le sommer (eugenie) (HERVIO JEAN MARIE/L'Equipe)
Euro (Femmes)

Des Bleues en mission

Après six mois de sommeil forcé en raison de la crise sanitaire, l'équipe de France féminine entame ce vendredi à Subotica contre la Serbie la première partie de sa mission. Avec un objectif unique : s'imposer pour se rapprocher de la qualification pur l'Euro, décalé à l'été 2022.

La dernière fois qu'on les a vues, un 10 mars contre les Pays-Bas (3-3), elles avaient levé haut dans le ciel étoilé du Nord le trophée de ce Tournoi de France, dans au stade du Hainaut, déjà à huis clos pour cause de crise sanitaire à venir. Six mois se sont écoulés depuis et le groupe de Corinne Diacre a quelque peu évolué. Entre blessures (Renard, Henry, Mbock, Tounkara et Geyoro) et carrière internationale mise entre parenthèses (Bouhaddi), ce ne sont pas moins de six absences que les Bleues déplorent. Et trois nouvelles entrantes (la gardienne Munich, la défenseuse Thibaud et l'attaquante Malard) dans cette équipe qui continue de rajeunir.

Voir aussi : 
- La liste des 23 Bleues pour ce rassemblement

L'heure n'est pourtant pas aux essais mais désormais à la poursuite des éliminatoires de l'Euro en Angleterre, tournoi repoussé d'un an, en 2022. Tout a bien commencé en 2019 avec des victoires au Kazakhstan (3-0) et contre la Serbie (6-0). Corinne Diacre, la sélectionneuse, a d'emblée défini le cadre de cette semaine internationale : faire le plein de points en Serbie ce vendredi et mardi en Macédoine du Nord, pour recoller au classement sur l'Autriche, leader avec 12 points. À la veille du premier match programmé à Subotica contre les Serbes, le moral des Bleues était bon, après cinq séances d'entraînement collectif. «J'ai vu des filles très investies, a expliqué Diacre, des joueuses à niveau égal sur le plan physique, beaucoup d'intensité aussi». Rassurant donc.
Une défense inédite, une Le Sommer record ?
Pareil sur le plan de la charnière centrale, qui sera forcément inédite pour affronter la Serbie puisque Renard, Mbock et Tounkara ne sont pas de ce rassemblement. Annaïg Butel, Julie Thibaud, Elisa de Almeida et Estelle Cascarino se battent donc pour constituer cet attelage. «Quatre joueuses très performantes à l'entraînement. Mon choix n'est pas complètement défini mais ça se précise», a lâché celle qui connaît parfaitement ce poste pour l'avoir occupé lorsqu'elle était encore joueuse. Alors, part-on pour un binôme bordelais (Cascarino-Thibaud) ?

S'il est un secteur qui ne pénalise pas les Bleues, c'est bien le domaine offensif, avec pas moins de neuf joueuses présentes. «J'ai l'embarras du choix, a expliqué Diacre. Cela nous offre pas mal de solutions, il faudra que je trouve la bonne.» Dans un possible 4-2-3-1, on peut imaginer Majri et Cascarino sur les côtés, Katoto sur la même ligne et Le Sommer ou Gauvin en pointe. Mais Kadi Diani, la Parisienne, peut aussi occuper le couloir droit. «Je vais privilégier les performances du moment et ce que j'ai vu sur le stage, on lancera les joueuses les plus en forme», a simplement annoncé la sélectionneuse. Qui pourrait aussi bien partir sur une autre animation en 4-3-3. «On a la qualité et la quantité dans ce secteur mais aussi des joueuses polyvalentes, fraîches et performantes. Et des scenarii différents en tête.» Un vrai plus effectivement face à des Serbes dont on ne sait pas si elles proposeront un bloc bas face à cette puissance offensive annoncée ou bien plus médian, comme lors du match aller l'an passé à Bordeaux.

«Doyenne» de ces Bleues (31 ans, 170 sélections et 80 buts) en l'absence de Bouhaddi, l'attaquante lyonnaise Eugénie Le Sommer essaie de ne pas trop penser au record de buts qu'elle codétient pour l'instant avec Marinette Pichon. «C'est forcément un peu dans un coin de ma tête... Si je marque, tant mieux, sinon, tant pis ! On veut être les plus performantes possibles sur ce match.» En l'absence des cadres (Henry, Bouhaddi, Renard), Le Sommer - l'une des vice-capitaines du groupe - joue aussi naturellement le rôle de leader. «Je conseille, j'essaie de corriger des choses sur le terrain, de mettre les joueuses à l'aise, de faire le lien avec le staff. Mais ça ne change ni ma personnalité ni mon jeu ! C'est quelque chose qui vient naturellement. Par ailleurs, je ne suis pas la seule dans ce cas. Je prends mes responsabilités par rapport au groupe.» Rendez-vous ce soir à partir de 21 heures pour la première des six étapes européennes des Bleues d'ici début décembre. Un seul mot d'ordre : la victoire.
Frank Simon
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