nicollin (louis) (F.Golesi/L'Equipe)
Disparition

Décès de Louis Nicollin : Seydoux, Baills, Bedimo et d'autres anciens qui l'ont connu lui rendent hommage

Décédé ce jeudi, le jour de ses 74 ans, Louis Nicollin laisse un grand vide dans un foot français qu'il avait marqué de son empreinte depuis son arrivée à la tête du Montpellier HSC il y a plus de quarante ans. Ceux qui l'ont côtoyé, et surtout aimé, lui rendent hommage.

Michel Seydoux, ancien président du LOSC

«On perd un personnage du paysage français»
«J'ai eu la chance de le connaître. C'était quelqu'un qui ne pouvait pas laisser indifférent. Et j'appréciais énormément cette différence, sa manière d'être, de faire, avec une loyauté et une franchise incroyable. Il avait un franc-parler, il était truculent. Cela a marqué les gens. Il aurait pu être un très grand acteur. Il était profondément honnête, que ce soit dans ses sentiments, dans ses attitudes et dans ses joies. Je suis très heureux qu'il ait eu le bonheur de devenir champion de France. C'est un beau cadeau que le Montpellier HSC lui a fait. Avec beaucoup de respect dans ce que je vais dire, il était un peu le dernier brigand. Il faisait partie d'une époque qui est maintenant révolue à cause du football moderne. Loulou était un puriste.

Il était président d'une entreprise importante, il ne faut pas l'oublier. Du coup, c'était quelqu'un qui pouvait encore se distraire avec le football. Ce n'était pas un business pour lui. C'était un hobby dans le sens le plus noble du terme. On avait un respect mutuel. Il avait l'air comme ça d'avoir des gros sabots, mais pas du tout. Il avait beaucoup de finesse. On ne s'est jamais heurté. Quand on n'était pas d'accord, c'était toujours avec beaucoup d'élégance. Quelque part, on perd un personnage du paysage français. Particulièrement du football, mais c'est plus important que le football. Quand vous avez perdu Pagnol, vous avez perdu Pagnol. Et bien Nicollin, c'est une forme de personne qui représente son pays, son amour pour la France.» T.C.
Pascal Baills, complice avec Louis Nicollin. (A.Mounic/L'Equipe)
Pascal Baills, complice avec Louis Nicollin. (A.Mounic/L'Equipe)

Pascal Baills, actuel entraîneur adjoint de Montpellier

«C'est un homme exceptionnel»
«(Dévasté) Je suis sous le choc, KO debout, je ne réalise pas. On était à l'entraînement quand on a entendu qu'il avait fait un malaise cardiaque au restaurant et qu'il avait été admis à Nîmes, mais on n'en savait pas plus. C'est après que j'ai appris qu'il était décédé. C'est terrible. Ça fait trente-quatre ans que je le connais. C'est un homme exceptionnel. Il pouvait avoir des crises de colère, pousser des coups de gueule, avoir des paroles blessantes, mais c'était quelqu'un de très généreux, vraiment une belle personne. Je ne réalise pas. On va s'en rendre compte petit à petit, quand on ne le verra plus.» B.Ro.

Patrice Lair, ancien entraîneur du Montpellier féminin et conseiller du président Nicollin

«Il était tout ce que j'aime dans le football»
«Ce matin, je lui ai envoyé un texto comme d'habitude pour son anniversaire et il m'avait répondu à sa manière... Loulou m'a donné ma chance à Montpellier en 2005-2007. Le football féminin, c'était lui, bien avant Jean-Michel Aulas. Il était venu me chercher pour me confier l'équipe féminine car il voulait un coach pour la Ligue des champions. Il y a deux ans, il m'a rappelé pour être son conseiller. Une fois par mois, on se retrouvait au mas Saint-Gabriel pour causer... Quand le PSG m'a approché l'an dernier, il m'a poussé : "Paris, ça ne se refuse pas !" C'est le seul président en France qui m'ait donné un petit coup de main, il ne m'a jamais oublié. Je lui dois tout. Si je suis connu dans le football féminin, c'est grâce à Loulou. Il était tout ce que j'aime dans le football. Beaucoup de gens doivent être tristes ce soir. Sa figure va manquer...» F.S.
Henri Bédimo avec Louis Nicollin juste avant le match décisif d'Auxerre en 2012. (MOUNIC/L'Equipe)
Henri Bédimo avec Louis Nicollin juste avant le match décisif d'Auxerre en 2012. (MOUNIC/L'Equipe)

