al khelaifi (nasser) ben arfa (hatem) (R. Martin/L'Equipe)
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De Lyon à Rennes : Hatem Ben Arfa ou l'art de soigner sa sortie

La carrière pas si tranquille de Hatem Ben Arfa, saison 7, épisode 12. Après d'inattendues déclarations sur son avenir, le milieu français quittera prochainement le Stade Rennais, synonyme d'un nouveau départ à zéro. Il faut dire que dans la carrière pas si tranquille de Hatem Ben Arfa, les histoires d'amour se finissent souvent mal.

À Lyon, un départ qui se règle devant la LFP

Formé à Lyon, Hatem Ben Arfa y montrera l'étendue de son talent au monde. Nous sommes en 2008, Ben Arfa a 21 ans quand parviennent à ses oreilles les sirènes d'un premier départ. Une offre de Marseille arrive sur la table de Jean-Michel Aulas, dont les relations avec Ben Arfa se sont dégradées depuis plusieurs mois. Un accord est trouvé le 29 juin 2008, annonce l'OM, mais le transfert est contesté par Lyon qui estime ne pas avoir obtenu de garanties financières suffisantes de la part de Marseille pour boucler le transfert avant la date butoir du 30 juin 2008. Ben Arfa est pourtant formel : «Quoiqu'il arrive, je resterai à l'OM et je ne rentrerai pas à Lyon», assure-t-il à OM TV le 29 juin. C'est devant la commission juridique de la LFP, saisie, que le transfert se règle finalement le 1er juillet «au prix d'efforts réciproques», annonce la Ligue dans un communiqué. Ben Arfa part fâché de son club formateur, l'accusant notamment de ne pas lui avoir versé des primes promises : «J'ai pu dire mes quatre vérités à M. Aulas, expliquera-t-il plus tard aux Inrockuptibles concernant cette réunion devant la LFP. Je n'avais que 21 ans mais je lui ai demandé où était passée sa parole. Intérieurement, je me disais : "Heureusement que nous ne sommes pas des animaux, sinon je l'aurais tué".»

À Marseille, entre bouderie et crise de colère

Ses écarts de comportement aperçus à Lyon se confirment à Marseille. Le petit prodige disparaît vite du onze d'Eric Gerets, dont il provoque la colère en refusant d'entrer en jeu lors d'un OM-PSG en octobre 2008, moins de quatre mois après son arrivée. À l'été 2009, Gerets est remplacé par Didier Deschamps, qui ne compte pas plus sur le Français. L'heure est donc à un départ, que Jean-Claude Dassier, ancien président marseillais, raconte dans son livre "Connivences". Nous sommes en août 2010, et deux saisons de performances bien ternes viennent de s'achever : «Avec le conseiller et l'avocat de Ben Arfa, j'organise une réunion dans mon bureau pour essayer de trouver une situation honorable. La réunion est brève : Ben Arfa arrive très remonté et me répète qu'il ne jouera plus jamais à Marseille, puis, comme pour me prouver qu'il ne plaisante pas, il pose son bras sur mon bureau et vire tout ce qui s'y trouve. Ben Arfa tourne les talons sans un mot pour ses conseillers. Les ponts sont évidemment rompus.» Il est prêté en août 2010 à Newcastle, qui lève son option d'achat quelques mois plus tard, début 2011.

En Angleterre : débuts idylliques, fin catastrophique

Les premiers ballons touchés par Hatem Ben Arfa en Premier League font resurgir l'espoir d'une brillante carrière. Mais des blessures, des performances de plus en plus décevantes et son caractère toujours aussi trempé éloigneront progressivement des terrains celui qui était devenu le chouchou de St James' Park. Arrivée la saison 2013-2014, les critiques s'empilent à l'encontre du Français. Publiquement pointé du doigt par Alan Pardew - l'entraîneur qui l'a pourtant fait venir en Angleterre - pour son manque de professionnalisme, il se met également à dos certains coéquipiers après avoir manqué un stage de préparation à Abu Dhabi début 2014. Il est finalement prêté à Hull, qu'il quitte après seulement quelques mois, en conflit avec son entraîneur Steve Bruce. De retour à Newcastle plus tôt que prévu, il résilie son contrat et ne retrouvera les terrains qu'à l'été 2015 sous les couleurs de l'OGC Nice.

