(L'Equipe)
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Didier Drogba, la der du «Dai Zoko national»

Didier Drogba s'apprête à disputer son dernier match de compétition officielle avec le Phoenix Rising, en finale de l'USL Cup. Cela méritait bien de s'y attarder.

En France, il sera deux heures du matin quand Didier Drogba, 40 ans, entamera au Lynn Soccer stadium de Louisville, dans le Kentucky, les 90 dernières minutes d'une longue carrière professionnelle, débutée au Mans dans un autre siècle. Une finale d'USL Cup face au Louisville City, avant de clore -on l'espère par un dernier titre- le long chapitre de sa vie de joueur. Evidemment, l'évènement n'est pas sans provoquer une certaine émotion chez ceux -et nous comptons parmi eux- qui ont suivi, de près ou de loin, l'idole ivoirienne et africaine, capitaine de ce Rising qui rêve d'intégrer lui aussi la MLS.
Nous étions déjà du lot quand Drogba, le neveu du grand Michel Goba, n'était encore que le quinzième homme d'un match amical à Orléans face au PSG et que la Ligue Nationale ne le connaissait que sous le nom de Didier Drogba Tebily (oui, oui, comme son cousin Olivier, ancien pro). Du Mans à Phoenix, Arizona, dans ce qui constitue l'antichambre (mais sans passerelle sportive) de la MLS nord-américaine, Didier Drogba a donc préparé à son rythme la fin de sa carrière de joueur et sa reconversion en qualité de dirigeant. Parmi d'autres activités.
A quarante ans, Drogba demeure naturellement un grand compétiteur et un sacré bosseur.
Auteur de 10 buts en 14 apparitions l'an dernier, il affiche encore cette année de jolies statistiques, à quarante ans révolus : 11 matches et 7 buts, en particulier dans la phase des play-offs. C'est lui qui a d'ailleurs marqué le but décisif en finale de Conférence dimanche passé face à Orange County (2-1). Celui que les Ivoiriens ont surnommé le Dai Zoko National, qu'ils aperçoivent au quotidien sur des panneaux publicitaires dédiés à une boisson houblonnée ou encore dans des spots à la télévision, demeure naturellement un grand compétiteur et un sacré bosseur. Sa joie à l'issue de la victoire la semaine dernière n'était pas feinte et les jeunes du Rising ont eu un joli modèle deux années durant.
Alors, que restera-t-il du passage du joueur Drogba ? Des dizaines de buts somptueux, en clubs et avec les Eléphants bien sûr. Des célébrations, de grands moments aussi, et puis des phrases historiques comme l'appel à la paix et à la réconciliation lancé à Khartoum fin 2005, pour la première qualification à une Coupe du monde. «Enjoy, have fun !». Fais-toi plaisir, amuse-toi. Voilà les mots qu'on a envie de lui adresser, à quelques heures d'un baisser de rideau qui n'est finalement qu'un au revoir. On imagine déjà que ses adieux, sous forme de jubilé, seront somptueux. A l'image de celui qui restera, au même titre que Milla, Weah et Eto'o, comme l'un des tout meilleurs joueurs et attaquants de l'histoire du football africain, et mondial.
Frank Simon
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