toko (nambatingue) (L'Equipe)
L'Afrique c'est foot

Des nouvelles de la Vieille Garde du PSG

Merci La Chaîne L'Équipe, qui depuis plusieurs semaines, propose des rediffusions de vieux matches de l'histoire du football français. Ce qui a nous permis de renouer avec Locotte et Toko, deux légendes du PSG des années 1980.

Ça nous a pris comme ça, en pleine redif de PSG-Saint-Etienne, mardi soir. En revoyant Saar Boubacar «Locotte», international sénégalais du PSG, aux côtés de Dieudonné Nambatingue Tokomon, dit Toko, immense attaquant tchadien d'avant-Japhet Ndoram.

Deux grands, devenus avec le temps et les années, deux amis très chers. Mais il arrive parfois que l'on s'éloigne, distance et travail oblige, de nos amis. Alors je les ai recontactés. Locotte est confiné à Dakar, où il vit plusieurs mois par an. Il n'a pas pu rentrer en région parisienne lorsque le confinement a été décrété. Mais il va bien, merci pour lui. Heureux d'apprendre qu'au moment où l'on échangeait, il était là, sur l'écran, à attaquer l'arrière-garde de Saint-Etienne. Une belle conversation avec un homme d'une bonté et d'une générosité absolues.
Toko rit, demande des nouvelles des uns et des autres. Évoque Michel Denisot qui l'a appelé...
Ce n'est que mercredi, le lendemain, et quelques heures avant la rediffusion de PSG-Nantes 1983, inoubliable finale, spectaculaire à souhait, que l'on a pu échanger avec Toko. Que l'on a totalement perdu de vue depuis un petit moment. On l'avait recroisé voici quelques années un jour de match en région parisienne, où il était venu soutenir son Tchad en amical contre la Guinée (victoire 2-1, but victorieux de Casimir Ninga), alors dirigé par Luis Fernandez, son ancien collègue du PSG. Depuis, plus rien.

Désormais installé à Vallauris, où il vit seul, Toko est lui aussi retraité. Mais surtout, en rémission après avoir été atteint par la maladie du siècle, qui l'a touché à la gorge. Au téléphone, la voix autrefois éraillée de Toko se fait plus claire. Il rit, demande des nouvelles des uns et des autres. Évoque Michel Denisot qui l'a appelé. Annonce qu'il va téléphoner à des connaissances communes, du côté de l'ASEC d'Abidjan. Lui aussi s'est promis de regarder un peu cette finale 1983 dont il connaît le scénario par cœur. A la pause, son PSG est mené 2-1 par les Canaris mais le «Papet» Susic égalise à deux partout, avant d'offrir une passe en or au Tchadien, qui délivre le club de la capitale en inscrivant le troisième but, synonyme de victoire !

On a quitté Locotte et Toko en se disant qu'on les rappellera très vite et surtout, très bientôt. C'est aussi l'une des choses que ces temps d'incertitudes nous ont appris. Se soucier plus que jamais de l'Autre, éloigné ou pas. Prendre des nouvelles, en donner aussi. Et puis, se souvenir des jolies choses. Le PSG 1983 et ses Africains -on a oublié de mentionner Mouss Dahleb, inclassable de talent– font justement partie de notre panthéon, des années d'insouciance...

Frank Simon
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RensenbrinkRIP 23 avr. à 22:46

A propos de Toko, il y a aussi ce but en ciseau lors du 1er match européen du PSG au parc (contre le Lokomotiv Sofia en 82) et sa phrase mythique au journaliste G. Dominique qui lui demandait « C’est le plus beau but de votre carrière ? » et auquel il a répondu « Benh non ! Vous me connaissez. J’ai marqué des plus beaux buts que ça, quand même ?». Le Tchad est l'un des pays les plus pauvres au monde (selon la Banque mondiale) et a aussi produit le merveilleux Japhet N'Doram.

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