Réginal Goreux (L'Equipe)
Copa America - Le journal de Réginal

Copa America, Réginal Goreux (Haïti) : «Les Brésiliens ne sont pas des surhumains»

Pour le deuxième épisode de son journal de bord, Réginal Goreux, l'international haïtien qui dispute la Copa America, revient sur la défaite des Grenadiers face au Pérou (0-1), le décalage horaire et la montagne Brésil qui se présente (jeudi, 1h30).

«Contre le Pérou, on a vraiment souffert lors des quinze premières minutes. Ils nous ont fait un pressing de dingue. Il y a un an et demi, on en aurait pris trois, c'est sûr. Là, on a laissé passer l'orage calmement. C'est un signe de maturité. Puis, jusqu'à la mi-temps, on a repris la main avec trois grosses occases. La deuxième mi-temps, pas de regrets, mais on n'a pas su ouvrir la marque alors qu'on a eu les occases pour. Dans le vestiaire, à la fin de la rencontre, j'ai senti beaucoup de tristesse car il y avait la place pour faire autre chose. Ça nous fait rager parce que depuis un an, on n'arrête pas de perdre 1-0 tous les matches importants (NDLR : c'est la sixième défaite sur ce score en un an pour Haïti).
 
Après le Pérou, Patrice Neveu a peu discuté avec nous à chaud, car il savait qu'on avait pris un coup derrière la tête. Il est venu nous voir le lendemain et le message était plus que clair : «Remobilisez-vous rapidement ! Ce n'est qu'une défaite et il reste encore deux matches.» Il y avait deux manières différentes de penser dans les vestiaires. Il y a ceux qui se rassuraient par rapport à la manière et au niveau de jeu affiché, et les autres qui ne voyaient que la défaite.
«C'est chaud de réadapter son sommeil avec le décalage horaire»
Là, c'est chaud quand même pour nous au niveau du décalage horaire. On passe de Seattle sur la côte Ouest à Orlando en Floride, à l'est, en quelques heures... Heureusement qu'au niveau des avions, on est vraiment bien. Ils ont affrété pour nous des deltas d'une compagnie américaine et tout est en "first class". Cinq heures de vol puis derrière trois heures de décalage... C'est chaud pour se réadapter physiquement, de réadapter son sommeil. On dort plus. Après le petit déjeuner, les trois-quarts de l'équipe se sont rendormis. Les temps de repos sont pris par tout le monde. Y'en a pas un qui va à gauche ou à droite (rires). On se prend aussi une différence de climat. Ici à Orlando, c'est très orageux avec des averses. À Seattle, c'était plus sec. Mais enfin, on ne va pas se plaindre. On est tellement heureux d'être là...
«Le Brésil peut composer tranquillement quatre équipes nationales de haut niveau»
On va rencontrer le Brésil. Pour tous les gamins du monde entier, c'est l'équipe qui fait rêver. Rien que tu entends le nom, tu sais que c'est un pays pas comme un autre malgré les revers lors des dernières compétitions. Le Brésil, ça reste le Brésil, tu peux pas leur enlever leur aura et ce que ça représente. Ils peuvent composer tranquillement quatre équipes nationales de haut niveau. Ils sont peut-être amoindris au niveau des stars, mais niveau qualité, ça ne change que très peu. Tous les joueurs, même les défenseurs centraux, peuvent faire la différence. Le danger vient de partout. Perso, je n'ai pas de craintes particulières. Tout peut basculer d'un côté comme d'un autre. Nous, on doit prendre minimum un point, on le sait. Sinon, adieu la Copa. Même si c'est le Brésil, faut pas les prendre comme si c'était des surhumains. Il y a des espaces, ils sont pas au top niveau de leur forme et de leur confiance après le nul face à l'Équateur. C'est prenable. Il faudra être là physiquement et gommer les erreurs tactiques. Si on a des failles à ce niveau-là face au Brésil, ça va se payer cash...»
Johan Tabau 
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