Evra (L'Equipe)
Bleus

Equipe de France : la face cachée de Patrice Evra (Juventus Turin), l'un des 23 Bleus de Didier Deschamps à l'Euro 2016 (6/23)

Chaque jour, FF passe en revue les 23 de la liste de Deschamps pour vous faire découvrir un trait pas forcément connu d'un Bleu à travers le témoignage d'un proche. Aujourd'hui, place à Patrice Evra, raconté par son ami Mahamadou Niakaté.

«Patrice pleurait après chaque match perdu. Il n'aimait pas la défaite mais il n'était pas mauvais perdant. Il pleurait plutôt parce qu'il avait le sentiment que nous, ses coéquipiers, n'étions pas à la hauteur, qu'on ne mettait pas le même investissement que lui. Nous, on y allait pour jouer un match de quartier alors que lui prenait tous les matches comme des rencontres de Coupe du monde. Il était très jeune et il était déjà comme ça, à tout le temps vouloir gagner, le moindre petit truc banal, une partie de cartes, une course entre deux copains. Tous les matches, pour lui, ont la même importance, la plus haute. Patrice a gagné la Ligue des champions avec Manchester United mais, avant, il avait déjà gagné la Ligue des champions avec Les Ulis au quartier (rires). Chez nous, c'était lui le champion. Il n'y avait que la victoire qui comptait même si le foot permettait aussi de s'amuser... On pariait des pizzas, des choses comme ça.
À vous de chercher Patrice Evra. Franchement, c'est faisable. (D.R)
À vous de chercher Patrice Evra. Franchement, c'est faisable. (D.R)
«Je l'appelais «Evrazouk» parce qu'à chaque fois qu'on allait chez lui, il y avait du zouk et il se mettait à danser»
Une fois, nous avions perdu de justesse un match contre des grands du quartier et Patrice, qui devait avoir douze ans à ce moment-là, a disparu. Impossible de le retrouver. Le lendemain, il nous avait dit qu'il avait dû rentrer car sa mère l'attendait. Mais je savais qu'il l'avait mauvaise, qu'il était frustré et qu'il avait versé une petite larme... Pour jouer, on se retrouvait toujours en bas de chez lui, cité Les Hautes Plaines. C'était mieux d'aller chercher le meilleur joueur pour être sûr de l'avoir dans son équipe. Du coup, dans les tournois, il était toujours choisi en premier par le capitaine. Le ballon, on allait le piquer au stade. Patrice, à cette époque, je l'appelais «Evrazouk» parce qu'à chaque fois qu'on finissait un match et qu'on allait chez lui, il y avait du zouk et il se mettait à danser. C'est un grand danseur. Sa maman s'occupait de nous. Après les matches au quartier, elle nous préparait des bons petits repas. C'était un peu notre maman à nous aussi. Elle organisait des après-midi sympas, des petites boums. Il y avait les petites copines qui venaient aussi. C'est des bons souvenirs tout ça...»
Thomas Simon
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