Michel Platini au côté de son coéquipier Patrick Battiston. (L'Équipe)
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Coupe de France 1982 : Première du PSG, der de Platini... Un affrontement PSG-Saint-Étienne historique

Il faut remonter à 1982 pour retrouver une affiche entre Paris et Saint-Étienne en finale de Coupe de France. Le PSG, vainqueur aux tirs au but (2-2, 6-5 aux t.a.b.), jouait alors sa première finale dans la compétition. En partance pour la Juventus, Michel Platini disputait lui son dernier match avec un club français.

Nous sommes le 15 mai 1982, et depuis 1974, c'est au Parc des Princes que la finale de la Coupe de France se joue (*). Un avantage pour le PSG, le club résident, qui dispute sa première finale de Coupe ? Ou pour Michel Platini, qui joue dans son jardin, sur cette pelouse où il a déjà qualifié deux fois de suite les Bleus, pour les Coupe du monde de 1978 et 1982 ? Paris est un nouveau riche, ambitieux et inconstant, il n'a jamais rien gagné et jamais disputé le moindre match de Coupe d'Europe, mais il se passe quelque chose autour de lui.

PSG alors 7e de D1, Sainté favori

Présidé par Francis Borelli, entraîné par Georges Peyroche, il est composé de grands joueurs français du moment (Baratelli, Bathenay, Rocheteau), associés à des joueurs du cru (Fernandez, Lemoult, Pilorget, Renaut) et des pointures internationales, comme l'Algérien Mustapha Dahleb, le chouchou du Parc, ou le Yougoslave Ivica Surjak. Il y a aussi l'ancien et futur Marseillais Sarr Boubacar, et l'immense Nambatingue Toko, qui donnent à cette équipe un certain panache. Mais Paris n'a fini que 7e du Championnat et les vrais favoris de cette finale, ce sont les Verts de « Platoche », qui dispute là son dernier match avec un club français. Le meneur de jeu des Bleus va rejoindre la Juventus Turin, malgré les sollicitations du PSG, qui aurait aimé grandir avec lui. Mais Platini mérite de voir très haut et le costume parisien est trop petit pour lui.
Le Parisien Ivica Surjak (à gauche) opposé au Stéphanois Johnny Rep. (L'Équipe)
Le Parisien Ivica Surjak (à gauche) opposé au Stéphanois Johnny Rep. (L'Équipe)
Autour de lui, dans cette équipe ? Des internationaux à la pelle : Castaneda, Battiston, Lopez, Larios et Janvion, qui vont partir à la Coupe du monde à ses côtés. Parmi les deux joueurs étrangers autorisés par équipe, Johnny Rep, deux fois finaliste de la Coupe du monde avec les Pays-Bas (1974 et 1978), porte le maillot stéphanois. Il est une star et un modèle pour les espoirs français qui l'accompagnent, Laurent Roussey et Laurent Paganelli.

Platini avant-centre, Luis Fernandez arrière droit

Coupe du monde oblige, les deux équipes ont disputé leur demi-finale quatre jours plus tôt, sur un match et sur terrain neutre. L'ASSE a écarté Bastia (2-0), tandis que le PSG s'en est sorti face à Tours aux tirs au but (0-0, 2-1 aux t.a.b.), grâce à quatre arrêts de Dominique Baratelli, dans la séance. Saint-Étienne va-t-il s'offrir sa 7e Coupe de France, et se remettre de la perte du titre de champion, attribué à l'AS Monaco le week-end précédent, lors de la dernière journée ? Ou le PSG va-t-il concrétiser son ambition en soulevant un trophée ? Surprise au coup d'envoi : Platini joue avant-centre et non pas meneur de jeu, et Luis Fernandez est plutôt arrière droit.
L'un des deux envahissements qui aura lieu ce jour-là. (L'Équipe)
L'un des deux envahissements qui aura lieu ce jour-là. (L'Équipe)
La première période est hachée et plutôt décevante (0-0). La seconde sera une bombe. Les Parisiens ouvrent le score, grâce à une reprise de Toko servi par Surjak (1-0, 58e). Mais les Stéphanois vont trouver Michel Platini en allongeant le jeu et le match va tourner sur un doublé du maestro. Il égalise d'une demi-volée, à la 76e minute (1-1), puis donne l'avantage aux Verts, dans la prolongation (2-1, 99e), sur une nouvelle ouverture de Jean-Louis Zanon.
« Le but de Rocheteau, c'est le moment le plus intense de ma vie. Je n'y croyais plus »
Les Parisiens sont cuits, l'expérience est stéphanoise, le destin de cette finale fait peu de doute. Et pourtant... Il reste une poignée de secondes à jouer lorsque Surjak s'échappe côté droit, centre en retrait et trouve Rocheteau, l'ancien Ange Vert, l'idole du chaudron durant des années... Rocheteau fait un pas en arrière pour se démarquer et se met légèrement à l'horizontal pour éviter que sa reprise ne monte trop. Il trompe Castaneda sur le fil : 2-2 (120e). Un miracle, suivi d'un premier envahissement du terrain des supporters parisiens.

Une première finale disputée aux tirs au but

C'est là que Francis Borelli (décédé en 2007), leur président, écrit une partie de la légende, en s'agenouillant sur la pelouse du Parc, sacoche à la main, pour embrasser la pelouse. « Le but de Rocheteau, c'est le moment le plus intense de ma vie. Je n'y croyais plus », dira-t-il. M. Vautrot doit interrompre le match, puis le faire reprendre pour la minute qu'il reste à jouer.
Cette fois, c'est fini, Paris tient sa séance de tirs au but, et peut-être sa première victoire en Coupe de France. Pour la première fois de l'histoire et parce que la Coupe du monde arrive, la finale de la Coupe ne sera pas rejouée, elle va se décider sur une séance de tirs au but. Mais il faudra patienter longtemps avant qu'elle ne démarre, le temps d'évacuer le terrain, après un second envahissement.
Les Parisiens célèbrent leur victoire avec le trophée de la Coupe de France. (L'Équipe)
Les Parisiens célèbrent leur victoire avec le trophée de la Coupe de France. (L'Équipe)

Baratelli encore décisif, Pilorget en héros

Saint-Étienne à l'honneur : Battiston, Bathenay, Zanon, Renaut, Rep, Rocheteau, Larios, Surjak et Platini : ils marquent tous, dans cet ordre. Si Luis Fernandez, le 10e tireur, échoue, Saint-Étienne gagne. Mais l'enfant du Parc égalise : 5-5, et place à la mort subite que le public français découvre à son tour. Christian Lopez, le défenseur central des Verts, frappe au centre, mais pas assez haut et Baratelli, qui était parti à gauche, repousse son tir d'un réflexe de la jambe. Cette fois, Paris a un avantage colossal, et c'est à Jean-Marc Pilorget de le transformer. Arrivé au club comme aspirant en 1975 et âgé ce jour-là de 24 ans, le défenseur central parisien ne tremble pas. Il prend Castaneda à contre-pied.
Un an plus tard, Paris fera le doublé en battant Nantes (3-2), dans une finale sans doute encore plus belle. Victime de l'affaire de la caisse noire, Saint-Étienne terminera 14e du Championnat, en 1983, avant de filer en D2, un an plus tard.
(*) Ce sera le cas jusqu'en 1997.
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