En 1979, Gordon Banks céda sa place à Jacques Vendroux lors du jubilé de Thierry Roland ( R. Martin/L'Équipe)
Angleterre

En 1979, Gordon Banks joua dans les buts du Variétés Club de France lors du jubilé de Thierry Roland

Fondateur du Variétés Club de France, Jacques Vendroux raconte comment il réussit à faire venir Gordon Banks, dont on a appris la disparition ce mardi à 81 ans, pour le jubilé de Thierry Roland à Vayres-sur-Essonne, le 23 juin 1979.

Le 23 juin 1979, le reporter radio de France Inter Jacques Vendroux avait réussi à recruter, le temps d'un match, Gordon Banks dans les buts du Variétés Club de France sur le terrain champêtre de Vayres-sur-Essonne. Une rencontre organisée pour le jubilé de son ami Thierry Roland, alors voix du football sur Antenne 2. « Quand j'ai appris la mort de Gordon Banks, j'ai tout de suite pensé à Thierry », nous a confié le journaliste de 70 ans, ému par la disparition du gardien des Trois Lions, sacré Champion du monde en 1966.
Le jour où Banks est devenu légende
Aubour : « Gordon Banks était hors norme »
« Comment aviez-vous réussi à faire venir Gordon Banks au jubilé de Thierry Roland à Vayres-sur-Essonne ?
Thierry était un grand amoureux du football anglais, surtout de l'équipe Championne du monde de 1966 qu'il connaissait par coeur. Moi, j'étais très friand des gardiens de but et notamment de Gordon Banks. C'était mon idole. Gamin, je regardais ses matches avec Leicester, chez mon grand-père à Calais, sur la BBC devant une télé en noir et blanc. Pour le jubilé de Thierry, je tente ma chance pour le faire venir. Je téléphone à la Fédération anglaise qui me donne le numéro personnel de Banks. J'appelle, je tombe sur sa femme qui me passe Gordon. Il me dit de lui envoyer une lettre. Je lui écris en lui racontant avec force détails que Thierry est un des plus grands commentateurs de France, qu'on veut lui faire une surprise pour son jubilé... Banks me répond qu'il est d'accord. Il n'a pas demandé un centime. Sa seule condition était qu'on l'invite avec sa femme et ses enfants. Il voulait voir Paris, la Tour Eiffel, les Champs-Élysées...
Comment avait réagi Thierry Roland ?
Je lui avais gardé la surprise jusqu'au bout. Je lui dis : ''je dois aller chercher Didier Couécou à l'aéroport, viens avec moi.'' Quand Thierry voit Banks sortir de l'avion, il me dit : ''Put... t'as vu, y a Gordon Banks, qu'est-ce qu'il fait à Paris ?'' Je lui dis : ''Ben il est venu pour ton jubilé.'' Thierry était tellement ému qu'il s'est mis à pleurer, j'en ai encore la chair de poule... Ils se sont embrassés comme du bon pain. Thierry a été aux petits soins avec lui pendant tout le séjour. On l'avait emmené dîner aux Folies Bergères.
Comment était-il lors du jubilé ?
Un gentleman. Avec le Variétés (dont Vendroux a gardé le but des années 1970 au début des années 1990), je déconnais toujours. Quand je donnais l'équipe de départ aux joueurs dans le vestiaire, je disais toujours : ''dans les buts, Gordon Banks'' car je me prenais pour Gordon Banks, alors que j'étais nul. Sauf que ce jour-là, c'était le vrai Gordon Banks ! Vers la 80e minute, le speaker avait fait cette annonce irréelle : ''Jacques Vendroux remplace Gordon Banks dans le but''. Banks avait été sympa, en prenant le temps de poser pour un tas de photos. Je lui en ai envoyé des dizaines, il me les a toutes retournées dédicacées. La classe ! Il m'a aussi offert un de ses deux maillots de la Coupe du monde 1966, ce fameux maillot jaune qui me faisait rêver. Quand j'étais gamin à Calais, je cassais les pieds à ma mère pour qu'elle me tricote des pull-overs jaunes à col roulé pour m'habiller comme lui. »
Réagissez à cet article
500 caractères max
ADS :