Le chantier du stade Al-Bayt en 2017. (F. Mons/L'Équipe)
Coupe du Monde 2022

Coupe du monde 2022 au Qatar : des ouvriers n'ont pas été payés depuis plusieurs mois, dénonce Amnesty International

L'ONG Amnesty International a révélé mercredi que les ouvriers oeuvrant sur le chantier du grand stade Al-Bayt n'avaient pas été payés - ou seulement partiellement - depuis sept mois.

Selon l'ONG Amnesty International, des ouvriers travaillant sur le chantier d'un stade de la Coupe du monde 2022, qui se déroulera au Qatar, n'ont pas été payés depuis plusieurs mois, ou seulement partiellement, alors que l'émirat est régulièrement critiqué pour les conditions de travail de cette main-d'oeuvre immigrée.
Parmi eux, une centaine de travailleurs de l'entreprise Qatar Meta Coats (QMC) oeuvrant sur le grand stade Al-Bayt, emblème de la culture bédouine locale avec son architecture en forme de tente, n'ont pas perçu des salaires sur une période de sept mois, selon un rapport d'Amnesty publié mercredi. Certains ont finalement reçu une paie partielle le 7 juin, d'après la même source.
« Chaque jour, nous leur demandons, mais ils nous disent qu'ils manquent d'argent »
Dans son rapport, l'ONG de défense des droits humains affirme que « les problèmes rencontrés par les travailleurs de QMC étaient bien connus du ministère du travail du Qatar et de l'organisme chargé d'organiser la Coupe du monde de football du pays depuis près d'un an ». Et que « l'indemnisation n'a commencé qu'après qu'Amnesty a révélé les résultats de son enquête ».
Les ouvriers venus d'Asie et d'Afrique ont confié à l'ONG que l'ensemble de la main-d'oeuvre de QMC sur le site d'Al-Bayt, enceinte qui pourra accueillir 60 000 personnes, était concerné, soit une centaine de travailleurs. « Chaque jour, nous leur demandons, mais ils nous disent qu'ils manquent d'argent », a confié à Amnesty l'un des travailleurs.

L'efficacité des mesures de protection sociales mise en doute par les ONG

Dans une lettre adressée à l'ONG, les organisateurs qataris du Mondial 2022 ont confirmé avoir été informés du non-versement de salaires en juillet 2019. « Depuis lors, nous nous sommes efforcés de trouver une solution », assurent-ils. En difficulté financière, QMC a été interdite de travailler sur les projets de la Coupe du monde et a été vendue à de nouveaux propriétaires, selon les organisateurs.
Les autorités qatariennes ont pris de nombreuses mesures de protection sociales pour protéger les travailleurs mais leur efficacité sur le terrain a été mise en doute par les ONG. De rares grèves de travailleurs ainsi que l'attention des médias internationaux ont conduit le riche État gazier à intervenir à plusieurs reprises, versant les salaires lui-même et engageant des poursuites contre les entreprises contrevenantes.
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