Egypte / Salah (D.R)
L'Afrique c'est foot

Et le grand vainqueur est... l'Egypte !

La CAN 2019 aura finalement lieu en Egypte, le pays du meilleur joueur africain 2017 et 2018. Rentré dans le rang pendant plusieurs années après 2010, le pays des Pharaons a retrouvé en l'espace de quelques jours une place de leader politique et sportif continental. De quoi en irriter certains...

Fin du suspense. Réunie à Dakar à l'occasion des festivités liées aux récompenses annuelles, la Condédération africaine a attribué il y a deux jours l'organisation de la prochaine Coupe d'Afrique des Nations (15 juin - 13 juillet) à l'Egypte en remplacement du Cameroun, dont elle a repoussé le tour jusqu'en 2021. Quelques heures plus tard, devant un parterre prestigieux, le Pharaon Mohamed Salah conservait sa couronne de Meilleur joueur africain de l'année. Un trophée qui lui a été remis par le Président de la république du Liberia en personne, Son Excellence George Weah, autrefois le meilleur africain avant d'entrer en politique. Une fois encore, Salah coiffe sur le poteau son coéquipier et ami de Liverpool, le Sénégalais Sadio Mané, que tout le Sénégal espérait pourtant voir consacré chez lui. Aubameyang complète le podium.

De l'attribution de la CAN 2019 à l'Egypte en passant par le statut de Grand d'Afrique de Mo Salah, l'Egypte reprend d'une certaine façon son leadership, devant le Cameroun en particulier. Pour ce dernier, la réattribution de la CAN en 2021 a forcément des allures de fiasco. Et le temps semble loin quand ses joueurs (Eto'o en particulier) n'avait pas d'équivalent sur le continent. Mais la roue tourne, en sport comme en toute chose. L'Egypte se voit donc confier par le ComEx de la CAF la première CAN à 24 qualifiés, après un vote où le pays des Pharaons a écrasé l'autre dossier en lice, celui de l'Afrique du Sud, par seize voix contre une. Les battus du moment pestent contre une décision "politique". Mais l'Afrique du Sud, en dépit de ses infrastructures sans équivalent en Afrique, n'était pas exactement motivée pour accueillir la compétition. D'ailleurs, les Sud-africains n'ont jamais été de grands amoureux de la CAN, qu'ils ont pourtant remportée chez eux (1996) lors de leur première participation.

L'Egypte, la petite fiancée de la CAN

L'Egypte, elle, est la petite fiancée de la CAN, qu'elle a organisée à de nombreuses reprises (1957, 1972, 1986, 2006) et dont elle détient le record de victoires. Le pays s'appuiera sur des stades utilisés en 2006, au Caire, à Alexandrie, Ismaïlia et Port-Saïd. S'ajoute à ceux-là le stade de Borg El-Arab, dans la périphérie d'Alexandrie, qui servait de stade d'entraînement en 2006. Le public égyptien sera t-il au rendez-vous en juin ? RIen n'est moins sûr. Sauf pour ses chers Pharaons, il ne nourrit aucune affection pour les autres sélections. On se souvient qu'en 2006, les stades avaient été remplis par des milliers de militaires en survêtements de toutes les couleurs, ce qui donnait l'illusion d'un taux de remplissage honnête...

Pour que la fête soit complète en Egypte, plusieurs ingrédients sont nécessaires : une grande équipe nationale locale conduite par son leader Mo Salah. Javier Aguirre est en train de réussir ce pari. Il faut aussi que les meilleurs soient là. Tous les mondialistes africains 2018 seront sur place. Il faudrait aussi que le champion en titre, le Cameroun sacré en février 2017 à Libreville, puisse défendre sa couronne. On n'en est pas là. D'abord parce qu'il doit se qualifier sur le terrain, et battre les Comores en mars. Ensuite, parce que ces mêmes Comores ont présenté une requête au TAS, consécutive au retrait de la phase finale au Cameroun. Ils évoquent le règlement pour que le Cameroun soit disqualifié. On en est pas encore là.

Enfin, il faudra des enceintes avec un gazon impeccable pour permettre la pratique du meilleur football possible. L'Afrique du Sud, en 2013, n'avait pas été à la hauteur. D'autres non plus depuis. L'Egypte n'a pas la réputation de négliger ses surfaces de jeu. Rendez-vous donc en juin pour cette première historique à 24 qualifiés. Où l'on retrouvera aussi bien le Maroc d'Hervé Renard, honoré d'un troisième titre de meilleur coach d'Afrique, que la Mauritanie de COco Martins. Pour sa première participation à une CAN, ce qui lui a valu le trophée de meilleure équipe africaine de la CAF pour 2018.
 
Frank Simon
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