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Au PSG, le cauchemar et l'entêtement

L'épisode PSG est certainement le plus long et le plus douloureux de la carrière de Hatem Ben Arfa. Arrivé à l'été 2016 après une saison brillante sous le maillot de Nice, Ben Arfa est rapidement relégué sur le banc de touche par Unai Emery. Or, ses précédents à Marseille et Newcastle l'ont montré, Hatem Ben Arfa n'est pas un joueur qui gère bien son statut de remplaçant. Il causera sa propre perte en interpellant directement l'émir du Qatar, propriétaire du PSG, sur sa situation, évoquant son impossibilité de dialoguer avec Nasser Al-Khelaïfi. Un affront que le président parisien n'a pas digéré. Mis à l'écart du groupe, il ne jouera plus la moindre minute jusqu'à la fin de son contrat à l'été 2018, et ce malgré des possibilités de départ. Après coup, il réclamera 7 à 8 millions d'euros d'indemnités au club, qu'il accuse de l'avoir mis à l'écart pour des raisons extra-sportives. Porté aux prud'hommes, le dossier n'a pour le moment toujours pas trouvé d'issue.

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À Rennes, sa sortie «incompréhensible»

Après son aventure cauchemardesque à Paris, Ben Arfa a pris le temps de la réflexion avant d'annoncer son arrivée au Stade Rennais, début septembre 2018. Ses débuts poussifs sont vite éclipsés par une saison aboutie, qui l'amènera notamment à une victoire en Coupe de France symbolique face au PSG et à une nomination pour le trophée UNFP du meilleur joueur de la saison. Mais le nuage sur lequel se trouve Ben Arfa s'assombrit bien vite : le 12 mai, à la suite d'un match nul des Rennais contre Guingamp, il déclare qu'il «ne prend pas de plaisir» et se voit déjà loin de la Bretagne à l'intersaison : «Ces derniers matches me permettent d'avancer dans mon cheminement pour la saison prochaine, déclare-t-il. Je suis orienté par le jeu. Je ne prends pas de plaisir et on doit être guidés par ça. Ce qu'on nous propose, c'est limité, donc ça oriente mon choix.» L'euphorie de la victoire en Coupe de France et les images d'un Hatem Ben Arfa en larmes paraissent déjà bien loin. Ses propos, jugés «incompréhensibles» par son entraîneur Julien Stéphan, froisseront le président rennais Olivier Létang. «Il n'y a pas de joueur, ni aujourd'hui ni dans le futur, qui sera plus important que le club, l'équipe et l'entraîneur», affirmait-il le 17 mai dernier. Deux semaines plus tard, Ben Arfa n'est plus rennais et retourne une énième fois à la case départ.
Alexandre Aflalo
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oskare68 4 juin à 20:04

Il se prend aussi pour une super-star.Il compte lui aussi s'asseoir a la table des Messi et CR7 ?.Un intermittant comme Ney

Silvaneric 4 juin à 17:38

Donc, pour résumer, une seule destination pour ce magicien du football : L'OGC Nice avec qui il a vécu sa plus belle saison et à Nice, il sait qu'on l'aime.

Pelao78 4 juin à 10:27

Sans oublier toutes ses embrouilles hors du milieu du football...c est du football thérapeutique qu il lui faut

jeanpierre13 4 juin à 8:58

Ce garçon aura gâché sa carrière en raison d’un gros problème psychologique et de son entourage. Les 2 allant de paire..Par certains côtés il me fait penser à Balotelli. Du talent mais hélas une personnalité centrée sur un ego surdimensionné et une incapacité à se fondre dans un collectif. Un gâchis.

cm13 3 juin à 21:52

Sa aurai pu être un très grand joueur dans le top 5 des meilleur joueur du monde même le top 3 mais son caractère et un mauvaise entourage font que sa carrière est en demi teinte alternant le meilleur comme le pire dommage pour le football !!!!

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