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hegerberg (ada) le sommer (eugenie) (A.Martin/L'Equipe)
Ligue 1 (Femmes) - 20e journée

D1 féminines : Lyon étrille le PSG et prend une sérieuse option pour le titre

À égalité de points après dix-neuf journées, l'OL et le PSG se disputaient quasiment une finale du Championnat de D1 féminines. Au Parc OL, Lyon n'a absolument laissé aucune chance aux Parisiennes (5-0).

La leçon : La marche était trop élevée pour le PSG

Décidemment, la section masculine et la section féminine de l'Olympique Lyonnais connaissent des fortunes diverses ces derniers temps. Alors que les Gones restent sur trois défaites de suite toutes compétitions confondues et vont voir leur coach, Bruno Genesio, quitter le navire en fin de saison, les féminines de l'OL ont détruit dans les grandes largeurs les espoirs de titre du PSG. Devant Jean-Michel Aulas et Antero Henrique, les Lyonnaises se sont bien amusées sur le pré d'un Groupama Stadium joliment garni pour l'occasion (plus de 25 000 spectateurs présents). À sa main tout au long de la rencontre, Lyon a tout de suite étouffé des Parisiennes écrasées par la pression de l'évènement. Dès la quatrième minute, Cascarino s'invitait dans la surface et offrait quelques sueurs froides aux joueuses d'Échouafni. Les prémices d'une longue soirée pour les joueuses de la capitale. En effet, le PSG n'a finalement pas tenu longtemps avant de plier face aux assauts. Sur un amour de centre de Henry, Hegerberg venait placer un joli coup de casque pour tromper la vigilance de Kiedrzynek (1-0, 8e). Acculé, le PSG s'en est remis au talent de sa gardienne pour repousser la tentative de Majri, bien lancée par l'excellente Hegerberg (14e). Cette dernière était même toute proche de doubler la mise (18e). Pendant ce temps, le PSG n'avait pas grand-chose à se mettre sous la dent mais espérait bien obtenir un penalty sur une main de Mbock. Sans succès. Tandis que les dauphines voyaient leur bloc se disloquer, les Lyonnaises avaient, par deux fois, l'occasion de sonner le glas de la rencontre. Bronze, d'abord, butait sur la gardienne parisienne (39e), mais dans la foulée, Le Sommer, sur une belle passe de Fishlock, venait doubler la mise (2-0, 40e). Et comme si cela ne suffisait pas, le PSG concédait, sur une main, un penalty. Renard ne s'est pas faite prier pour le transformer et offrir une avance confortable aux siennes (3-0, 45e).
Dans un second acte bien moins animé, l'OL a géré son avantage le plus tranquillement du monde. Dans le sillage d'une excellente Hegerberg, Marozsan, à l'heure de jeu, et Van de Sauden, en toute fin de match, sont venues parachever le succès lyonnais en fixant à chaque fois la malheureuse Kiedrzynek. Jamais dans le coup, coupables d'innombrables imprécisions techniques, les Parisiennes ont pu mesurer l'écart les séparant des Lyonnaises. Et celui-ci n'est visiblement pas prêt de se réduire comme le confirme cette manita. Pour s'offrir un titre de championne de France, elles devront se mettre au diapason lors de leurs confrontations directes pour titiller d'intouchables Lyonnaises, lesquelles foncent vers leur treizième titre consécutif. Un record.

La gagnante : Hegerberg, partition XXL

Devant son public, Hegerberg n'a pas failli à sa réputation. D'une facilité déconcertante, la Norvégienne a offert un récital dans ce choc. Si elle a inscrit le premier pion de la rencontre, la joueuse de 23 ans s'est distinguée par une finesse appréciable et par un sens du jeu aiguisé au moment de lancer les attaques de son équipe. Impliquée sur le but de Le Sommer, Hegerberg a aussi donné un amour de ballon à Marozsan sur le quatrième but. En outre, du haut de son mètre 76, elle aura fait vivre un véritable calvaire à la charnière centrale parisienne. Une soirée comme une autre pour la lauréate du dernier Ballon d'Or France Football, devenue à l'issue de la rencontre, seule meilleure buteuse du Championnat avec 19 buts.

La perdante : Katoto, occasion manquée

Comme souvent, elle était attendue. Et comme souvent, dans les grands rendez-vous, elle a déçu. Cette joute était l'une des dernières chances de Katoto de séduire Corinne Diacre en vu de la prochaine Coupe du monde en France. Malheureusement - pour elle -, l'attaquante parisienne s'est ratée. Absente du dernier rassemblement avec les Bleues face au Japon et au Danemark, la meilleure buteuse française du Championnat de France n'a pas su exister face au mastodonte lyonnais. Peu inspirée à l'image de son équipe, Katoto s'est vite éteinte, comme face à Chelsea en Ligue des champions, éprouvant quelques difficultés au moment de faire remonter son bloc. Malgré un talent certain, la jeune parisienne manque encore de tranchant et de métier pour exister au très haut niveau. Regrettable pour celle qui avait l'opportunité unique de faire taire les critiques.
Mehdi Arhab 
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