(L-R), Merel van Dongen of Holland, Vivianne Miedema of Holland, Stefanie van der Gragt of Holland, Jackie Groenen of Holland, Shanice van de Sanden of Holland, Lieke Martens of Holland during the women's international friendly match between The Netherlands and Australia at Philips stadium on June 01, 2019 in Eindhoven, The Netherlands (L'Equipe)

Coupe du monde féminine : les Pays-Bas vers l'égalité salariale, mais pas que...

Ce lundi, la Fédération royale néerlandaise de football (KNVB) a annoncé qu'à l'horizon 2023, le revenu des joueuses de l'équipe nationale atteindra celui de l'équipe masculine.

C’est un processus qui va s’engager dès la fin de la Coupe du monde 2019, qui débute ce vendredi à Paris, et qui devrait prendre quatre années à s’accomplir. Mais l’engagement est pris, et la symbolique est forte : la fédération néerlandaise de football (KNVB) a annoncé officiellement ce lundi qu’elle s’engageait, à l’horizon 2023, à ce que les compensations versées aux joueuses de son équipe féminine se rapprochent, voire atteignent celles versées à l’équipe masculine.

Un rapprochement qui se fera en deux temps, selon le communiqué de la KNVB. Entre 2019 et 2021, date du championnat d’Europe en Angleterre, le revenu des joueuses néerlandaises sera porté «à un niveau nettement supérieur» via des canaux sur lesquels la fédération a une emprise, c’est-à-dire ses revenus commerciaux. Un point d’interrogation demeure toutefois pour la période 2021-2023, car une partie non-négligeable des revenus des sélections féminines reste déterminée par les instances qui organisent et diffusent les compétitions auxquelles elles participent (l’UEFA, la FIFA et les détenteurs de droits TV) : «Pour la période 2021-2023, la ligue et les joueuses discuteront d'un nouvel accord. L’idée est que la rémunération de la KNVB pour l'équipe féminine néerlandaise en 2023 soit équivalente à celle de l'équipe masculine néerlandaise. La KNVB espère que les remboursements externes pour les femmes qui doivent venir "directement du football" seront considérablement augmentés.» Une façon d’envoyer un message aux institutions : un progrès significatif ne se fera pas sans leur soutien, et ne pourra pas se réaliser que par des initiatives individuelles. «Nous comprenons que, pour réaliser pleinement cette ambition, le "marché" doit également suivre la voie empruntée par la KNVB», abonde le directeur du football féminin de la fédération Jan Dirk van der Zee. Un facteur qui conditionne fondamentalement les revenus des équipes féminines de clubs.

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«Pour la période 2021-2023, la ligue et les joueuses discuteront d'un nouvel accord»

La sélection néerlandaise n’est pas la première à faire un pas officiel et décidé vers l’égalité salariale entre ses joueuses et ses joueurs. En 2017, la fédération norvégienne de football annonçait un accord obtenu entre ses deux équipes nationales pour baisser le salaire des hommes, augmenter celui des femmes et ainsi atteindre une égalité parfaite entre les deux entités. Une hausse équivalente à environ 50 % du salaire des féminines à l’époque. Une annonce faite fin 2017, à la suite d’un Euro catastrophique qui avait notamment conduit la star de la sélection, le Ballon d’Or France Football Ada Hegerberg, à claquer la porte de la sélection, et que cette avancée n’a pas fait revenir pour autant. Pour elle, le problème va bien au-delà des salaires, il touche à la différence générale de moyens et de traitement des sélections féminines. Les progrès à faire restent donc énormes. Avec cette annonce, les Pays-Bas montrent la voie et se posent en exemple. - A.A

Pas une première, et probablement pas une dernière

La fédération néerlandaise n’en est pas à son coup d’essai. En 2017, déjà, elle annonçait un accord avec son équipe féminine pour une hausse des salaires de ses joueuses à l’horizon 2019. Pari tenu et prolongé donc, avec cette fois-ci un geste fort : aller chercher les rémunérations des hommes. «La KNVB veut être un exemple de développement social en termes d’égalité salariale entre les hommes et les femmes», déclare ainsi dans le communiqué Jan Dirk van der Zee. D’autant que les annonces de la fédération ne concernent pas que les salaires. Cette mesure doit confirmer et poursuivre le développement des moyens mis à disposition de l’équipe féminine : infrastructures, personnel, équipements. Bref, la fédération hollandaise veut aller vers un traitement égal à tous les niveaux.

En 2017, la fédération norvégienne de football annonçait un accord obtenu entre ses deux équipes nationales pour baisser le salaire des hommes et augmenter celui des femmes.