(L'Equipe)
L'Afrique, c'est foot

El-Kaabi, le retour du menuisier

A peine le CHAN bouclé avec les titres de meilleur joueur du tournoi africain mais aussi de meilleur buteur (9 réalisations en six matches, nouveau record) qu'Ayoub El-Kaabi s'est de nouveau mis en évidence ces derniers jours à l'occasion du 1er tour aller de la Coupe de la confédération africaine...

Trois semaines lui ont suffi pour sortir définitivement de l'anonymat. Son sourire et ses frappes ont souvent fait mouche auprès de ses adversaires comme du public, qui s'est entiché de ce joueur de 24 ans qui n'évolue ni au Raja, ni au FUS, ni au Wydad. A l'arrivée, une victoire au CHAN ponctuée de deux trophées individuels, ceux de meilleur joueur et de meilleur buteur. Voilà comment cet ancien menuisier de formation, qui s'est révélé il y a un an en D2 marocaine, avec le Racing de Casablanca, est devenu "quelqu'un" dans une compétition considérée par certains observateurs - un peu trop sévèrement à notre goût - comme un tournoi inutile disputé par les rebuts de la sélection A.
Ayoub El-Kaabi ne se préoccupe pas de ceux qui ne voient en lui qu'un joueur sauvé "au rattrapage". Il avance, séduit et ne fait aucune fausse promesse. Buteur dans l'âme, il a marqué neuf fois au CHAN, et n'a pas eu besoin de penalty. De retour à la Renaissance de Berkane, le club qu'il a rejoint en juillet dernier, El-Kaabi a continué de faire ce qu'il fait le mieux : marquer. Engagé en C2 africaine, il a marqué contre Mbour Petite Côte, son adversaire sénégalais (2-1). La cote du jeune joueur ne cesse de grimper et pas seulement auprès des clubs européens (Atletico de Madrid) qui ont noté son nom sur leurs tablettes. On le sait, le sélectionneur Hervé Renard devrait certainement le convoquer très prochainement pour les matches de préparation au Mondial en Russie.
Benoun, Bencharki ou encore El-Yamiq ont également profité du CHAN pour se montrer.
Le CHAN semble donc lui avoir fait le plus grand bien, de même qu'à son capitaine dans cette compétition, le longiligne défenseur Badr Benoun. Ce dernier a ainsi donné la victoire à la 88e minute au Raja le week-end dernier à l'occasion du "clasico" marocain contre le Wydad. Pour ces deux-là comme pour Ashraf Bencharki (ex-Wydad) parti en Arabie Saoudite ou encore El-Yamiq, l'autre défenseur central marocain du Raja qui a rejoint le Genoa italien, tous les feux du professionnalisme sont au vert depuis le CHAN. Objectif atteint donc. Et ils ne seront certainement pas les derniers de cette équipe à poursuivre leur carrière au-delà de la Botola, le Championnat marocain.
Frank Simon
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