ripoll (sylvain) (A. Reau/L'Equipe)
Bleuets

Equipe de France : comment Sylvain Ripoll a permis aux Bleuets de retrouver l'Euro

Pour la première fois depuis 2006, l'équipe de France espoirs s'est qualifiée pour l'Euro U21 en juin prochain. Après douze années marquées par des désillusions et des échecs parfois retentissants, Sylvain Ripoll et ses troupes ont écrasé leur groupe de qualification.

Un esprit de groupe retrouvé

Neuf sur neuf. Les Espoirs ont remporté toutes les rencontres de leur groupe jusqu'ici avec vingt-sept buts inscrits et seulement cinq encaissés. Certes, les adversaires peuvent paraitre «faibles», mais c'est là tout le piège. Par le passé, les Bleuets, souvent supérieurs à leurs adversaires, n'ont pas su tenir leur rang. Ils se sont souvent perdus dans les méandres des barrages périlleux. Comment oublier la défaite contre Israël en 2006, celle contre la Norvège en 2012, la Suède en 2014 ou la Macédoine en 2016 ? Ces adversaires aussi étaient largement à leur portée, pourtant, la France n'avait pas fait le boulot. Ces campagnes étaient ponctuées de péripéties aussi facétieuses que désolantes. Depuis sa nomination en 2017, Sylvain Ripoll a su fédérer l'effectif autour du bien commun : la qualification pour l'Euro en juin 2019. L'ancien entraîneur de Lorient, interrogé par Le Télégramme, a expliqué les clés de «sa» réussite : «Le sérieux, l'investissement, l'idée de faire les choses ensemble [...] Dans le foot, même si individuellement vous êtes supérieur à l'adversaire, si collectivement vous n'avez pas une force qui vous pousse, vous passez à la trappe». Un message clair envoyé à ses joueurs qui lui ont rendu cette confiance.

Un noyau dur «lyonnais»

Parmi les hommes cadres tout au long de cette campagne de qualification, on retrouve plusieurs joueurs de l'OL. Lucas Tousart, Houssem Aouar ou Tanguy Ndombele au milieu, avant que ce dernier ne soit récemment appelé en A. Devant, les neo-Gones Moussa Dembele et Martin Terrier sont des éléments forts, eux-aussi. Ces deux joueurs se partagent douze des vingt-sept buts inscrits, respectivement avec cinq et sept réalisations.

Mais ce sont aussi des joueurs comme Bernardoni dans les cages, ou Abdou Diallo toujours impérial en charnière centrale qui retiennent l'attention. Associé à Diakhaby ou Upamecano par exemple, il solidifie la défense. Le vivier de joueurs à la disposition du staff des Espoirs est large, et il peut compter sur des individus performants en club. C'est le cas de Jonathan Bamba, en pleine bourre cette saison avec le LOSC. Il est devenu incontournable. De Saint-Etienne à Lille, il était et restera un maillon fondamental pour les Bleuets. C'est également valable pour Nkunku qui se révèle petit à petit avec le PSG, ou encore Ntcham et Grandsir. Ils ont tous un gros potentiel et obtiennent progressivement un temps de jeu conséquent.

Remplacer les champions du monde

De nouveaux joueurs ont débarqué à mesure que la campagne avançait. Les départs des champions du monde, Benjamin Pavard et Lucas Hernandez, indéboulonnables jusque-là avec Sylvain Ripoll, ont dû être palliés. Boscagli et Rosier ont repris le flambeau, suppléés par des joueurs comme Amian et Niakhate. S'il a su remettre de l'ordre dans la maison, Sylvain Ripoll a aussi fait des choix. En juin 2017, alors qu'il est appelé avec les Espoirs, Theo Hernandez ne s'était jamais présenté au rassemblement. Dans la foulée, on avait appris qu'il était en vacances à Marbella. Le sélectionneur avait tranché dans le vif : on ne le reverra plus. Même sort pour Jean-Kévin Augustin qui, après une première altercation avec Ripoll, a refusé de venir en sélection en septembre, justifiant une fatigue musculaire.
«Jusqu'à présent, dans les comportements, ça a été tourné vers le collectif. Je sais que c'est fragile et que je dois être en hyper vigilance là-dessus. Parce que ce sont des jeunes joueurs, que les choses bougent pour eux, leur carrière évolue»
Ripoll a du choix mais il ne cesse de le répéter : il veut des joueurs qui se donnent à 100% pour le groupe, prêts à se battre ensemble pour atteindre les objectifs fixés. Tout de même, il y a de quoi raviver d'anciens souvenirs et ces événements prouvent que l'équilibre est toujours fragile pour les Espoirs. Ce sont de jeunes joueurs, comme l'explique le sélectionneur au Télégramme : «Jusqu'à présent, dans les comportements, ça a été tourné vers le collectif. Je sais que c'est fragile et que je dois être en hyper vigilance là-dessus. Parce que ce sont des jeunes joueurs, que les choses bougent pour eux, leur carrière évolue». C'est ainsi que le coach breton doit prendre des décisions, et en faisant savoir que la porte est toujours ouverte pour de nouveaux arrivants, il pousse les prétendants à se surpasser. En témoignent les nouvelles têtes qui ont été convoquées pour ce rassemblement : Jeff-Reine Adelaide, Fodé Ballo-Touré et Jonathan Ikoné. Si certains arrivent, d'autres partent, c'est mathématique. Mais le sélectionneur peut s'adonner à quelques essais, la France étant déjà qualifiée, il a tout le loisir de faire des tests.

En ligne de mire désormais, cet Euro en Italie et à Saint Marin du 16 au 30 juin 2019. La France n'a remporté qu'une seule fois cette compétition, c'était en 1988. Il y a également l'objectif de se qualifier pour les Jeux Olympiques, ce qui sera le cas si les Bleuets atteignent les demi-finales. Mais avant cela, il y a un amical contre la Turquie ce vendredi et le dernier match de qualification contre la Slovénie mardi. Pourquoi ne pas viser un sans-faute, un 10/10 ? Chiche ? 
Jérémy Docteur
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