d'Arsenal est plutôt adroit. La saison dernière avec les Gunners, en dépit de son faible temps de jeu, il marquait 12 buts en Premier League et cadrait 59 % de ses frappes. En équipe de France, Giroud vogue au même rythme : huit buts et une passe décisive - à chaque fois dans la surface - en 633 minutes de jeu en 2017. Autrement dit, il force la décision toutes les 70 minutes.

Il est essentiel en phase défensive
À Arsenal comme avec sa sélection, son aide sur les coups de pied arrêtés défensifs est cruciale. Avec sa grande taille, il peut souvent dégager les corners au premier poteau, où il se place quasi systématiquement. Et lorsque le score est étriqué, comme ç'a régulièrement été le cas lors de ces éliminatoires, et que les Bleus concèdent des fautes aux abords de leur surface, le retour défensif d'Olivier Giroud n'est jamais de trop.

Le bémol : Il n'est pas assez présent dans le jeu
En contrepartie, son physique imposant ne lui permet pas de participer au jeu en dehors des 20 derniers mètres, hormis peut-être pour aider à conserver la possession lors des touches françaises. Inlassablement, la question revient sur la table : est-on prêt à se passer d'un foudre de guerre comme Dembélé ou Mbappé pour aligner un joueur qui n'aura aucun impact, voire même qui pénalisera sa formation, dans la conservation ou dans les attaques rapides ?
À Arsenal, c'est plutôt Alexandre Lacazette qui a les faveurs d'Arsène Wenger. Chez les Bleus, c'est Olivier Giroud. (A.Mounic/L'Equipe)
À Arsenal, c'est plutôt Alexandre Lacazette qui a les faveurs d'Arsène Wenger. Chez les Bleus, c'est Olivier Giroud. (A.Mounic/L'Equipe)

Alexandre Lacazette (15 sélections, un but)

Il créé des espaces
Ce n'est un secret pour personne : Alexandre Lacazette est un attaquant beaucoup plus mobile qu'Olivier Giroud. Et logiquement, il est plus à même de faire pencher le jeu d'un côté et ainsi libérer des espaces dans l'axe ou à l'opposée. Sa faculté à aspirer les défenseurs au marquage profite alors à ses coéquipiers. Et l'on sait à quel point Griezmann ou Mbappé sont prompts à s'engouffrer dans la moindre brèche.

Il participe au jeu
Sa mobilité est également un atout pour participer à la conservation du ballon. Lacazette peut aisément venir décrocher loin de la surface adverse, échanger quelques ballons avec ses coéquipiers, voire même remonter le cuir en partant en dribbles ou en effectuant une course verticale. Cette qualité a aussi une autre vertu : elle aspire parfois le bloc adverse et l'oblige à sortir, ce qui peut créer des intervalles et des lignes de courses pour les autres joueurs offensifs de l'équipe de France. Avec Giroud, on constate l'effet inverse, notamment lorsque les Bleus jouent contre des équipes qui se retranchent devant leur surface : l'ancien Montpelliérain concentre la présence des deux lignes de quatre autour de lui et le jeu reste souvent statique.

Il permet de jouer les contres
À l'instar de Griezmann, Mbappé ou Fekir, Lacazette est un joueur qui est constamment à la recherche de la verticalité et qui a une propension à se projeter très rapidement vers l'avant. Mais souvent, l'équipe de France attend de mener au score avant d'envisager de jouer les contres, ce qui coïncide d'ailleurs avec le moment où Lacazette entre dans la danse, aux alentours de l'heure de jeu. Contre l'Allemagne, l'ancien Lyonnais devrait débuter la partie et ce n'est peut-être pas plus mal. Face à une équipe qui garde une position haute sur le terrain, Lacazette aura enfin l'occasion de prouver qu'il peut donner un visage différent à la sélection.

Le bémol : Il est fantomatique en équipe de France... pour le moment
Et il serait même bien inspirer de se transcender mardi soir. Car ses chances s'amenuisent au fil des rencontres, tant l'attaquant peine à faire des différences. Pas simple lorsqu'on hérite de quelques bribes de match ici et là. Mais Lacazette semble parfois crispé, comme s'il voyait son crédit en bleu s'étioler à chaque contrôle manqué. Contre le pays de Galles, son entrée en jeu était une nouvelle fois anormalement brouillonne, comparée à son bon début de saison en club. Et si l'Allemagne était sa dernière chance ?
Antonin Deslandes
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