Aleksander Ceferin, le président de l'UEFA, durant une conférence à Belgrade (Serbie), le 31 mars 2017. (A. Bronic/Action Images) (L'Equipe)
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Détournements de fonds, UEFA, corruption : scandale en Ukraine

En proie aux scandales de corruption et de blanchiment d'argent depuis la nuit des temps, le football connaît une nouvelle vague, à l'Est cette fois-ci. Ce mercredi, le quotidien suisse L'Illustré révèle une affaire tumultueuse qui mêle la fédération ukrainienne, ses acteurs et l'UEFA.

«Liaisons dangereuses à l'UEFA» : voici le titre exact de l'article publié ce mercredi par le journal suisse L'Illustré. Une enquête menée par Arnaud Bédat qui révèle une nouvelle affaire trouble dans le football mondial, en Ukraine. L'histoire commence en juillet 2017, quand la Fédération de football ukrainienne se voit accorder une aide à hauteur de 4 millions de dollars par l'UEFA. Jusque-là, tout va bien, alors que le pécule est destiné au développement du football, mais prend finalement la direction d'une mystérieuse fabrique de gazon artificiel qui apparaît... «sous le contrôle d'Andriy Pavelko» président de la fédération ukrainienne (FFU) et homme politique (il est membre du parlement). Pavelko est lié à SDT-FZE (une desdites sociétés pour le gazon, basée au Moyen-Orient) via le secrétaire général de la FFU. De quoi ramasser un joli pactole, «destiné à son usage personnel – de l'ordre de 20%». Un détournement de fonds simplifié par les connexions d'Andriy Pavelko, qui jouit d'une impunité forcément agaçante. Car au moment où une enquête au sujet du président de la fédération est lancée, l'omnipotent Pavelko peut compter sur son réseau : «Une enquête sur Pavelko ? Pas de souci, le procureur anti-corruption ukrainien Nazar Kholodnitskiy, chargé du dossier, est un proche. Les deux hommes s'affichent ostensiblement ensemble. [...] On n'est jamais aussi bien servi (et visiblement protégé) qu'entre amis.» Photo à l'appui.

Et l'UEFA, dans tout ça ?

Le football, lui, est déjà habitué aux brebis galeuses et aux malversations financières. Là, c'est donc la question des instances suprêmes, et surtout l'UEFA, que se pose L'Illustré : «L'UEFA victime d'un détournement de fonds de plusieurs millions, que fait l'instance dirigeante du football européen pour éviter que ses subsides ne soient détournés de leur destination ?» À vrai dire pas grand-chose, d'autant plus que le journal suisse révèle une autre casquette de la carrière d'Andriy Pavelko : membre du conseil d'administration d'une société d'événementiel de l'UEFA. Un «mélange des genres» troublant, sauf pour l'instance qu'Aleksander Ceferin dirige, lui qui s'était positionné en moralisateur et en protagoniste numéro un de la tolérance zéro. «À l'UEFA, la transparence semble avoir ses propres limites», narre L'Illustré, dont plusieurs sollicitations sont restées sans réponse. L'affaire, elle, noircit une nouvelle fois le sombre roman moderne du ballon rond, dont les patrons semblent peu déterminés à le sortir de ce marasme mafieux...
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