Grégoire Defrel en action. (L'Equipe)

Defrel, le Français qui monte en Italie

Son nom ne vous dit sans doute rien et pourtant Grégoire Defrel est le troisième meilleur buteur français de Serie A, derrière Jérémy Ménez et Cyril Théréau. Arrivé en Italie sans aucune expérience dans le monde pro, ce jeune garçon de 23 ans, originaire de Châtillon, commence à véritablement se faire un nom de l'autre côté des Alpes. Présentation. (Foto A.C. Cesena)

Pogba, Ménez, Rami, Mexès, les Français ne manquent pas en Serie A. Grégoire Defrel, 23 ans, fait partie de ceux-là. Cette saison, il découvre ainsi la Serie A sous les couleurs de Cesena. Pour en arriver-là, ce petit gars des Hauts-de Seine (92), qui porte le même numéro que son département d’origine, en a bavé et a surtout beaucoup bossé. «J’ai commencé tard le foot, nous a-t-il avoué. J’ai toujours joué dans ma ville de Châtillon où je n’ai jamais vraiment évolué plus haut qu’en District. J’ai fait toutes les catégories là-bas. Vers 17-18 ans, j’ai eu des contacts pour bouger dans des clubs plus huppés de la région comme Montrouge mais j’aimais bien rester dans mon quartier et je n’ai jamais vraiment voulu partir de Châtillon.» Heureusement pour lui, Souleymane Doukara, aujourd’hui à Leeds et à l’époque en Italie, évoque le cas de Grégoire à son agent. S’en suit un match de recrutement organisé à Châtillon où cinq-six joueurs sont sélectionnés. Et Greg est choisi. Direction Parme pour lui. Les autres Monza en Serie C.

«Mon essai devait durer trois jours, c’est ce que le club m’avait dit, se rappelle-t-il en se marrant. J’avais d’ailleurs prévenu mes parents et les dirigeants m’avaient indiqué que même si j’étais retenu je pouvais rentrer en France récupérer mes affaires. Je restais, je restais, je ne comprenais pas trop. Ça a duré une semaine comme ça et je ne suis plus jamais rentré (rires).» C’est finalement le paternel qui lui apportera ses affaires.

Installé depuis six ans de l’autre côté des Alpes, le jeune Français se sent aujourd’hui vraiment à l’aise. «Franchement, c’était compliqué au début, se remémore-t-il. J’étais au centre avec d’autres jeunes mais je me retrouvais souvent tout seul. Ça a duré pas mal de temps. Il m’a fallu une année pour tout comprendre quand on me parlait. Maintenant, la langue ça va. Je parle bien, je comprends. Les premiers mots que j’ai appris en italien c’était surtout des trucs de foot parce que j’étais matin, midi et soir sur le terrain. Le mot ''gol'' (qui veut dire but en français, ndlr), celui-là, je l’ai appris assez vite (rires).» Ça se voit, cette saison, il en a déjà inscrit quatre. Soit autant que la saison dernière en Serie B en 42 matches et soit aussi 30% des buts de son équipe.

 Une équipe qui compte quand même dans ses rangs Hugo Almeida (ex-Porto, Werder Brême, Besiktas). L’international portugais reste, lui, désespérément scotché à zéro unité. «Je suis content car je ne suis pas un grand buteur, savoure celui qui évolue généralement en neuf et demi. Le maximum de buts que j’ai inscrit en une saison, c’est cinq, donc ça va. Ça me fait plaisir.» Malgré son canonniere français, Cesena ne décolle pas. L’équipe d’Emilie-Romagne va ainsi passer les fêtes de fin d’année à une peu envieuse 19e place, à déjà six points du premier non-relégable, l’Atalanta. «On avait bien commencé avec une victoire tout de suite contre Parme (la seule en Championnat, ndlr), mais depuis, c’est vrai qu’on est en difficulté. On va essayer de se refaire. L’objectif est quand même de se maintenir.» Pour le moment, cela semble mal parti.

Néanmoins, Grégoire Defrel réussit plutôt bien son adaptation à ce Championnat. Il a gagné le respect des tifosi, et celui des joueurs. «C’est bizarre d’être plus connu en Italie qu’en France, mais j’espère que je vais réussir à faire parler de moi, explique celui qui est sous contrat avec Cesena jusqu’en juin 2017. La Serie A, c’est une belle vitrine pour moi, j’espère saisir ma chance.» Pour le moment, il a au moins réussi à saisir quelques maillots sympas. «Quand je croise un Français, je lui demande sur le terrain. Généralement, si tu lui parles français, il comprend tout de suite. J’ai eu Ménez, Théréau, Rami, Niang, Yanga-Mbiwa. J’ai demandé à Pogba aussi mais comme il n’avait pas joué le match, il n’a pas pu me le donner.» Il aura toutefois rapidement l’occasion de réparer cet impair, la Juventus Turin débarque à Cesena le 15 février prochain. 

Tanguy LE SEVILLER (@tang_foot)