Stade de France (R. Martin/L'Equipe)
Coupe de la Ligue - Finale

Délaissé par la finale de la Coupe de la Ligue entre le PSG et Monaco, le Stade de France est-il (déjà) has been ?

La finale de la Coupe de la Ligue entre l'AS Monaco et le PSG se disputera au Parc OL ce samedi soir. Et non au Stade de France. Une enceinte qui est peut-être en train de perdre de sa superbe. Un rapport du Sénat préconise même de lui venir en aide très vite.

Comme ça, sur le papier, c'est peut-être un non-événement. Et pourtant. C'est une situation qui pourrait faire changer bien des choses dans un futur proche. La finale de la Coupe de la Ligue a quitté le Stade de France cette saison pour rallier Lyon et son Parc OL tout beau, tout neuf ce samedi soir. Une première depuis l'édition 1997-98 et la première finale disputée en Seine-Saint-Denis entre le PSG et Bordeaux (2-2 a.p., 4 t.a.b. à 2).
«Ce n'est un secret pour personne de dire que c'est cher de jouer au Stade de France»
Un changement de lieu qui résulte d'une volonté de la Ligue de football professionnel d'aller «à la rencontre de nos fans qui ne sont pas qu'à Paris mais aussi en province», précise Didier Quillot, directeur-général exécutif de la LFP. Pour choisir, l'instance a lancé en début de saison un appel d'offres pour accueillir la finale de la Coupe de la Ligue. «Six ou sept stades ont répondu, dont le Stade de France», détaille Quillot. Et à ce petit jeu, le Parc OL a été retenu pour l'édition 2016-17. Bordeaux (2017-18) et Lille (2018-19) participeront également à la fête.

Et le Stade de France dans tout ça ? «Peut-être n'a-t-il pas trop pris au sérieux notre consultation, s'interroge encore Didier Quillot. Mais il n'avait pas la meilleure offre. Son modèle économique est moins intéressant que certains stades. Ce n'est un secret pour personne de dire que, même si son attractivité n'est pas en baisse, c'est cher de jouer au Stade de France. On a retenu une autre solution pour une raison économique, mais aussi parce qu'on voulait délocaliser cette finale.»

«Le Stade de France est totalement obsolète en termes de services aux spectateurs»

Quasiment vingt-ans après sa création, l'enceinte francilienne ne souffrirait-elle pas de la concurrence des nouveaux stades français ? Le Parc OL, le Matmut Atlantique, l'Allianz Riviera, les rénovations des stades Vélodrome et Geoffroy-Guichard, le stade Pierre-Mauroy... En clair, le SDF ne serait-il pas déjà has been, un peu vieillot pour le foot moderne ? «Mais bien sûr, confirme Bernard Caiazzo, le président du conseil de surveillance de l'AS Saint-Étienne. Allez au Stade de France et demandez un sandwich : à l'Euro 2016, il fallait au moins une heure pour en avoir un ! En vivant l'expérience stade dans des enceintes modernes, on constate qu'il est totalement obsolète en termes de services aux spectateurs. C'est le jour et la nuit.»
Florent Balmont : «Le Stade de France reste un endroit mythique»
Pourtant, le SDF conserve toujours une certaine cote. Il suffisait de tendre l'oreille aux abords et dans l'enceinte lors de France-Espagne mardi dernier pour constater que, chez les spectateurs, ce stade a toujours de la valeur. Et chez les joueurs ? «Pour moi, ça reste un endroit mythique, s'enthousiasme Florent Balmont, le milieu de terrain de Dijon, qui s'est rendu trois fois à Saint-Denis avec Nice (Coupe de la Ligue 2005-06) et Lille (Coupe de France 2010-11 et Coupe de la Ligue 2015-16). Notamment par rapport à ce qu'il s'est passé en 1998. Ce stade reste à part. Lyon, on s'y rend en Championnat. Le Stade de France, on n'y va pas tous les week-ends ; pour disputer une finale, ça reste fort. La délocalisation de la finale ? C'est toujours agréable de jouer dans des stades pareils. Mais ça fait peut-être moins prestige.»

Il doit muscler son jeu

Alors que faire ? Faut-il venir en aide au soldat Stade de France ? La réponse semble être oui, bien évidemment. Pas question de laisser une enceinte de 80 000 places à la dérive. Dans un rapport du Sénat du 22 février, ce dernier établit dix-sept propositions pour «muscler le jeu» (remember Aimé Jacquet) du football professionnel. Tout en se posant une question claire : à quoi sert le Stade de France ? «Celui-ci subit les outrages du temps et ne répond plus aux meilleurs standards du secteur faute d'investissement», précise ce rapport qui ouvre une réflexion intéressante pour le confort des fans. «Si l'existence d'une piste d'athlétisme constitue un atout pour la candidature de Paris pour les JO 2024, elle représente également un obstacles difficilement franchissable pour le confort des spectateurs, beaucoup plus éloignés de la pelouse qu'ils ne peuvent l'être dans un stade comme le Parc des Princes.»
Vers la suppression de la piste d'athlétisme ?
Le rapport regrettant ensuite le fait que les fédérations de football et de rugby soient désormais tentées de «décentraliser certains de leurs matches en régions» comme donc la Coupe de la Ligue pour les trois prochaines finales. Le Sénat préconise donc, à terme, de supprimer la piste d'athlétisme «en reconfigurant les tribunes, en rénovant la gestion des fluides, en mettant à jour la sécurité interne et en repensant les salons consacrés aux hospitalités.»

Coût estimé : 400 à 500 millions d'euros ! Avec, en toile de fond, la remise en cause du contrat de concession avec l'État qui s'achève en 2025. «Il faudrait se bouger sérieusement et réinvestir pour en faire un stade conforme à la modernité, prévient Bernard Caiazzo. N'oublions pas que le Stade de France, c'est le stade de la France, qui représente notre pays ! Si on compare par rapport aux autres grandes capitales, c'est une catastrophe ! C'est notre image qui se dégrade à l'étranger.»

Foot et rugby vers un mariage de raison ?

Puisque Bernard Laporte, le nouveau président de la Fédération française de rugby, a abandonné le projet de grand stade pour le ballon ovale, l'idée serait alors de rapprocher les entités foot (FFF, LFP) et rugby (FFR, LNR) pour bâtir un modèle d'exploitation plus viable pour le SDF. Caiazzo, le Président du conseil de surveillance des Verts, voit en tout cas d'un bon œil une possible alliance entre le football et le rugby. «Les Fédés qui s'entendent, ça peut être une bonne idée. Je pense que plus l'état français se désengagera, mieux ce sera. Si le secteur privé est capable de mieux faire et de mettre en place un modèle économique correct, autant le laisser faire.» Il n'en reste pas moins que la pérennité du Stade de France passera sûrement, si ce n'est forcément, par l'arrivée d'un club résident. Et ça, ce serait un sacré événement.
Timothé Crépin 
(avec Laurent Crocis)
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GERRY 31 mars à 15:13

Je suis allé deux fois au SDF. pas d'émotion particulière. Je trouve ce stade triste, pas d'ambiance. Il a été loupé. On est loin du NOU CAMP.....J'ai beaucoup plus de plaisir à la Beaujoire. Même si l'on prétend ce stade également "has been".

liloifrancé 31 mars à 12:55

c'est surtout qu'il faut arrêter de systématiquement retenir le SDF et le Parc pour recevoir les matches lors des Euros ou mondiaux.Il faut laisser un peu de place aux autres stades provinciaux.