CM 2018 - Brésil

Coupe du monde 2018 (éliminatoires) : l'incroyable retour de Diego avec le Brésil

À trente-deux ans, et neuf ans après sa dernière cape, Diego Ribas fait son retour en Seleçao. Pour l'ancien maître à jouer de Santos, du FC Porto et du Werder, également passé par la Juventus ou l'Atlético de Madrid, c'est une véritable renaissance.

Il s'est pincé les lèvres, a secoué la tête avant de peiner à contenir ses larmes. Le 3 mars dernier, Diego Ribas da Cunha a vécu un des plus beaux moments de sa carrière. Un des plus inattendus, aussi : une convocation pour les deux prochains matches éliminatoires à la Coupe du monde 2018 du Brésil, contre l'Uruguay puis le Paraguay. À trente-deux ans et après neuf ans loin de la Seleçao, on peut comprendre l'émotion du brillant meneur de jeu.

Tite séduit par son implication

«Dieu seul sait combien j'ai dû travailler pour transformer ce rêve en réalité», lâchait, sur le moment, la star du Flamengo, qui avait eu un avant-goût de ce retour en janvier dernier, à l'occasion d'un Brésil - Colombie caritatif en faveur des familles des victimes du crash de l'équipe de Chapecoense. Conscient de la chance qui s'offrait à lui, en pleine intersaison, et à dix-huit mois de la Coupe du monde en Russie, Diego a alors tout mis en œuvre pour séduire Tite. Bingo.
 
«Quand on parle d'attitude, ça veut dire beaucoup de choses, a déclaré le sélectionneur brésilien à son sujet. Une bonne attitude permet à des athlètes de haut niveau de s'élever encore plus. Diego s'est entraîné pendant ses vacances, s'est préparé comme un athlète de haut niveau. Ses performances avec Flamengo lui ont donné du crédit. On l'a suivi, observé. Contre la Colombie, il est entré sur le terrain en étant prêt, et a joué très sérieusement, avant de confirmer avec son club.»

Un retour au Brésil pour rêver de Russie

Mais si Diego peut (enfin) retrouver le maillot auriverde dans un match à enjeu, ce n'est pas simplement parce qu'il a su démontrer son professionnalisme il y a deux mois. Génial à Santos (2002-2004), un peu moins à Porto (2004-2006), puis étincelant au Werder Brême (2006-2009), le milieu de terrain au toucher de balle soyeux et à la frappe de balle surpuissante avait conservé son talent mais perdu la constance à la Juventus (2009-2010), à Wolfsburg (2010-2011, 2012-2014), à l'Atlético de Madrid (2011-2012, janvier-juin 2014) puis à Fenerbahçe (2014-2016).
 
De retour au pays l'été dernier, le natif de Ribeirao Preto n'a pas tardé à se mettre les supporters du Flamengo dans la poche, en marquant lors de ses deux premières apparitions en Championnat. Numéro 35 sur le dos, l'ancien compère de gloire et d'infortune de Robinho régale, avec onze buts en vingt-sept matches toutes compétitions confondues. Au point, donc, de retrouver la Seleçao. Sur son CV international figurent déjà deux Copas America (2004, 2007), une finale de Gold Cup (2003) et une médaille de bronze olympique (2008). En revanche, aucune trace d'une participation à la Coupe du monde. Inaccessible il y a encore quelques mois, le rêve est désormais permis.
Cédric Chapuis 
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