(L'Equipe)

Diego Forlan (Uruguay), nouvel épisode de nos 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde

1er avril - 14 juin : dans exactement 74 jours, débutera le Mondial 2018 en Russie. Jusqu'au coup d'envoi, FF vous livre, par ordre alphabétique, sa liste des 100 joueurs qui ont marqué l'histoire de la Coupe du monde. Vingt-septième épisode avec Diego Forlan.

Son histoire avec la Coupe du monde

Les magnifiques buts de Diego Forlan ont évidemment marqué l’histoire de la Coupe du monde. Mais au-delà de ses six réalisations lors des éditions 2002 et 2010, c’est sa performance du Mondial sud-africain qui a marqué les esprits. L’Uruguay faisait son retour en Coupe du monde après avoir manqué celle de 2006 en Allemagne, et comptait entre autres sur son attaquant fétiche pour faire bonne figuration. L’avant-centre, alors à l’Atlético Madrid, n’a pas déçu : il a été le principal artisan du très beau parcours de la Céleste, qui a terminé quatrième de la compétition. Sa puissance athlétique et sa précision chirurgicale devant le but ont fait des ravages, tandis que son leadership servait de parfait relais à Diego Lugano, le capitaine uruguayen. Co-meilleur buteur de la compétition avec cinq buts, Forlan a été élu meilleur joueur du Mondial grâce à l’importance de ses réalisations et sa qualité technique. Un beau parcours qui gommait en partie la performance de son pays en Corée du Sud et au Japon huit ans plus tôt, où l’Uruguay, placé dans le groupe de la France, avait été éliminé dès les phases de poules. Malheureusement pour lui, il a terminé son aventure mondialiste par une élimination au stade des huitièmes de finale face à la Colombie en 2014 avant de mettre un terme à sa carrière internationale.

Le moment marquant

Tous les buts inscrits par Diego Forlan en Coupe monde mériteraient qu’on s’y attarde. Mais si l’un d’entre eux devait se dégager, ce serait certainement celui marqué contre l’Allemagne lors de la petite finale en 2010. Les deux équipes sont à égalité en début de seconde période (1-1), le moment choisi par l’ex-Mancunien pour réaliser son œuvre d’art. Après un une-deux avec Luis Suarez, le milieu Arévalo Rios s’infiltre sur le côté droit de la défense allemande, voit son coéquipier démarqué à l’entrée de la surface et lui adresse un centre à mi-hauteur. Diego Forlan ne se pose alors aucune question et reprend de volée, le cuir se logeant sous la barre d’Hans-Jörg Butt, scotché sur sa ligne. Les Uruguayens vont finalement perdre ce match 3 à 2 et seront privés d’une place sur le podium. Consolation pour Diego Forlan : sa réalisation face aux Allemands a été élue «plus beau but de la compétition» par la FIFA.

Le chiffre : 3

Comme le nombre de buts inscrits par Diego Forlan en dehors de la surface de réparation lors de cette Coupe du monde sud-africaine. Il devient à cette occasion le premier joueur depuis Lothar Matthäus, en 1990 en Italie, à réaliser cette performance. Ces trois buts sont intervenus face à l’Afrique du Sud (tir lointain sous la barre), contre le Ghana (coup franc flottant) et les Pays-Bas (frappe flottante).

L'archive de FF

Quelques jours après le tournoi, FF revenait sur «l’été de superstar» de l’avant-centre madrilène : «Au sujet de Diego Forlan, une phrase de Jorge Valdano était restée célèbre : ‘S’il était argentin, il serait une énorme star du football et tous les clubs se l’arracheraient…’. Voilà, une grande carrière au conditionnel, cela semblait être la destinée écrite pour Diego Forlan, qui n’avait pas su saisir sa chance à Manchester United, entre 2002 et 2004, son seul passage dans un vrai très grand club. Cette année, à l’Atlético, il surfait sur le printemps en pleine forme, suffisant pour confirmer un talent reconnu, pas pour changer de statut. On connaît la suite, cette Coupe du monde stratosphérique et ce titre de meilleur joueur du Mondial, récompensant enfin à sa juste valeur ce grand talent souvent sous-estimé. Depuis cette fille aventure sud-africaine, la vie de l’Uruguayen a changé. Ses exploits avec un club qui ne fait pas partie du gotha européen, puis avec une sélection disparue de l’élite depuis un demi-siècle, lui ont donné l’image d’un Robin des bois du foot. Et, bien entendu, c’est d’abord son pays qui l’a célébré. Elu meilleur sportif uruguayen de l’année, le héros céleste donne de sa personne, au sein d’une nation un peu honteuse de ne pas l’avoir remarqué à ses débuts. Elle l’a tout de même accueilli comme une ‘rock star’, et a remercié son joyau d’avoir vécu un été enchanté».

Joffrey Pointlane