batshuayi (michy) pavard (benjamin) varane (raphael) lukaku (romelu) (F.Faugere/L'Equipe)
CM 2018 - Bleus

Coupe du monde, France-Belgique : une muraille bleue infranchissable

C'est fait, l'équipe de France est en finale de la Coupe du monde ! Une qualification face à la Belgique (1-0) que les Bleus doivent beaucoup à leur défense, imperméable ce mardi face à la meilleure attaque du Mondial.

C'est une sacrée performance que viennent de signer les Bleus. Celle de se qualifier, d'abord. Mais aussi celle de n'avoir encaissé aucun but, pour la deuxième fois consécutive dans cette Coupe du monde, face à la meilleure attaque de la compétition (14 buts). Et ce match, pour les amateurs français de défense, fut la parfaite illustration de l'idéologie de Deschamps, alors que le sélectionneur des Bleus, profitant de performances individuelles hors-normes d'un bon nombre de joueurs, a su s'adapter à la pléthore de talents belges. Avec un 4-2-3-1 pas vraiment très symétrique (logique, quand on aligne Matuidi à gauche et Mbappé à droite), les Bleus ont bloqué à merveille les offensives des Diables Rouges, notamment dans l'axe. Les seules opportunités des hommes de Roberto Martinez faisant suite à des décalages sur les côtés, où les qualités d'Eden Hazard (voir plus bas) ou de Mertens en fin de rencontre auraient pu punir les Bleus.

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Et dans un match où l'organisation tactique des Bleus avait été parfaitement travaillée, avant d'aborder les joueurs de champ, un homme a particulièrement brillé : Hugo Lloris. Ultra décisif face à l'Australie en poules et surtout l'Uruguay, le capitaine de l'équipe de France s'est encore une fois mué en héros. À la 22e minute, d'abord, après une frappe en pivot d'Alderweireld magnifiquement repoussée des deux mains (voir la vidéo ici), et ensuite à la 81e, alors que Witsel reprenait un ballon à l'entrée de la surface et envoyait un missile à la trajectoire bien lue par le gardien français. Deux arrêts très importants, alors que son homologue Thibaut Courtois n'a pas été en reste, que ce soit devant Pavard, Griezmann ou Tolisso. Le capitaine de l'équipe de France va aborder la finale en pleine confiance.

Varane, maître des airs

L'homme du match côté Bleus ? Peut-être. Noté 8 par FF, Raphaël Varane a encore mis les gros bras, la manière et l'efficacité pour garder sa cage inviolée. Dans les airs, il a été tout simplement impérial. La tâche s'annonçait pourtant difficile, avec Romelu Lukaku et les incursions de Marouane Fellaini dans la surface - souvent (très) bien suivies par un Paul Pogba de gala -, mais le défenseur central du Real Madrid a livré une partie géniale dans sa surface de réparation. Irréprochable sur l'appréciation des trajectoires, sur son timing de saut, sur son agressivité dans les duels et jamais pris à défaut dans la profondeur - en début de match, surtout -, l'ancien du RC Lens s'est encore transformé en patron, et l'équipe de France doit en partie son clean-sheet à la prestation du son numéro 4. Son tacle rageur devant Eden Hazard à l'entrée de la surface en deuxième période incarne aussi son match. Même si on n'oubliera pas une petite erreur qui aurait pu coûter cher devant Eden Hazard à la 16e minute, ainsi que le match de son compère de la défense Samuel Umtiti, buteur et souvent très efficace. Le Blaugrana doit toutefois se montrer plus prompt sur quelques centres et ballons aériens.

La gestion du K De Bruyne

La France l'avait parfaitement fait face à l'Argentine et Lionel Messi, qui décrochait côté droit pour tenter de déstabiliser le bloc français. Là, ce mardi, pas de Messi, mais un Kevin De Bruyne très actif et souvent bien placé entre les lignes. Ce fut pourtant une magnifique occasion pour le trio Matuidi-Kanté-Hernandez de briller. Les deux premiers, au milieu de terrain, avaient visiblement bien écouté les consignes de leur entraîneur, et ont tout au long de la partie bien communiqué, hormis une fois, pour coulisser et s'échanger les rôles. Des positionnements judicieux, en fonction du placement de De Bruyne, et quelques séquences en marquage individuel, afin d'avoir un œil constant sur le joueur de Manchester City, dont les passes magiques et la qualité de frappe hors de la surface étaient craintes. En fin de match, alors que De Bruyne descendait d'un cran, Mertens ayant pris sa place plus haut, ce fut au tour d'Antoine Griezmann ou de Paul Pogba de suivre les déplacements du milieu belge, qui a rarement eu la possibilité de se projeter ou de se positionner face au jeu, tandis que Kanté continuait son travail de sape et Hernandez contrôlait relativement bien un Mertens remuant. Une masterclass défensive des Bleus, qui ont aussi magnifiquement gérer le chrono et leur maigre avantage, via un bloc plus bas, quelques fois trop, mais rigoureux.

Hazard, un dynamiteur diabolique

Il a été le joueur le plus dangereux côté belge. Des prises de balle rapides, des accélérations tranchantes, Hazard a fait du Hazard. Et plutôt du très bon Hazard. On le savait d'avance, le duel entre le joueur de Chelsea et Benjamin Pavard serait épié à la loupe. Et le jeune latéral a souffert... Pas vraiment aidé par Kylian Mbappé comme a pu l'être Lucas Hernandez par Matuidi sur le flanc gauche, Benjamin Pavard a été très souvent livré à lui-même et aux dribbles de l'ancien Lillois. Les quelques prises à deux avec Paul Pogba ont pourtant été efficaces, et il faudra éviter de se découvrir de cette façon-là en finale. Il y a eu du mieux en deuxième mi-temps, alors que l'axe était toujours source d'inefficacité pour les Belges et que le danger se faisait moins pressant autour du latéral droit français, et ce n'est qu'une piqûre de rappel.

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Paul Pogba, au four et au moulin ce mardi, ne peut effectivement pas tout faire, Kylian Mbappé est utilisé pour contrer, mais Didier Deschamps doit trouver le juste équilibre. Ce n'est qu'un petit détail, alors que ni Raheem Sterling ni Ivan Perisic ne semblent susciter la même crainte qu'Eden Hazard. Mais hormis ce petit grain de sable, les Bleus ont parfaitement géré, concédant très peu d'occasions au final, et repartent à Istra le sourire jusqu'aux oreilles et la confiance au maximum. Il faudra rééditer cette performance face à la Croatie ou l'Angleterre, mais que ce soit dans la fraîcheur, la concentration, les qualités individuelles et la tactique, ils semblent être prêts. À eux d'aborder ce match pour l'histoire de la meilleure des manières.
Antoine Bourlon

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