Henri Bedimo, champion de France en 2012 avec Montpellier

«On était tous ses enfants»
«Je suis rentré de l'entraînement et j'ai vu l'alerte... C'est vraiment une grosse perte. C'est lui qui m'a directement appelé à l'époque parce qu'il voulait que je rejoigne son équipe (en 2011). Lorsque je suis arrivé, j'y ai trouvé un vrai esprit de famille. Il voulait toujours rassembler les employés du club, les kinés, les intendants, nos femmes, nos enfants dans son mas. C'étaient des bons moments. Je pense à Laurent (Nicollin), son fils, sa femme, sa famille... On était tous ses enfants. Il tapait sur nous quand il n'était pas content, mais c'est parce qu'il nous adorait. Derrière, il avait toujours des mots d'affection envers ses joueurs, que ce soit les anciens ou les nouveaux. C'était vraiment le papa, si tu avais un souci, tu venais le voir. Il te recevait, t'écoutait, s'intéressait à toi, il connaissait le nom de ta femme, de tes enfants...

Il m'a fait gagner un titre que je n'imaginais pas obtenir. Ça restera une fierté toute ma vie. D'ailleurs, avant ce titre, je me souviens, juste avant le match à Auxerre (NDLR : où le MHSC validera son titre de champion), il est passé nous voir. Et il nous a promis de se teindre les cheveux. On a dit chiche. Et il l'a fait. J'ai bourlingué en France, mais c'est à Montpellier que j'ai construit la maison où je vivrai plus tard. Ça veut tout dire sur ce que ce club et cette ville représentent pour moi. Nicollin, c'était l'un des derniers dinosaures.» T.C.

Jérôme Bonnissel, né à Montpellier, formé à la Paillade

«Son décès, pour la région et ailleurs, c'est un tremblement de terre»
«J'étais sur un site Internet qui a raconté son hospitalisation. C'est mon fils, trente minutes après, qui m'a annoncé son décès. Je suis très triste. J'ai joué en équipes de jeunes et j'ai passé mon bac avec son fils Laurent. Le papa, la famille venaient le voir jouer, donc je l'ai connu comme ça. Quand j'étais plus jeune, je peux dire que j'avais des rapports privilégiés avec le président et la famille. Son décès, pour la région et ailleurs, c'est un tremblement de terre. C'était un personnage incontournable. Pas tout le monde n'est capable de créer un club comme lui. La façon dont il l'a façonné, l'a fait gagner et grandir. C'était son bébé.
La première fois que je l'ai vu, j'avais 12 ans. Aujourd'hui, j'en ai 44 donc vous pouvez imaginer... Ça faisait très longtemps que je ne l'avais pas croisé. Malgré tout, on a toujours l'impression que ce genre de personnes font partie de notre quotidien. Vous n'êtes pas avec eux, mais ils sont là. C'est bizarre. On n'a pas l'impression que ce genre de personnes puissent mourir. C'est la sensation que j'ai. Elles semblent immortelles. J'avais l'impression qu'ils pouvaient traverser les années facilement. D'un seul coup, on se rend compte qu'on ne va plus le voir, qu'on ne va plus l'entendre, on ne va plus rigoler de ses déclarations... Je suis très triste.» J.T.
Cédric Barbosa ne l'oubliera jamais. (MANTEY STEPHANE/L'Equipe)
Cédric Barbosa ne l'oubliera jamais. (MANTEY STEPHANE/L'Equipe)

Cédric Barbosa, joueur du MHSC de 1997 à 2003

«C'était un des derniers présidents à mettre de l'argent de sa poche dans un club»
«(Ému) C'est un petit choc. C'est sûrement le meilleur président que j'ai connu. Avec, comme on le connait, ses points positifs et ses points négatifs. J'ai toujours dit que c'était une belle personne. De l'extérieur, les gens le voyaient sûrement différemment parce qu'il avait l'habitude de dire ce qu'il pensait, ou d'affirmer tout haut ce que certains disaient tout bas. Il avait cette faculté d'être comme un père. C'est-à-dire de t'engueuler quand cela n'allait pas, et de te dire des choses plus positives au moment où il le fallait. C'était sa façon de faire et de procéder.

