mitrovic (stefan) (BERNARD PAPON/L'Equipe)
Coupe de la Ligue - Finale

Coupe de la Ligue : Une finale au niveau désastreux débouche sur le sacre de Strasbourg face à Guingamp au terme de la séance des tirs au but

Au cours d'une finale archi pauvre techniquement et si décevante pour un tel rendez-vous, le Racing club de Strasbourg a remporté la troisième Coupe de la Ligue de son histoire face à Guingamp au terme de la séance de tirs au but (4-1) et d'un 0-0 après 120 minutes de "jeu". L'Alsace est parti pour une nuit de folie.

La leçon : Et deux heures trente plus tard, Strasbourg l'emporta...

L'affiche était inédite. L'Ouest, représenté par Guingamp, affrontait l'Est, et ses partisans strasbourgeois. Tout ce joli monde se retrouvait presque à mi-chemin, à Lille, au stade Pierre-Mauroy. Et après avoir subi ce "joyeux" spectacle pendant plus de deux heures, on se dit qu'on aurait très certainement préféré voir les invités d'honneur dans les tribunes fouler la pelouse. De Wenger à Drogba, en passant par Djorkaeff et Deschamps, pas sûr qu'ils se soient régalés. Connaissez-vous cette attitude étrange qui consiste à regarder le tableau d'affichage toutes les cinq secondes ? C'est probablement ce qu'on appelle l'ennui. Et il était profond. Cette interminable partie, disputée sur une pelouse indigne, presque une parodie de football, n'a pas été une excellente publicité pour la Coupe de la Ligue. Voire pour la Ligue 1 plus globalement.
Les occasions se comptaient (presque) sur les doigts d'une seule main. Dans ce match fermé, sans rythme, avec à l'inverse des fautes et du déchet en veux-tu en voilà, ce sont les dix-huitièmes de Ligue 1 qui ont tenté le coup en premier. Thuram, après un festival dans la surface, butait sur Kamara (17e). Le portier du Racing, qui remplaçait Sels pour cette rencontre, se distinguait de nouveau devant Benezet, auteur d'une belle demi-volée (55e). La réponse timide des Strasbourgeois venait notamment de Thomasson, qui croisait trop sa reprise (55e), et sur une tentative lointaine (73e). Ajorque s'essayait aussi au coup franc, mais Caillard repoussait sa lourde frappe (64e), comme sur une tentative après un beau travail de protection de balle (88e). Rodelin, sur une frappe timide, mettait l'international Espoirs à contribution en prolongation (104e). Ce dernier sauvait une énième fois les meubles devant Mendy en toute fin de partie (120e). Il se payait même le luxe de sortir le tir au but de Rodelin, alors que ses coéquipiers réussissaient le sans faute (4 tirs au but à 1), contrairement aux joueurs de l'EAG, comme Mendy qui envoyait sa frappe largement au-dessus du cadre. Les spectateurs qui ont fait le déplacement ne vont pas oublier cette rencontre de sitôt. Pas forcément pour de bonnes raisons. Quoi qu'il en soit, pour la première fois depuis cinq ans, une équipe autre que le PSG remporte donc la Coupe de la Ligue. Strasbourg soulève le trophée pour la troisième fois, après 1997 et 2005. Maintenant, on va passer à autre chose. Et oublier cette lente agonie.

Le gagnant : Strasbourg va jouer pour se qualifier en C3

Si l'on ne s'attarde pas sur le contenu de la rencontre, mais uniquement sur le résultat final, cette victoire vient renforcer une bien belle saison en Alsace. En Championnat, certes dixième après avoir quelque peu calé, le Racing a régulièrement montré de belles choses. Contrairement aux deux-heures de jeu sur le pré samedi soir, les hommes de Thierry Laurey ont montré une précision sans faille lors de la séance de tirs au but, avec 100% de réussite. Surtout, avec ce succès, Strasbourg va pouvoir tenter de se qualifier pour la Ligue Europa (il devra franchir trois tours), qu'il n'a plus connu depuis la saison 2005-06. Une bien belle récompense pour tous les efforts fournis par le club depuis sa rétrogradation en 2011. La cerise sur le gâteau.

Le perdant : La Coupe de la Ligue BKT

Il y a toujours ces matches où l'on dit qu'on aurait peut-être dû trouver une occupation plus intéressante. Et ce Strasbourg-Guingamp se place très haut dans les rencontres à vite mettre de côté, avec ce sentiment de désolation à chaque contrôle manqué, à chaque passe qui termine en touche. Mais elle ouvre aussi de nouveau le débat sur la Coupe de la Ligue. Tous les ans, c'est la même rengaine. Mais à quoi sert-elle ? Après cette finale, il y a matière à se poser la question. S'il est rafraichissant de voir des équipes «moindres» arriver jusqu'à ce stade, il est indéniable que c'est surtout l'ennui qui a accompagné ce long calvaire. Bravo à Strasbourg, à tous les courageux supporters qui ont fait le déplacement, mais pas aux artistes présents sur le terrain pour leur prestation. Les blagues les plus courtes sont les meilleures.
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