tolisso (corentin) (P.Lahalle/L'Equipe)
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Corentin Tolisso : «Nous étions les plus forts» lors de la Coupe du monde en Russie

Corentin Tolisso a passé l'été sur son petit nuage, marqué à vie par le titre de champion du monde. Cette semaine, dans FF, le milieu de terrain raconte son bonheur, tout en étant conscient des exigences qui vont accompagner son nouveau statut. Extraits.

Le moment où ils ont su qu'ils seraient sacrés

«Après la demi-finale, quand on a vu ce qu'il se passait en France, les gens dans la rue, qui faisaient la fête, on s'est dit : "On ne rentre pas en France sans cette Coupe."»
«Franchement, après la demi-finale gagnée contre la Belgique (1-0). Là, ce n'était pas possible de perdre. Il y avait eu cette défaite en 2006. Et certains d'entre nous avaient connu une désillusion énorme en perdant l'Euro. Alors là perdre la Coupe du monde ? Non ! Ce n'était pas possible. Dans ma tête, je savais qu'on allait gagner. On était trop fort ! Physiquement, mentalement, techniquement. Et on avait l'état d'esprit, le meilleur état d'esprit de tous les groupes qui disputaient cette Coupe du monde. C'est pour ça qu'on est allé au bout. C'était tout le temps rigolade, et tous ensemble. Il n'y avait aucune jalousie, pas de "Ouais, lui joue et moi pas". Rien de tout ça. On se l'est dit : "On va gagner cette Coupe du monde, on ne peut pas perdre." Et on l'a fait. Après la demi-finale, quand on a vu ce qu'il se passait en France, les gens dans la rue, qui faisaient la fête, on s'est dit : "On ne rentre pas en France sans cette Coupe." La finale, ça ne nous suffisait pas. Même après notre match contre l'Australie (2-1), qui n'avait pas été bon, on s'est dit des choses. C'est ce qui a permis de développer la suite de l'aventure et d'atteindre notre but.»
Pour lire l'interview complète de Corentin Tolisso, rendez-vous ce mardi dans les kiosques ou dès maintenant en cliquant ici.

La réunion qui a tout changé

«Certains ont pris la parole et ont dit ce qu'ils avaient à dire.»
«(Après la séance vidéo musclée de Didier Deschamps le lendemain du match France-Australie) On était seulement entre nous, tous les joueurs, et ça n'a pas été filmé. On savait qu'on n'avait pas été bons sur ce premier match. Le coach avait fait une vidéo pour nous le montrer. On s'est dit que ce n'était pas possible, qu'il fallait clairement donner plus. Certains ont pris la parole et ont dit ce qu'ils avaient à dire.»

La génération Deschamps

«Il a beaucoup de mérite. Tu ne peux pas réaliser tout ce qu'il a réalisé depuis 2012 si tu n'as pas ton groupe en main.»
«Il a beaucoup de mérite. Tu ne peux pas réaliser tout ce qu'il a réalisé depuis 2012 si tu n'as pas ton groupe en main. C'est le patron de l'équipe. C'est lui le leader. Lui qui a inculqué cet état d'esprit, lui qui a mis ce style de jeu en place. Parce que même si j'ai pu entendre que l'équipe de France n'avait pas de style de jeu, nous, on savait ce qu'on devait faire. On a une équipe qui sait très bien défendre et très bien contre-attaquer. On ne va pas essayer de faire des trucs... On a essayé de jouer, on a bien vu qu'à certains moments, ça n'allait pas. Donc, pour moi, on a fait ce qu'on sait faire de mieux : défendre ensemble, d'Olivier (Giroud) jusqu'à Hugo (Lloris), et ensuite s'appuyer sur Antoine (Griezmann), Kylian (Mbappé), Paul (Pogba) pour bombarder à cent mille. Tout ça, ça part du coach. Donc, c'est vraiment la génération Didier Deschamps.»

Les critiques des adversaires battus

«Le foot, c'est quoi ? Mettre un but de plus que l'adversaire. Si tu y parviens, tu es plus fort que lui.»
«Tu es toujours déçu quand tu ne gagnes pas. D'un côté, je peux les comprendre car ils n'ont pas perdu face à une équipe qui avait le jeu de l'Espagne en 2010, par exemple. Oui, les Belges ont perdu 1-0 avec un but sur coup de pied arrêté. Mais voilà sois bon joueur. Si t'étais plus fort que nous, tu nous aurais battus... On a été plus fort qu'eux sur ce match-là, tout simplement. Les Croates ont développé un beau football mais le foot, c'est quoi ? Mettre un but de plus que l'adversaire. Si tu y parviens, tu es plus fort que lui. Nous étions les plus forts, et à la fin, c'est nous qui avons soulevé la Coupe. Notre style de jeu était ce qu'il était, et que ça plaise ou pas, c'est ce qui a marché. On n'allait pas essayer de jouer autrement et perdre. Si on avait joué comme l'Espagne en 2010 et qu'on était sorti en quarts, on aurait dit quoi ? Il n'y a pas à avoir honte, mais alors pas du tout.»
L'ensemble des six pages d'interview de Corentin Tolisso est à retrouver dans France Football actuellement en kiosque et disponible en ligne en cliquant ici.
Thomas Simon
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couraudemmanuel 11 sept. à 7:40

Ce n'est pas la modestie qui l'étouffe... Même s'il faut la provoquer, la chance a quand même aidé pas mal. Après, sur son analyse, il n'a pas tort. Ne pas oublier que contre l'Argentine, si Pavard ne met pas ce but magnifique un peu chanceux, c'est game over.

ghys59 10 sept. à 21:03

Il a tout à fait raison. L'Espagne, en 2010, a marqué 8 buts en 7 matches et eu la possession du ballon à 70%. Cette année, contre la Russie, elle a fait 1 114 passes pour trois occasions. La France avait une stratégie efficace, une tactique bien au point, et un moral à tout épreuve. Les autres n'ont jamais réussi à les battre. Ce titre est archi mérité. En dépit des critiques des soit-disant spécialistes.

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