Caen - Da Silva - Kanté - nangis (L'Equipe)
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Da Silva - Kanté - Nangis, les indispensables novices du SM Caen

On a beaucoup parlé, à juste titre, du rôle déterminant de Julien Féret dans le réveil caennais ces dernières semaines. Si le promu normand s'est refait une santé en 2015, il le doit aussi à trois joueurs qui découvrent (ou presque) la Ligue 1 cette saison et forment la colonne vertébrale de l'équipe de Patrice Garande : Damien Da Silva, N'Golo Kanté et Lenny Nangis.

Au classement des étoiles de France Football, ils sont les trois joueurs de champ caennais les mieux notés. Pourtant, avant le coup d'envoi de la saison, Damien Da Silva (5,63*), N'Golo Kanté (5,35*) et Lenny Nangis (5,32*) ne comptaient à eux trois que 570 minutes de jeu en Ligue 1, toutes jouées par le dernier nommé en 2011-2012 lors de ses premiers pas en pro. Trois tauliers, trois postes distincts et surtout trois profils différents : l'enfant du club dont l'éclosion était attendue (Nangis), le phénomène à l'ascension fulgurante (Kanté) et le roc passé par de nombreuses galères avant de côtoyer l'élite (Da Silva).
Nangis : «Je suis passé par des phases d'apprentissage. J'en avais besoin»
«Mes performances sont à la hauteur de ce qu'attendent mes coéquipiers, se félicite Lenny Nangis (20 ans). S'entraîner avec des joueurs comme Julien Féret, qui m'apportent leur expérience au quotidien, ça favorise la progression...» Après avoir éclos à 17 ans, le Guadeloupéen a mis du temps à confirmer, pas aidé par des blessures à répétition. Mais depuis la saison passée, il a su mettre à profit la confiance de Patrice Garande : «Je suis passé par des phases d'apprentissage. J'en avais besoin. Et puis c'est plus simple de jouer sans arrière-pensées. Je suis quelque un qui réfléchit énormément et la confiance me libère. Je joue avec un poids en moins, je me concentre sur ce que je dois faire et pas sur ce qu'il y a autour et ce que les gens peuvent penser de moi.»

Nangis l'insouciant, Kanté le phénomène

kante (n'golo) (L'Equipe)
kante (n'golo) (L'Equipe)
«Il a une insouciance incroyable, dit de lui son coéquipier Manu Imorou. Il est très souvent titulaire et il joue comme s'il était avec ses potes, pour s'amuser. Ce qu'il fait à son âge c'est déjà très bien, et il a encore une grosse marge de progression. Il doit s'étoffer physiquement et il peut être encore plus décisif.» Décisif, le milieu de terrain de 23 ans N'Golo Kanté l'a été dès ses premiers pas parmi l'élite, avec deux buts en trois journées. S'il n'a plus trouvé le chemin des filets depuis et si ses performances ont moins attiré l'oeil au coeur de l'automne, l'ancien Boulonnais est décrit comme «un phénomène au sens pur» par Imorou : «On sent le mec qui a quelque chose en plus que les autres. Et en plus c'est un mec hyper humble, simple, timide. Ça le rend encore meilleur parce que ça lui permet de s'isoler de ce qu'il y a autour. Et sur le terrain, il est au-dessus...»
Quand les trentenaires aussi sont indispensables...
Suivi de très près par de nombreux clubs de standing supérieur, Kanté ne devrait pas s'éterniser à Malherbe, mais apprend encore, lui aussi. Et ce n'est pas forcément un hasard s'il a retrouvé de l'allant en même temps que les trentenaires Nicolas Seube et Julien Féret ont retrouvé le onze de départ à ses côtés. «Ce sont des exemples à tous les niveaux, confirme Nangis. Ils connaissent la L1, le métier, le foot... des joueurs comme ça, on en a toujours besoin. Ils ont toujours été là pour nous, et ils continuent à nous tirer vers le haut, comme Rémy Vercoutre d'ailleurs.»

Da Silva : «20 bons matches, ce n'est pas suffisant»

Au buzz Kanté l'été dernier a succédé le buzz Da Silva cet hiver. La raison ? Non content d'enchaîner les prestations de très bon niveau malgré les difficultés de son équipe, le défenseur central de 26 ans s'est signalé au grand public avec un but magnifique à Rennes, le 25 janvier (4-1), enchaînant contrôle aérien du droit et sublime reprise du gauche. «Je ne suis pas habitué à marquer, alors un but comme ça encore moins ! Même moi j'ai du mal à l'expliquer», admet-il. Un moment d'extase qui lui a évidemment «donner envie de marquer d'autres buts, même des plus simples.» «La semaine qui a suivi, à chaque entraînement il frappait au but ! Vu tout ce qu'il a raté, il est très vite revenu sur terre, raconte Nangis dans un éclat de rire. Toute façon il préfère les duels, les tacles...»
«Défensivement, si tu vas au duel de la tête avec lui, tu sais que tu n'auras pas le ballon», appuie Manu Imorou. Et c'est vrai que Damien Da Silva s'était jusque-là régulièrement illustré par sa robustesse et sa sobriété. «Je me suis vite senti à l'aise, explique celui qui n'avait pas été conservé par Bordeaux à 16 ans et a dû passer par Niort, Châteauroux, Rouen et Clermont avant d'atterrir à Caen et en Ligue 1. Je ne me sens pas forcément comme un patron, mais je suis le joueur qui a le plus joué derrière, donc je suis conscient d'avoir pris de l'importance. Après, je suis toujours dans la découverte, et je ne prétends pas encore avoir le niveau Ligue 1. Faire 20 bons matches, ce n'est pas suffisant.» Mais ce sont déjà autant de belles promesses. Multipliées par trois.

Cédric CHAPUIS (@cedchapuis)

Retrouvez dans France Football cette semaine, un portrait de l'homme décisif du SM Caen en 2015, Julien Féret.
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