Foto IPP/Marius Bunduc Milano 26/08/2019 Campionato di Calcio Serie A 2019/2020  Inter-Lecce Nella foto  Stefano Sensi esulta dopo il suo gol  Italy Photo Press Worldwide Copyright *** Local Caption *** (Marius Bunduc/IPP/PRESSE SPORT/PRESSE SPORTS)
Italie - Inter

De la troisième division à la Nazionale : Stefano Sensi, la nouvelle certitude de l'Inter Milan

Le milieu de terrain italien de 24 ans, débarqué à l'Inter Milan dans un relatif anonymat cet été, est l'homme fort d'un début de saison qui voit les hommes de Conte dominer la Série A.

La surprise du chef. Dans un Inter Milan qui revit sous les ordres d'Antonio Conte, son 3-5-2 tout en structure et sa discipline défensive, un homme sort du lot depuis le début de saison : Stefano Sensi. Généralement milieu relayeur, parfois un cran plus haut dans une modulation en 3-4-2-1, autrefois rampe de lancement plus basse à Sassuolo, le milieu de terrain de poche (1,68m, un peu plus de soixante kilos sur la balance) ne brille pas que par sa polyvalence : avec sept matches disputés sur sept depuis le début de la saison (six titularisations), dans un effectif soumis pourtant à une rotation relativement intense, Sensi est surtout devenu indispensable par sa finesse technique... et par ses statistiques. Avec trois pions et quatre passes décisives en six matches Série A, il est impliqué dans 53,8% des buts domestiques des siens(treize au total). «Personne n'imaginait qu'il puisse avoir cet impact immédiat. Cela faisait longtemps que l'Inter n'avait pas eu un milieu aussi intelligent et fort dans la verticalité», s'enflamme le journaliste de la Gazzetta dello Sport Alex Frosio. Adrien, qui gère le compte Twitter Inter Milan FR, appuie : «S'il se blessait, cela serait plus préjudiciable que si cela arrivait à n'importe quel autre joueur

Les divisions inférieures avant l'explosion

À déjà 24 ans, Stefano Sensi pourrait être un exemple vivant de la proverbiale difficulté des clubs italiens à faire confiance à leurs plus jeunes joueurs. Si le jeune homme a fréquenté les équipes nationales U17 et U20, il a mis du temps à confirmer son potentiel : «Jusqu'ici, il lui manquait principalement de la confiance en soi, selon Alex Frosio. Il est pourtant considéré comme un grand talent depuis des années.» Alors le natif d'Urbino a été prié de s'aguerrir dans les divisions inférieures. En prêt au Cattolica Calcio San Marino, plus précisément. Dans le club de la Principauté, calé entre Rimini, son premier club de jeunesse, et Cesena, qui l'a post-formé, Sensi effectue deux saisons complètes, lors desquelles la progression est notable. 26 puis 33 matches de Série C (troisième division), avant de jouer une saison à l'étage au-dessus avec Cesena.

Recruté par Sassuolo en 2016-17, le droitier n'arrive pas à s'imposer en Série A. C'est durant la troisième de ses quatre années de contrat, en 2018-19, que Sensi explose enfin. Grâce notamment à un homme : l'entraîneur Roberto De Zerbi. «Sensi peut largement remercier De Zerbi, lâche Alex Frosio. L'année dernière, il lui a appris les bases du jeu de position, lui donnant de l'espace et le droit de faire des erreurs, en plus de beaucoup de confiance.» Dans le 4-3-3 très offensif d'un des entraîneurs les plus prometteurs d'Europe, Sensi brille au poste de regista, l'organisateur placé en sentinelle. Celui qui avait été cédé à Sassuolo par la Juventus, qui le possédait en copropriété avec Cesena, intéresse le Milan AC du directeur sportif Leonardo. C'est finalement... l'Inter, grand rival des deux clubs, qui empoche la mise.

Un avenir tout en bleu

Cet été, l'affaire se conclut autour d'un prêt payant de cinq millions d'euros, assorti d'une clause d'achat à 25 millions. «Sur le moment, cela paraissait un poil trop cher, car on parlait d'un joueur pas très exposé, relate Adrien. Mais on n'avait pas grand-chose à perdre.» Dans un club enfin redevenu stable, sous la gestion financière chinoise et la direction sportive de Giuseppe Marotta, l'Inter peut se permettre ce genre de paris coûteux. Et faire plaisir à son entraîneur, dernier étage pour l'explosion de la fusée Sensi. «Aux enseignements de De Zerbi, Conte ajoute sa forte mentalité, qui est un vrai boost pour l'Inter cette saison.» Aujourd'hui, «tous les ballons en phase offensive passent par lui, il est très important dans la construction et a toujours le geste juste», observe Adrien.

De là à imaginer que Sensi ne puisse s'épanouir que sous la direction d'entraîneurs mettant en place un jeu très structuré, dans lequel chaque joueur est prié de respecter scrupuleusement sa zone ? «Je pense qu'il est en effet un joueur de système, qui donne son meilleur dans une équipe structurée, analyse Alex Frosio. Je pense à Jorginho, qui est un excellent regista si, et seulement si, l'équipe bouge correctement autour de lui. Mais Sensi a une meilleure technique individuelle et cela devrait aider.» Suffisant pour séduire le sélectionneur italien Roberto Mancini, qui lui a offert ses quatre sélections internationales, depuis novembre 2018 (un but, contre le Lichtenstein). Pour se faire une place au milieu des Verratti, Jorginho ou Barella, son coéquipier à l'Inter, Sensi devra corriger ses quelques défauts («son placement défensif», pour Adrien, «être plus calme et éviter les erreurs bêtes lorsque le match devient chaud», pour Alex Frosio) ; et surtout confirmer sur la durée. S'il y arrive, l'ancien jeune de Série C en manque de confiance deviendra vite une référence.
Erwann Simon
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