(L'Equipe)
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Dumas : «La CAN 2019, priorité de la Guinée Equatoriale»

Conseiller de la Fédération équato-guinéenne depuis quelque temps déjà, Franck Dumas est désormais le sélectionneur du Nzalang, 145e au classement FIFA et 41e en Afrique. Loin du football français, l'ancien coach de Caen et d'Arles-Avignon passé très brièvement par le MAS de Fès au Maroc a accepté d'évoquer son quotidien au lendemain d'un match au Kenya.

«Franck, racontez-nous déjà votre récent déplacement au Kenya (défaite 1-0 en match amical)...
Ça a été un voyage catastrophique, avec deux heures de retard ! On a dû faire une escale de nuit en Ethiopie pour récupérer nos billets pour la destination finale avant de rejoindre Nairobi. Sur place, pas de comité d'accueil, on a même dû s'acquitter des visas. Nouveau retard ! A l'arrivée, on a joué à 45 minutes de Nairobi, à Machakos, sur un terrain indigne de ce nom. L'arbitrage 100% kenyan était totalement affligeant. Incompréhensible. Le central a même reconnu qu'on aurait dû bénéficier d'un penalty. Mais à la place, il a mis un avertissement au joueur fauché.

Au-delà de la défaite, que retenez-vous de ce match livré face à votre compatriote Sébastien Migné ?
Ce n'était pas une date FIFA et j'avais sept de mes titulaires absents car déjà en congés. Donc cela m'a donné l'opportunité d'accorder du temps de jeu à d'autres. Nous avons fait jouer quatre U20. On va faire un mix entre les jeunes et les expérimentés. C'est aussi l'occasion de mettre en place une organisation. Je n'aurais sans doute pas réagi pareillement si cela avait été un match officiel !

Justement, vous affrontez le Soudan le 7 septembre en éliminatoires de la CAN, dans un groupe qui comprend également Madagascar et le Sénégal...
L'objectif fixé, c'est de disputer la phase finale de la Coupe d'Afrique des Nations l'an prochain au Cameroun. C'est la priorité. 95% de mes joueurs sont expatriés. Il faut protéger la sélection A tout en travaillant en interne à faire progresser les locaux. A nous de mettre en place une équipe très compétitive autour du capitaine Emilio Nsue (APOEL Nicosie).

Etes-vous également responsable de la sélection locale ?
Non. Elle était dirigée par Rodolfo Bodipo lors du dernier CHAN au Maroc. Je m'occupe des A. Après, le destin des A et des locaux est lié puisque plusieurs joueurs du Championnat sont appelés à rejoindre mon groupe. A ce sujet, le Championnat national débute ce week-end et c'est une bonne chose. Cela va nous permettre de tourner et de voir les clubs, discuter avec les joueurs.
«Ça n'a rien à voir, c'est vrai, avec le métier de coach de club. Mais j'aime m'occuper de tout».
Comment préparerez-vous le match à domicile contre le Soudan ?
On va essayer de disputer un match de préparation avant septembre. On en a besoin, même si je trouve que le groupe est de qualité. A nous d'accompagner les joueurs, de les guider. Notre chance, c'est qu'il y a des Equato-guinéens partout !

Sélectionneur national, c'est une découverte. Avec qui travaillez-vous ?
Ça n'a rien à voir, c'est vrai, avec le métier de coach de club. Mais j'aime m'occuper de tout. J'ai amené avec moi un adjoint français, Frédéric Anikine, qui possède une grande expérience internationale et de l'Afrique, puisqu'il a travaillé au Sénégal mais aussi au Soudan (Hilal Omdurman) et avec la sélection des Comores. Il s'occupe des gardiens.

Vous êtes installé à Malabo, la capitale, depuis quelque temps. Parlez-nous de votre vie sur place...
J'adore ce pays ! Les gens ici sont super cool et j'ai été très bien accueilli. Je suis basé dans la capitale. Ce qui a été compliqué, c'était d'attendre que soit officialisée la nouvelle structure pour l'équipe nationale. On a perdu du temps qu'on va maintenant s'atteler à rattraper. On a déjà fait une réunion avec les coaches des clubs ici à Malabo pour évoquer le rôle de l'entraîneur. J'apprends aussi l'espagnol, la langue parlée ici, même si mes interlocuteurs sont francophones et anglophones...»
Frank Simon
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