gerets (eric) (B.Desprez/L'Equipe)

Eric Gerets : «Villas-Boas, il ne faut pas qu'il change»

Désormais retiré du monde du foot, l'ex-entraîneur belge de l'OM (2007-2009), très populaire à son époque, porte un regard bienveillant sur André Villas-Boas. Il se confie à FF.

«Être un entraîneur étranger à l’OM donne-t-il un avantage supplémentaire ?
Je ne sais pas si c’est grâce à ça que j’ai eu la chance de vivre tout ce que j’ai vécu à Marseille. En tout cas, j’ai l’impression que les supporters se sont dit dès mon arrivée: “Pourquoi ne pas donner une chance à un autre Belge après Goethals ? Ça peut marcher, sait-on jamais (rires) !” J’imagine qu’être Belge, ça les a un peu ramenés à ça, aux victoires et à la gloire de l’époque. Marseille est une ville ouverte sur le monde, donc ça va dans ce sens-là.

Vos années olympiennes sont-elles toujours marquées dans votre cœur ?
Je crois que depuis que j’ai été à Marseille, l’amour est réciproque avec les supporters et ça, personne ne peut me l’enlever.

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Je n'oublie pas l'Olympique de Marseille

Comment expliquez-vous cet amour-là ?
J’ai essayé de faire mon job le mieux possible et ça a marché. Malheureusement pas assez pour être champion. C’est mon grand regret. Mais je crois que si on fait le calcul des deux années où j’ai été entraîneur, ce n’est pas trop mal quand même ! (NDLR : l’OM avait fini 3ème puis 2ème). Plus tard, on a pu profiter un peu de ces belles années. Sans formuler de critique négative à celui qui a repris mon job l’année suivante (Didier Deschamps), je crois que cela a été un peu plus facile que ça ne l’aurait été sans ses deux années avec moi.

Suivez-vous toujours l’Olympique de Marseille ?
Pas à la télé, mais j’écoute tout. Les résultats, les commentaires, les analyses…Je n’oublie pas l’OM.

Connaissez-vous André Villas-Boas ?
Je le connais via le travail qu’il a fait en Angleterre et au Portugal, mais je ne le connais pas personnellement. Pas encore, en tout cas, parce que ma femme et moi allons bientôt voir un match de Marseille et peut-être qu’on aura la possibilité de se voir et de boire un verre ensemble (rires).

Deuxième de Ligue 1, André Villas-Boas conduit pour l'instant un OM tout neuf et mieux organisé. (F.Faugere/L'Equipe)

Il existe pas mal d’affinités entre Villas-Boas et les Marseillais, notamment grâce à la franchise du coach. Pensez-vous que cela peut l’aider tout au long de son aventure olympienne ?
En tout cas, c’est un entraîneur qui a eu du succès dans le passé en travaillant à sa manière. Il faut qu’il garde ça, il ne faut pas qu’il change pour faire plaisir aux autres.

C’est vital pour un entraîneur de l’OM ?
Oui, c’est capital. Si tu essaies d’imiter quelqu’un, ça marche pour quelques semaines ou quelques mois, mais au bout du compte, ça te retombe sur la gueule…

Qu’est-ce que vous conseilleriez à Villas-Boas pour réussir à Marseille ?
Gagner des matches (rires). C’est la seule chose que je peux lui souhaiter. Mais c’est un entraîneur qui est fort intelligent. Il n’a certainement pas besoin de mes conseils…»

Notre reportage à Marseille sur les traces d'André Villas-Boas et l'intégralité de notre dossier sur le coach olympien sont à retrouver dans le nouveau numéro de France Football. Dans vos kiosques ou en version numérique en cliquant ici.

Johan Tabau