camavinga (eduardo) (J.Prevost/L'Equipe)

Eduardo Camavinga ou l'irrésistible ascension

Pour sa première titularisation en équipe de France, Eduardo Camavinga a de nouveau donné l'impression d'évoluer dans son jardin. Auteur d'un but somptueux en début de partie face à l'Ukraine (7-1, score final), le milieu de terrain n'en finit plus d'impressionner. Jusqu'où ?

Puisqu'on avait passé une partie du printemps à attendre que le jeu reprenne ses droits, on s'était promis de ne plus se plaindre lorsqu'il nous était donné d'assister à une rencontre de football. L'idée était la suivante : qu'importe l'affiche et le contexte, pourvu qu'un ballon roule. Mais face à l'épidémie qui s'était chargée de décimer la sélection d'Andrei Chevtchenko et un match qui venait alourdir un calendrier qui n'en avait vraiment pas besoin, on avoue avoir passé les cinq premières minutes de la partie à se demander ce qu'on faisait-là. Ou plutôt neuf. Le temps pour Eduardo Camavinga de sortir de sa casquette d'adolescent un tour de magie dont il a le secret. Dans la foulée d'un bon travail de Lucas Digne et d'un duel remporté par Olivier Giroud, le numéro 14 ouvrait le score d'un retourné lobé tout en subtilité (1-0, 9e) et tout retrouvait subitement de l'intérêt. Avant cela, le Rennais avait commis deux fautes et claqué un superbe ballon à destination d'Houssem Aouar et on avait hâte de voir la suite. Hâte de continuer de le regarder jouer. Car quand Camavinga conduit son ballon, même un (quasi) huis clos n'y peut rien : il se passe quelque chose.

Cela vous rappelle quelque chose ? Nous oui. La manière dont le garçon électrise l'atmosphère évoque naturellement quelques-uns des ses glorieux ainés, au premier rang desquels Kylian Mbappé. Et cela ne doit rien au hasard si le nouveau venu vient déjà de briser un record : celui du plus jeune tricolore (à 17 ans et 11 mois) à avoir inscrit un but depuis l'après-guerre. Mais revenons-en au jeu, car les chiffres ne traduisent que partiellement l'influence du Breton. Il y a bien eu quelques transmissions ratées mais il y aussi et surtout eu tout le reste : un soutien constant pour Benjamin Pavard dans un système (le losange) qui ne pardonne pas la fainéantise, quelques sorties de balles précieuses (y compris sous pression, 47e) et une lecture du jeu qui lui a notamment permis de mettre un terme à un contre ukrainien qui aurait pu faire des dégats (50e). En creux (et la faible opposition du soir n'y change pas grand chose), une impression domine : celle que la dernière merveille du foot français a déjà pris la mesure du nouveau costume qu'il s'apprête à porter. Celui d'un joueur à part dont personne ne pourra contester les changements de statuts à venir. Cela ne vous rappelle toujours rien ? - T. P.

- Les Bleus déroulent face à l'Ukraine
- Les notes de la partie