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CM 1998

Coupe du monde 1998 : à quoi ressemblait le football en France à l'époque ?

Il y a vingt ans, l'équipe de France remportait la Coupe du monde pour la première fois de son histoire. Un véritable tournant dans le football français, qui a bien évolué depuis 1998. Flash-back.

Lens champion de France devant Metz

C'est un champion surprise en 1998 ! Les cadors de la Division 1 - le nom de l'époque - sont aux abonnés absents et ne sont même plus dans la course au titre au moment de jouer la 34eet dernière journée (la D1 est encore à 18 équipes). La bataille se joue donc entre deux équipes inattendues : Lens et Metz. Dans tous les cas, il y aura un champion de France inédit. Et ce sont les Lensois qui vont l'emporter sur le fil. Malgré le nul concédé à Auxerre (1-1), les «Sang et Or» entraînés par Daniel Leclerc décrochent le premier (et le seul) titre de champion de leur histoire. La déception est immense pour Metz - vainqueur de Lyon lors de l'ultime journée (1-0) - qui termine à égalité de points avec Lens (68), mais qui est battu à la différence de buts (+25 contre +19). Monaco complète le podium, neuf points derrière.

Le PSG s'offre quand même un doublé

Le PSG de 1998 ne ressemblait pas vraiment à celui de 2018, malgré un certain nombre de talents. Après avoir terminé à la deuxième place en 1996 et 1997, Paris est encore une fois attendu comme un prétendant sérieux au titre. Pourtant, le club de la capitale termine à une très décevante 8e place. En guise de consolation, le PSG réalise quand même un doublé en remportant les deux coupes nationales, les premières éditions dont les finales se jouent au Stade de France. Une victoire au bout du suspense contre Bordeaux en Coupe de la Ligue (2-2, t.a.b. 4-2), puis un succès 2-1 face à Lens en Coupe de France avec des buts signés Rai et Marco Simone un mois plus tard.

Marco Simone, élu meilleur joueur de la saison

La 8e place du PSG n'empêche pas Marco Simone d'être élu meilleur joueur de la saison. Arrivé en provenance du Milan AC en 1997 contre 36M€ de francs (environ 5,5M€), Marco Simone épate la galerie pour ses débuts sous le maillot parisien. Sept buts inscrits en autant de matches pour commencer, puis une blessure qui le tient écarté des terrains pendant environ un mois et demi. Une absence qui correspond d'ailleurs à la chute du PSG au classement. Finalement, il termine la saison avec treize buts au compteur et son talent a marqué les esprits en France.

Stéphane Guivarc'h, le serial buteur

Après avoir terminé meilleur buteur de la D1 en 1996-1997 avec le Stade Rennais (22 buts), Stéphane Guivarc'h remet ça. De retour de son prêt en Bretagne, il brille sous le maillot de l'AJA entraînée par Guy Roux. Ainsi, il inscrit vingt-et-un buts et conserve son titre de meilleur buteur. Mais il ne se distingue pas seulement sur le plan national. En Coupe UEFA, il finit également premier au classement des buteurs avec sept réalisations, devant un certain Ronaldo qu'il croisera sur le terrain le 12 juillet 1998.

L'époque de la Coupe Intertoto

C'est un nom qui n'est pas vraiment glamour et pourtant, la Coupe Intertoto est bien une compétition européenne en 1998. En plus de la Ligue des champions, la Coupe UEFA (Ligue Europa) et la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe de football, il y a la fameuse Coupe Intertoto qui se déroule chaque année en plein été. Le format est particulier : trois tours à passer pour faire partie des douze équipes qui disputent les demi-finales, avant de se qualifier pour les trois finales de la compétition, sachant que les trois vainqueurs gagnent leur ticket pour la Coupe UEFA. En 1997, la Coupe Intertoto était française puisque Lyon, Bastia et Auxerre avaient gagné les trois finales. À l'issue de la saison 1997-98, l'AJA et Bastia se qualifient à nouveau, mais les deux équipes n'atteignent même pas la finale. La Coupe Intertoto disparaîtra dix ans plus tard, en 2008.

Un club français en demi-finale de Ligue des champions

Une équipe française qui parvient à atteindre le dernier carré de la C1, c'est devenu un évènement rarissime de nos jours. En 1998, Monaco s'offre une belle épopée européenne. Le club de la Principauté élimine Manchester United en quarts de finale : 0-0 à domicile, 1-1 à Old Trafford et une qualification grâce au but à l'extérieur signé David Trezeguet. L'histoire est belle mais elle s'arrête en demie. Au match aller, l'ASM est balayée par la Juventus de Zinédine Zidane - auteur d'un but - avec un triplé d'Alessandro Del Piero (1-4). Le retard est trop important, mais Monaco sauve l'honneur au retour en s'imposant (3-2) avec notamment un but de Thierry Henry.

Meilleur espoir : David Trezeguet succède à Thierry Henry

À 20 ans, David Trezeguet effectue sa première saison pleine chez les professionnels. Le Franco-Argentin se fraie un chemin parmi la concurrence et inscrit son premier but en D1 au mois de septembre. La machine est lancée et il termine la saison avec dix-huit réalisations. Sans surprise, il remporte le trophée du meilleur espoir et succède à son coéquipier Thierry Henry, moins en vue en 1997-98. Les deux joueurs incarnent à merveille la nouvelle génération française et seront tous les deux champions du monde quelques semaines plus tard.

Jay-Jay Okocha, un transfert record à... 15M€

Les sommes astronomiques d'aujourd'hui ne sont pas celles d'hier sur le marché des transferts. À l'été 1998, le gros coup vient quand même du PSG qui a un nouveau président, Charles Biétry ayant remplacé Michel Denisot. Le club de la capitale sort le chéquier pour recruter Jay-Jay Okocha, l'attaquant nigérian de Fenerbahçe : 100 millions de francs, soit 15 millions d'euros. Un record en France à l'époque. Le podium est complété par Vikash Dhorasoo (à Lyon pour 7,6M€) et Mikaël Silvestre (vendu à l'Inter pour 7,1M€). Pour se situer, le joueur le plus cher de l'époque est un Brésilien, mais il ne s'appelle pas Neymar. Il s'agit de Denilson, acheté par le Betis Séville 30M€, qui fera un flop.

Les Verts dans le noir

C'est une période noire pour Saint-Etienne, le prestigieux club français. Redescendu en deuxième division en 1996, l'ASSE frôle le dépôt de bilan. Après s'être sauvés en D2 lors de l'ultime journée en 1996-97, les Verts se font encore des frayeurs la saison suivante. Sous les ordre des Pierre Repellini, les Stéphanois réalisent un début de saison catastrophique et occupent la dernière place du Championnat à l'automne. Au bord du gouffre, le club est repris par Alain Bompard et parvient une fois de plus à se maintenir dans la douleur en terminant à la 17e place (22 équipes à l'époque) deux longueurs devant Louhans-Cuiseaux, le premier relégable. Un monument en péril qui réussit toutefois à se redresser puisque Saint-Etienne sera champion de France de D2 la saison suivante.
Clément Gavard
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bellio51 12 juil. à 16:44

Le psg était un vrai club, pas comme aujourd’hui une boite bling bling ou il fait bon de s’y montrer.