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(L'Equipe)
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Damien Comolli : «Liverpool va très loin dans l'analyse»

À l'origine de la révolution technologique de Liverpool, l'ancien directeur sportif français du club anglais, d'octobre 2010 à avril 2012, nous en explique le concept. Un dossier à retrouver en intégralité dans France Football.

«Damien, c'est vous qui êtes l'instigateur du phénomène des statistiques en Angleterre...
C'est en cas nous, à Tottenham (NDLR : il y a exercé de 2005 à 2008), qui avons commencé à l'utiliser dès 2006, en faisant venir dans le foot une société qui s'appelait Decision Technology. Ils faisaient des chroniques dans le Sunday Times et étaient entrés en contact avec Billy Beane (le pape des stats dans le sport US, voir par ailleurs), à qui ils avaient fait bonne impression. Billy m'a dit : “Tu devrais les contacter !'' Parmi les trois personnes que j'ai rencontrées, il y avait Ian Graham.
 
Lequel est aujourd'hui à la tête des «laptop guys» de Liverpool.
Il a démarré dans le foot comme ça, en nous assistant à Tottenham. C'est d'ailleurs avec ces méthodes qu'on a recruté Hugo Lloris (en 2012). À mon arrivée à Liverpool, j'ai voulu développer un département analyse. Ça n'était pas très répandu à l'époque. J'ai consulté des fournisseurs de données comme Amisco, pour avoir leur avis. Ils m'ont dit que les meilleurs dans ce domaine étaient Michael Edwards, à l'époque responsable de ce département à Tottenham, et Ian Graham. Ça tombait bien, c'était les deux renforts que je voulais pour les analyses statistiques et le recrutement. Ils sont toujours en place à Liverpool, où Michael est devenu directeur sportif.
 
Concrètement, en quoi consistent ces analyses statistiques révolutionnaires ?
À Tottenham, on a développé un modèle d'analyses qui s'appelle “expected goals”. Grâce à ce système mathématique et ces algorithmes, on peut mesurer l'apport que chaque joueur a sur le terrain. Chaque fois qu'il apporte une plus-value dans la progression du ballon, il est crédité d'un point. Ces chiffres permettent d'évaluer l'impact d'un joueur sur les résultats d'une équipe.
 
Un exemple ?
Pour les gardiens, où le modèle prend en compte plus de 250 000 tirs, on est sur le nombre de buts qu'ils évitent. L'analyse calcule que s'il y a 0,3 % de chances qu'un gardien encaisse un but d'un endroit donné sur le terrain, et qu'il l'encaisse quand même, l'attaquant est crédité d'un bon chiffre. Et bien sûr, c'est l'inverse pour le gardien.»

Thierry Marchand 

L'intégralité de notre dossier sur les coulisses de Liverpool est à retrouver dans le dernier numéro de France Football. En kiosques ou en version numérique ici.
 
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