J'ai un souvenir précis qui me vient : dans un journal, il avait lancé "Ce soir, je suis allé au cirque, et dans le rôle du clown j'ai vu Barbosa". J'avais raté un penalty contre Lens alors qu'on jouait le maintien. Quinze jours après, j'ai marqué le deuxième but face à Guingamp, et il a su trouver les mots pour me toucher et me flatter. Disant que j'avais été la personne prépondérante pour le maintien. C'était un des derniers présidents à mettre de l'argent de sa poche dans un club. C'était SON club, c'est lui qui l'a créé. Ça restera l'un des plus forts présidents du foot français, bien évidemment. Il y a deux ans, je suis retourné voir un match face à Caen. J'avais eu l'occasion de le croiser. Il m'avait expliqué que Montpelllier était une grande famille et que si j'avais besoin, il était toujours là pour aider les anciens. Ça représente plus que tout la personne qu'il était.» T.C.

Habib Bamogo, formé à Montpellier et joueur du MHSC de 2001 à 2004

«C'était un président comme il n'y en a plus»
«C'est un véritable choc. J'ai perdu un proche. C'était quelqu'un de très attachant, de très généreux, quelqu'un qu'on n'oublie pas, toujours prêt à aider les autres. Mes premières pensées vont à sa famille. Je leur présente toutes mes condoléances. J'ai aussi une pensée pour tous les gens ou les joueurs passés au club. Tous ont forcément été touchés par Loulou. C'était un président comme il n'y en a plus, qui aimait profondément son club, qui était prêt à tout pour son club. Il était atypique, il disait ce qu'il avait à dire, tout ce qu'il avait envie de dire, il ne mâchait pas ses mots, mais c'est aussi pour ça qu'on l'aimait. Toutes les personnes passées par le MHSC, en tant que joueur ou pas, il les aimait forcément. Il avait différentes façons de le montrer, surtout quand t'es joueur, mais même s'il te criait dessus, tu savais qu'au fond de lui il t'aimait. Moi, j'ai grandi là-bas, j'ai été formé là-bas, j'ai fait mes débuts pros là-bas, et c'est là-bas que j'ai explosé. Pour l'instant, j'ai dû mal à y croire, même s'il va bien falloir s'y faire.» B.Ro.

Franck Passi, ancien joueur de Montpellier entre 1983 et 1986 (par SMS)

«La seule chose que j'ai envie de vous dire, c'est que le foot français a perdu un personnage important, et un grand président.» T.C.

Rudy Riou, joueur du MHSC entre 1997 et 2004

«La personne à qui j'étais le plus redevable dans le football»
«Une très très grande personne nous quitte. Je suis très touché. Loulou était la personne à qui j'étais le plus redevable dans le football, quelqu'un qui, humainement était au sommet. Mon premier contrat professionnel, c'était avec lui. À Montpellier et avec Loulou, j'ai appris toutes les valeurs essentielles de la vie.» P.M.

Nenad Dzodic, joueur du MHSC de 1997 à 2004 et de 2007 à 2011

«Mon président Louis Nicollin est parti aujourd'hui. C'était un personnage mais surtout un homme de coeur et un homme de parole. Je suis profondément affecté par sa disparition. Mes pensées vont à sa femme et ses fils.» K. K.
Timothé Crépin , Pierre Martin , Bruno Rodrigues , Johan Tabau , Frank Simon  et Kilian Kerbrat 
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samirboulhram 30 juin à 8:54

Le titre est finement choisit...Mes condoléances à la famille !

florent02 29 juin à 21:53

Dure semaine. Après Paille, le président de La Paillade.Triste pour les fans du MHSC, toutes mes pensées pur vous.