lloris (hugo) umtiti (samuel) (P. Lahalle/L'Equipe)
CM 2018 - Bleus

Equipe de France : Défense d'enfer

Pour arriver jusqu'en finale, l'équipe de France a pu compter sur sa défense. Pas seulement pour garder ses buts, mais aussi et surtout pour marquer des buts décisifs.

Comme un nouveau symbole, Samuel Umtiti a surgi à la 51e minute. Pour catapulter la France vers une troisième finale en vingt ans. Encore un défenseur à l'attaque. Encore un arrière qui monte et qui marque. «Big Sam» rendait quasiment dix centimètres sous la toise au milieu belge Fellaini (1,83 m contre 1,94 m) mais il a pris le meilleur sur lui. A la rage, à l'énergie, à la volonté. En serrant les dents et en venant mordre dans ce ballon amoureusement enveloppé par Antoine Griezmann sur un corner de la droite sûrement bien répété à l'entraînement d'Istra. Beaucoup avait dit que ce Mondial se gagnerait peut-être avec une défense de fer. C'est une vérité. Mais c'est également une défense d'enfer qui sait marquer et débloquer un match ou le renverser. Jusqu'à la finale, le parallèle n'a jamais été aussi vrai avec 1998. La défense Barthez-Thuram-Blanc-Desailly-Lizarazu avait porté les Bleus sur le toit du monde grâce à cette arrière-garde blindée. Mais Laurent Blanc face au Paraguay en 8e de finale avec son but en or d'avant-centre (1-0) puis le doublé venu du ciel de Lilian Thuram contre la Croatie en demi-finale (2-1) avaient emmené l'équipe de France au firmament. Les défenseurs étaient déjà venus porter main forte.
La tête de Samuel Umtiti rentrera dans l'histoire comme les autres de légende.
La défense d'aujourd'hui, moins expérimentée que celle d'il y a vingt ans, sait aussi marquer. Pavard a entretenu puis redonné l'espoir en égalisant d'une demi-volée magique face à l'Argentine en 8e de finale en égalisant à 2-2. Varane a effacé son absence au marquage en 2014 contre l'Allemagne de Hummels au Brésil, en ouvrant la marque contre l'Uruguay en quart d'une autre tête rageuse. Et Umtiti a surgi en ce début de première mi-temps comme un diable bleu face aux Belges rouges de rage. Sa tête rentrera dans l'histoire comme les autres de légende. Elle a même des traits et des points communs avec celle de Basile Boli en finale de la Ligue des champions en 1993 contre le Milan AC à Munich (1-0). Une autre légende pour la grande histoire du football tricolore.

«On a vu onze chiens sur le terrain»

Les héros contemporains ont rejoint les gloires de la fin du siècle dernier. Mais dans cette équipe construite de main de maître, et au carré, par Didier Deschamps, le talent individuel n'a jamais été mis autant au service du collectif. Dans tous les compartiments. On peut parler de bloc défensif mais aussi de bloc offensif tant les joueurs travaillent dans les deux sens, dans tous les sens. Ces Bleus sont presque une «attaque-défense» revisitée comme disent les gamins quand ils s'arrachent les genoux sur le bitume des quartiers. «C'est moi qui marque mais on a tous défendu ensemble, s'exclamait Samuel Umtiti dans les coursives en liesse de Saint-Pétersbourg. On s'est déchiré ! On a vu onze chiens sur le terrain, voire encore plus avec ceux qui sont entrés aussi. Quand on est dans cet état d'esprit, on est difficile à battre. C'est comme ça qu'on va aller chercher cette Coupe du monde. On est dans l'enchaînement des matches mais on sait qu'on va réaliser quelque chose de grand.»

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L'ex-Lyonnais illustre cette défense d'acier qui, hormis le match de dingue face à l'Argentine (4-3) pour entrer dans ces rencontres couperets qui enchantent, n'aura pris qu'un seul but (contre l'Australie, 2-1, sur penalty). Cela fait donc quatre clean-sheet en six matches dont deux sur les dernières rencontres qui comptent jusqu'à présent le plus, contre l'Uruguay (2-0) et la Belgique (1-0). «Cette demi-finale est le match où on a eu le plus de travail défensif, où on a été le plus solide et le plus solidaire, concède Raphaël Varane de plus en plus patron dans tous les domaines. C'est un véritable travail d'équipe. On a été présent sur toutes les actions belges. C'est peut-être mon meilleur match en bleu mais j'ai été bien aidé par le travail énorme devant moi. Quand vous avec N'Golo (Kanté) qui court partout et Paul (Pogba) qui intercepte autant de ballons, c'est forcément plus simple de défendre. Et comme les attaquants nous aident beaucoup défensivement, on peut bien leur donner un coup de main offensivement. Tout ça est vraiment la récompense d'un travail collectif.»

Le pari gagnant des latéraux

Auquel il faut bien sûr associer les deux petits nouveaux sur les côtés. Benjamin Pavard et Lucas Hernandez font preuve d'une autorité d'anciens alors qu'ils viennent seulement de dépasser les dix sélections. Le ciment a pris avec eux en moins de quatre mois. L'entente entre le défenseur de l'Atlético Madrid et Blaise Matuidi à gauche a aussi été impressionnante notamment pour éteindre De Bruyne. Peut-être moins - surtout en première période - sur l'autre flanc avec Hazard. Mais l'homme de cet exploit, et qui ne peut guère faire plus que les autres, est de nouveau Hugo Lloris. Dès l'ouverture de cette Coupe du monde, dans les premiers moments chauds face à l'Australie, le capitaine tricolore a répondu présent. Chaque match a été marqué par au moins un sauvetage référence qui a maintenu les Bleus la tête hors de l'eau. Le boss de Tottenham est monté en puissance. Injustement critiqué avant ce Mondial, il a claqué le bec à ses détracteurs qui avaient sans doute oublié aussi ses performances à l'Euro 2016, notamment contre l'Allemagne en demi-finale à Marseille (2-0).

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L'homme aux 103 sélections, qui vient d'égaler DD à ce niveau et qui pourrait soulever le trophée dimanche soir comme son sélectionneur il y a vingt ans, est l'un des meilleurs Bleus, avec N'Golo Kanté, dans la régularité sur l'ensemble de cette épreuve. Il est aussi le meilleur gardien de cette compétition avec le Belge Courtois. Il peut continuer de rêver d'aller soulever le trophée suprême au-dessus des escaliers de Loujniki lui qui n'a qu'une petite Coupe de France (2012 avec Lyon) sur un palmarès ingrat pour un tel homme et gardien. Ce privilège lui était passé sous le nez, voici deux ans, au Stade de France avec la défaite face au Portugal (1-0, a.p.). Il fait déjà partie des sept «centenaires» français. Il mériterait de les rejoindre encore plus au firmament en y accrochant une étoile.
François Verdenet, à Saint-Pétersbourg
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ISSA BAL 11 juil. à 16:44

Une victoire méritée des Bleus face à un adversaire la Belgique pourtant jugé favori avant la rencontre.La France en finale pour une troisième fois de son histoire.Félicitations aux poulains de Didier Deschamps qui font honneur à leur Nation mais également à l'Europe entière.

jeanpierre13 11 juil. à 14:24

Ne mettez pas la charrue avant les boeufs SVP ! Si vous avez un peu suivi les matchs vous avez le croate Subasic qui n’est pas mal ainsi que Pickford l’anglais. Les deux hommes s’affrontent ce soir et il y en aura un des 2 contres nous Dimanche. Ses coéquipiers et lui seront aussi déterminés que nous à lever la Coupe. Et il n’y aura qu’un vainqueur !