emana (achille) (L'Equipe)
Témoignage

Emana : «Gignac va aimer le Mexique»

S'il signe en faveur de Tigres, André-Pierre Gignac ne sera pas le premier ancien Toulousain à jouer au Mexique. Il y a deux ans, Achille Emana avait fait le même choix, et ne le regrette (presque) pas.

«En tant qu'avant-centre, le Championnat mexicain va lui convenir. Il va aimer parce qu'il y a des espaces. Sur le terrain, il y a les attaquants d'un côté et les défenseurs de l'autre !» Quand on lui apprend que son ancien partenaire à Toulouse (en 2007-2008) André-Pierre Gignac s'apprête à rejoindre Tigres, Achille Emana ne s'offusque pas, loin des jugements moqueurs ou méprisants vus, lus ou entendus en France depuis que l'ancien attaquant de l'OM a pris la route de Monterrey. «Les grands clubs comme Cruz Azul, où j'ai joué, peuvent rivaliser avec certaines équipes en France ou en Espagne», enchaîne Emana (33 ans), qui a joué ces deux dernières années au Mexique, à Cruz Azul donc (août 2013–décembre 2014), puis à Atlante (D2, décembre 2014-mai 2015).

«J'espère qu'il aura tout l'appui nécessaire»

«J'espère qu'André-Pierre Gignac va réussir, je lui souhaite de tout cœur. Je n'ai pas forcément de conseil à lui donner, mais j'espère qu'il aura tout l'appui nécessaire pour faire quelque chose de bien. Ce n'est pas parce que moi j'ai été déçu que lui le sera.» Car si Emana avait apprécié ses premiers mois en Liga-MX avec Cruz Azul, il a un peu déchanté ces six derniers mois à l'étage inférieur, avec l'Atlante FC. «L'entraîneur ne comptait pas sur moi. Quand on commence à perdre, les fautifs sont les nouveaux, les étrangers...» Alors dès la saison et son contrat terminés, l'ancien international camerounais est rentré en Espagne (il possède toujours une maison à Séville), près des siens. «Je n'ai pas été très heureux ces derniers mois, j'étais loin de ma famille, de mes enfants, et c'était un peu lourd. 14 heures de vol pour les avoir près de moi, c'est trop dur.»
«Ma journée type, c'était maison, entraînement, centre commercial pour acheter des films ou faire du shopping, et maison.»
De son propre aveu, celui qui avait quitté le Bétis il y a quatre ans pour rejoindre  l'Arabie Saoudite (Al-Hilal) puis les Emirats arabes unis (Al-Ahli et Al-Wasl) a mis «du temps» à s'adapter à la vie mexicaine : «J'étais un peu livré à moi-même. J'ai rencontré un Mexicain qui a essayé de me guider, pour aller dans les bons endroits et pas les mauvais... Ce n'est pas évident de se balader partout. Mais de toute façon je suis plutôt casanier. Ma journée type, c'était maison, entraînement, centre commercial pour acheter des films ou faire du shopping, et maison. De temps en temps j'allais au ciné, mais je ne sortais pas beaucoup. A Dubaï c'était pareil, et en Arabie Saoudite c'était pire !»

Au final, un bilan mitigé

Au moment de faire le bilan de cette expérience exotique, Emana est donc partagé : «Je ne sais pas si j'ai bien fait ou pas, mais j'ai appris : un autre football, un autre mode de vie... Après deux ans à Dubaï, je voulais retrouver un Championnat compétitif. On m'a offert la possibilité de rejoindre le Mexique, avec une offre alléchante. J'ai décidé d'y aller, un peu sur un coup de tête.» Satisfait d'avoir «laissé une bonne image» auprès des supporters de ses deux clubs, le milieu de terrain aux 164 matches de L1 avec le Téfécé espère désormais rebondir. En Europe ou ailleurs. «J'ai toujours été prêt. Même pendant les vacances, j'ai un préparateur physique à mes côtés. Il ne faut pas perdre les bonnes manières. Je laisse mes agents s'occuper de mon avenir. On verra quelle destination ils me proposent cette fois-ci (sourire).»
 
Cédric Chapuis, @cedchapuis
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tbernardcam 19 juin à 10:18

Je ne savais pas que Emana jouait encore ! J'aimerais bien savoir si son palmarès s'est étoffé là-bas.