Oct 30, 2019; Atlanta, GA, USA; Toronto FC defender Chris Mavinga (23) holds the trophy after a victory against Atlanta United in the Eastern Conference Final at Mercedes-Benz Stadium. Mandatory Credit: Brett Davis-USA TODAY Sports (Reuters)
Éco

Économie : comment la Major League Soccer poursuit sa surprenante évolution

Alors que la finale opposera dimanche Seattle à Toronto, retour sur une saison qui confirme la belle santé économique du soccer aux États-Unis et sa notoriété grandissante.

On attendait une finale entre Atlanta United et le Los Angeles FC de Carlos Vela, ce sera Seattle et Toronto, deux habitués à ce niveau. La rencontre qui se jouera dans un CenturyLink Field de Seattle à guichets fermés (69 000 spectateurs se sont arrachés les places en quelques heures) sera la première qui conclura le nouveau style de play-off mis en place cette année (sur un match et sur le terrain du mieux classé). Ce dernier, inusité en Amérique du Nord dans les ligues majeures plus habituées aux rencontres au meilleur des 5 ou 7 matches, avait pour but de dynamiser la fin de saison ralentie par la trêve internationale et de garder les fans impliqués tout en réduisant les plages horaires télévisuelles nécessaires dans un mois d'octobre surchargé par la NFL, le football universitaire et les World Series de baseball. Cette décision aurait pu être considérée comme osée. Cela prive en effet certaines équipes de matches à domicile, générateurs potentiels de revenus au profit du renforcement de l'image de la Ligue dans son ensemble. Mais c'était un risque calculé car ce qui est bon pour la ligue est bon pour les propriétaires dans la structure MLS. Et les résultats sont plutôt positifs.
Vers une explosion du montant des droits TV ?
Si les matchs ont donné lieu à un contenu de qualité, les audiences n'ont pourtant pas toujours été au rendez-vous lors du premier tour avec des confrontations présentées sur des réseaux secondaires aux États-Unis (autour de 80 000 téléspectateurs pour Toronto-Washington ou Salt Lake-Portland) avec une baisse marquée comparée aux années précédentes. Mais les tours suivant ont permis à des chaines comme ESPN de battre des records d'audience en soccer avec plus de 360 000 téléspectateurs pour les matches entre les deux clubs de Los Angeles (FC et Galaxy) notamment. La finale devrait confirmer cette tendance. Elle sera visible sur ABC au niveau national et Univision en espagnol ainsi que TVA Sport en français au Canada et TSN en anglais. Des records d'audience devraient être battus.

Dans un contexte de saison régulière où les audiences étaient en baisse, cette relance et ce rafraîchissement du produit télévisuel MLS arrive à un moment idéal alors que les droits télévisuels arrivent à échéance en 2022. On s'attend à une explosion de ces droits TV qui rapportent actuellement «seulement» autour de 90 millions de dollars par an. Il sera intéressant de voir le rôle que les OTT (les chaînes accessibles sur internet) comme DAZN ou autres pourraient jouer dans l'augmentation de ces droits et surtout les choix de la ligue en termes de revenus mais aussi d'accessibilité du produit.

La MLS, un gâteau de plus en plus gros

Autre indice du développement de la ligue américaine, le classement 2019 Forbes des valeurs des équipes de la MLS a été publié en début de semaine. Et ceux qui considèrent la MLS comme une ligue de deuxième ordre peuvent se pincer. La valeur moyenne d'une équipe MLS, si vous êtes acheteur, est maintenant de 313 millions de dollars, une augmentation de 30% quand elle n'a été que de 6% pour la NHL et 13% pour la NBA sur la même période. Et pour ceux qui doutent de la méthodologie utilisée pour ces classements, qu'ils regardent les dernières transactions impliquant des équipes de la MLS. Que ce soit à Houston, Chicago ou Orlando, tous les nouveaux investisseurs ont dépensé des sommes qui valorisent ces équipes autour de 400 millions de dollars ! Des chiffres d'autant plus surprenants que sur 24 équipes en MLS, seulement 7 engrangent des profits alors que les pertes cumulées des 17 autres dépassent les 100 millions de dollars en 2018.

Alors pourquoi investir en MLS ? Les raisons sont nombreuses avec notamment la hausse annoncée des futurs droits télévisuels ou encore l'augmentation des droits de franchise ainsi que l'engouement de sponsors locaux pour les équipes. Mais la raison essentielle est sans doute le rôle joué par Soccer United Marketing (SUM), le bras commercial de la MLS qui gère le marché de tout le soccer aux États-Unis et détient les droits commerciaux pour la MLS mais aussi pour les sélections américaine et mexicaine. Chaque investisseur-propriétaire dans la MLS détient des parts de SUM, actuellement valorisé à 2 milliards de dollars. Elle génère des revenus de 350 millions de dollars par an et a distribué 125 millions de dollars à la MLS l'an dernier. Avec la Coupe du monde de soccer 2026 qui se disputera aux États-Unis, le gâteau sera très gros et les propriétaires d'équipes MLS veulent leur part.

Frank Pons
Directeur de l'Observatoire international en management du sport à l'Université de Laval au Québec
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Gaucho 9 nov. à 7:27

Avoir comme leader une ancienne gloire du foot europeen de 38 ans, ca dit bien ce que ça veut dire : un championnat du niveau de la L2 francaise, tout au plus.

amateur002 8 nov. à 17:42

si l'argent ne passe pas sur la table ,il passera sous la table.Les americains l'ont bien compris.D'autres feraient mieux d'arrêter l'hypocrisie ,et remettre chaque chose à sa place...

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