(L'Equipe)

David Villa (Espagne), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

8 juin-14 juin : dans exactement 6 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Quatre-vingt-quinzième épisode avec David Villa.

Son histoire avec la Coupe du monde

Sa vivacité sur le front de l’attaque et son efficacité clinique ont fait des ravages durant les trois Coupes du monde que le natif des Asturies a disputées avec la Roja. Pour sa première, en 2006, l’avant-centre du FC Valence n’a pas eu besoin de temps d’adaptation au plus haut niveau international, scorant trois buts en quatre matches disputés. S’il n’a pu empêcher l’élimination de son pays face à l’équipe de France en huitièmes de finale, le feu follet valencian a encore haussé son niveau de jeu quatre ans plus tard pour le premier Mondial disputé en Afrique - Afrique du Sud - où il s'est montré décisif tout au long du parcours de son équipe, terminant cette deuxième participation à la plus belle des compétitions de football avec cinq buts au compteur. S’il n'a pas remporté le Soulier d’or du Mondial, qui a sacré l’allemand Thomas Müller - il a distribué plus de passes décisives que l’Espagnol - il a tout de même soulevé avec ses 22 autres camarades espagnols, dans le ciel de Soccer City, un trophée bien plus que symbolique dans la vie d’un footballeur : la Coupe du monde. Victorieux des Pays-Bas en finale grâce à un but du maître à jouer Andres Iniesta à la fin de la prolongation, "El Guaje" peut avoir le sentiment du devoir accompli, lui qui sera également récompensé du Ballon d’argent de la compétition. Au sommet de sa carrière, le nouveau joueur du Barça - qu’il a rejoint quelques jours avant de s’envoler avec la sélection en Afrique du Sud - va pourtant voir ses prestations décliner quelque peu par la suite au fil des saisons, mais son statut de meilleur buteur de la sélection espagnole - 58 buts - lui vaut une nouvelle sélection dans la liste des 23 pour l’édition brésilienne en 2014. Dépassé par Diego Costa dans l’esprit du sélectionneur Vicente Del Bosque, Villa va observer du banc la débâcle des siens, éliminés dès la phase de groupe et auteurs d’une défaite mémorable lors du premier match contre les Oranje (1-5). Le match contre l’Australie est son dernier avec la Roja - et un 59e but au passage - même s’il fera son retour en sélection…trois ans plus tard, pour un match qualificatif à la Coupe du monde 2018 face à l’Italie, au cours duquel il n’entre pas en jeu. Un buteur prolifique et versatile, décrit comme l’un des plus grands attaquants espagnols de l’histoire.

Le moment marquant

Si son but libérateur contre le Paraguay en quart de finale peut constituer l’un des moments marquants du parcours espagnol pendant cette Coupe du monde sud-africaine, sa troisième réalisation du tournoi inscrite face au Chili lors du troisième et dernier match de poule a marqué les esprits. Positionné sur la gauche de l’attaque, le futur avant-centre blaugrana ouvre le score d’une frappe de…50 mètres ! Alerté en profondeur par Xabi Alonso sur le côté gauche, Fernando Torres est devancé par Claudio Bravo, le gardien chilien. Mais au lieu d’envoyer le ballon en touche, celui-ci revient dans les pieds de la légende du FC Valence. Instinctivement et instantanément, il déclenche une frappe lobée qui va terminer dans le petit filet chilien, lançant son pays vers le succès annoncé (2-1).

Le chiffre : 3

Quelques mois après le succès hispanique en 2010, David Villa est devenu le troisième joueur de l’histoire à avoir remporté une Coupe du monde tout en étant détenteur du record de buts avec son équipe nationale (59 buts aujourd’hui). Il se place aux côtés du Brésilien Pelé (77 buts) et du Français Thierry Henry (51 buts) dans cette catégorie, rejoints en 2014 par l’Allemand Miroslav Klose (71 buts). Avec 9 buts, David Villa est également le meilleur buteur espagnol de l’histoire en Coupe du monde.

L'archive de FF

Juste après la demi-finale victorieuse contre l’Allemagne lors du Mondial 2010, FF écrit : «C’est vrai que Durban ne lui aura pas souri. Pas comme il l’aurait souhaité, tout du moins. Qu’importe. En vérité, puisque «El Guaje» (le gamin) a certainement quitté le somptueux stade Moses Mabhida avec le sentiment du devoir bien accompli. Son Espagne est en finale de la Coupe du monde, une première. Et cette nouvelle victoire (1-0), comme une réplique de la finale du dernier Euro en 2008, vaut bien plus cher que tous les buts du monde. Il n’empêche, l’Asturien a rejoint le banc en faisant franchement grise mine, visiblement frustré par sa soudaine disette. Un agacement très perceptible au moment où il cédait sa place dans les dernières minutes à Fernando Torres. A moins qu’il s’agisse d’autre chose… Lui, la meilleure gâchette de la Coupe du monde sud-africaine, est resté muet. Pour une fois. La quatrième en dix matches de Coupe du monde (2006 et 2010 confondues). C’est que, dans cette demi-finale dominée de bout en bout par les Ibériques, étourdissants face à une Allemagne fatiguée (1-0), le nouvel avant-centre du FC Barcelone, qu’il a rejoint à la mi-mai, s’était procuré la toute première occasion du match sur une ouverture lumineuse et délicieuse de son futur coéquipier Pedro. En seconde période, il a encore raté le coche sur un centre d’Iniesta, en se jetant vainement au second poteau. C’était avant que ne vienne, un peu plus tard, la délivrance, par Puyol. Pour autant, Villa n’a eu de cesse de participer au jeu. Et c’est là toute la force et tout le paradoxe qu’incarne l’ancien artificier du Valencia CF. Qui n’a rien du joueur de surface égoïste. Finisseur le plus souvent, mais également passeur, pivot, remiseur ou talonneur. Il a réussi à éclipser la transparence de Torres».

Joffrey Pointlane