Euro 2016 - Suisse-FRA

Euro 2016, Bleus : Gignac, le Tigre a les crocs

Remplaçant lors des deux premiers matches des Bleus, André-Pierre Gignac pourrait débuter dimanche face à la Suisse. Ambitieux, le joueur est prêt.

Quand André-Pierre Gignac passe dans la zone mixte réservée aux médias après les matches, l’attaquant tricolore ne cache pas son ambition. Remplaçant resté sur le banc pour le match d’ouverture contre la Roumanie (2-1) puis entrant face à l’Albanie à la 77e minute (2-0), le numéro 10 des Bleus le répète à qui veut l’entendre. «Je suis prêt», lâche-t-il avec son franc-parler. L’heure du Tigre (de Monterrey) va sûrement sonner dès dimanche face à la Suisse. L’ex-Marseillais est prêt pour le combat. Sous la menace d’un deuxième carton jaune qui le priverait de huitième de finale, Olivier Giroud, le titulaire de la pointe bleue, sera vraisemblablement préservé par Didier Deschamps.

L’entraîneur français envisage une nouvelle rotation par rapport à l’Albanie et "APG" pourrait être concerné. Le sélectionneur n’a de toute façon pas de soucis à se faire sur la motivation de l’ancien Lorientais. Il est un des joueurs qui répond le plus présent à l’entraînement. Jeudi, à Clairefontaine, il a réussi une série de "hautes volées" devant le but qui a suscité l’enthousiasme du staff technique. Quand les Tigres ont été éliminés en quarts de finale du tournoi de clôture au Mexique, le 14 mai, le meilleur buteur de la LigaMX (29 réalisations en Championnat) a sauté dans le premier avion pour Paris afin d’être au premier stage de préparation à Biarritz. Deschamps voulait pourtant lui donner quelques jours de repos. Gignac a refusé pour être au Pays basque avec ses potes.
Gignac est entré en jeu face à l'Albanie. (PORCU FREDERIC/L'Equipe)
Gignac est entré en jeu face à l'Albanie. (PORCU FREDERIC/L'Equipe)
Mais même s'ils ont parfois eu des "embrouilles" du temps de l'OM, l'ex-entraîneur marseillais et son buteur de l'époque se sont toujours respectés dans un discours plein de franchise.
Au début de sa saison, quand il a fait le choix de l’exil mexicain à la surprise générale, les Bleus sont toujours restés dans un coin de sa tête. Le buteur a relevé le pari au point de le gagner dans l’ultime ligne droite printanière grâce notamment à son but et sa prestation d’ensemble contre la Russie, fin mars, au Stade de France (4-2). L’affaire de la sextape et la décision de DD de ne pas retenir Karim Benzema ont aussi joué en sa faveur. Le meilleur buteur de L1 en 2009 avec Toulouse (24 buts) redevenait la doublure de Giroud devant Lacazette ou Gameiro, qui flambaient pourtant sur le même fuseau horaire que Deschamps. Mais même s’ils ont parfois eu des "embrouilles" du temps de l’OM, l’ex-entraîneur marseillais et son buteur de l’époque se sont toujours respectés dans un discours plein de franchise.

"DD" aime le caractère de gagnant et de battant de "Dédé" qui, à 30 ans, tutoie le pic de forme de sa carrière. «Il est très bien préparé, confirme le sélectionneur tricolore en cette veille de match face à la Suisse. Il fait tout pour jouer, se prépare et se tient prêt. Son entrée contre l’Albanie a été concluante dans le dernier quart d’heure. Je le trouve bien. Comme ses autres partenaires, André-Pierre est dans l’esprit de ce groupe. Il est à fond derrière ceux qui sont sur le terrain.» Face à l’Albanie, "APG" était dans le coup du deuxième but de Dimitri Payet. Il fait partie des quinze joueurs que Deschamps a déjà utilisés sur les deux premiers matches. Son temps de jeu va vraisemblablement augmenter rapidement face aux Helvètes. «Dédé ne laissera pas passer sa chance», nous confiait un de ses proches, mercredi dernier, à Marseille. Dans un coin de sa tête, André-Pierre Gignac (28 sélections, 7 buts) a également une revanche personnelle à prendre. Il était de la déroute de Knysna en 2010 où il avait participé aux trois matches catastrophiques des Bleus face à l’Uruguay, au Mexique et contre l’Afrique du Sud. Toujours plein de fierté six ans après, le trentenaire ne veut pas laisser cette image de lui en phase finale d’une grande compétition internationale. Le Tigre a vraiment les dents qui rayent le parquet.
François Verdenet, à Lille 
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