grigore (dragos) koscielny (laurent) pogba (paul) hoban (ovidiu) chiriches (vlad) (MANTEY STEPHANE/L'Equipe)
Euro 2016 - FRA-ALB

Euro 2016, équipe de France : Le dilemme Paul Pogba

Décevant face à la Roumanie, en ouverture de l'Euro, Paul Pogba est au centre de tous les débats avant le deuxième match des Bleus, mercredi face à l'Albanie.

Depuis le début de la préparation et même depuis l'entrée en compétition, Paul Pogba est dispensé de points presse. Le Turinois, avec le troisième gardien Benoît Costil, pour les raisons que l'on comprend, est le seul des vingt-trois joueurs à ne pas être venu débattre avec la caravane médiatique des Bleus en trois semaines. Les raisons sont simples pour beaucoup. Didier Deschamps ne veut pas l'envoyer sur le grill. Le sélectionneur le protège car c'est lui qui valide - in fine - les listes des invités des journalistes. Si DD dit ironiquement avoir «placé Payet dans les glaçons», il a mis Paul le Poulpe au frigo avec les surgelés. «No comment». Mais peut-être que l'entraîneur des Bleus veut également lui éviter de trop s'enflammer en lui refroidissant les idées avec un peu de glace pilée. Dans ses rares sorties médiatiques bien balisées avant l'Euro, on pouvait lire toute l'ambition de Pogba.
Quand le niveau monte avec le maillot bleu sur le dos, comme une charge, le ballon dort plutôt pour le Turinois.
Celle de frapper fort pendant cet Euro, de marquer l'histoire, de marcher sur la route d'un Ballon d'Or que son "potentiel" - il est vrai - lui permet d'envisager. Mais pour l'instant, au regard de sa performance d'ensemble contre la Roumanie, de ses matches de préparation précédents et même - allons-y ! - de ses 32 sélections en équipe de France depuis trois ans, l'ensemble des suiveurs tricolores a bien du mal à ressortir ces fameux matches références qui font la différence. Quand le niveau monte avec le maillot bleu sur le dos, comme une charge, le ballon dort plutôt pour le Turinois. Et Didier Deschamps commencerait à s'impatienter comme tout le monde. Le coach des Bleus lui a ainsi lancé un nouvel avertissement en le sortant face aux Roumains. Un avertissement sans frais à entendre son coach et ses coéquipiers. Pas si sûr à vingt-quatre heures d'un deuxième round du groupe A face à l'Albanie. «Paul peut mieux faire mais je ne veux pas être trop dur avec lui», concède DD. En privé, le discours est moins consensuel. «Il est évident qu'on peut attendre plus de lui, avance son capitaine Hugo Lloris. Mais je ne vais pas vous dire si on a discuté ensemble après la Roumanie. Tout le monde doit prendre ses marques dans cette compétition, s'améliorer et devenir plus fort. Mais je n'ai pas de doute. Paul va monter en puissance.» 
Contre la Roumanie, Deschamps a sorti Pogba à la 77e minute. (MOUNIC ALAIN/L'Equipe)
Contre la Roumanie, Deschamps a sorti Pogba à la 77e minute. (MOUNIC ALAIN/L'Equipe)
Pour le moment, l'ex-Havrais de 23 ans patine sérieusement entre la deuxième et la troisième vitesse surtout quand on dresse le parallèle avec l'étonnant N'Golo Kanté et l'expérimenté Blaise Matuidi. L'embrayage du Turinois chauffe. L'idée est plus que dans l'air, donc dans l'esprit de Deschamps, de faire tourner dès ce deuxième match comme il l'avait fait, dans les mêmes conditions en 2014 lors de la Coupe du monde face à la Suisse (5-2). Tout comme Antoine Griezmann, Paul Pogba avait été la cible de cette rotation précoce au profit de Moussa Sissoko. Il n'était pas blessé. Il était ensuite entré en cours de match. Ce succès avait été le plus concluant de l'aventure brésilienne dans tous les domaines.

Deschamps ne cesse de répéter qu'il est pragmatique

«Mais il ne faut pas comparer, a coupé - mais sans convaincre - Didier Deschamps lors de la conférence de presse de ce mardi avant l'Albanie. A l'époque, c'était un choix par rapport à l'adversaire. J'avais notamment choisi Moussa Sissoko pour solidifier le milieu.» A Salvador de Baia, le sélectionneur était aussi resté dans son habituel 4-3-3. La tentation d'un nouveau 4-2-3-1, concluant en fin de partie face à la Roumanie avec les entrées de Coman et Martial, le replacement de Payet derrière Giroud, et donc les sorties de Pogba et Griezmann, existe bien contre l'Albanie et dès le coup d'envoi. Deschamps ne cesse de répéter qu'il est pragmatique. Et il a déjà vu beaucoup de choses comme beaucoup de monde. Ses récents choix pour sa liste des 23 ont prouvé qu'il savait trancher. La lame est affutée. Et en tombant, elle peut parfois dégonfler quelques têtes.
François Verdenet 
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wenceslas28 15 juin à 20:30

Nora.vialle tu te sens plus malin que ces italiens qui ont fait de lui le remplaçant de Pirlo

nora.vialle 15 juin à 14:12

pogba est une supercherie mediatico-marketing crée artificiellement par son pizzaïolo d'agent il y'a deux ans et relayé pour des raisons qui restent obscurs par les médias français . je reste circonspect devant le décalage monstrueux entre son niveau de médiatisation et ses performances footballistiques .

yves.taboulot 15 juin à 8:34

Pogba fait un mauvais match : il est viré. Evra a été nul : il est gardé . Ou est la logique ? Moi je pense qu'un Pogba est plus capable de se racheter que Evra avec ses "36 ans" !!!!

davethesith 15 juin à 6:41

Paul Pogba qui libère la France en 1/8e de finale au Brésil n'avait donc pas été décisif ce jour là ? La mémoire journalistique est donc de plus en plus courte. Bientôt elle se limitera à la dernière mi-temps d'un joueur !!!

wenceslas28 15 juin à 4:19

Les médias ne sont pas les juges de cette société. S' il n'y avait pas de footballeurs, ils ne vendraient pas leur médiocre feuille de choux.ceux qui connaissent apprécient à leur juste valeur les sacrifices de ces jeunes qui pour la plupart viennent d'un milieu difficile. Que font les médias à part s' attaquer à des jeunes de 20 ans qui le plus souvent se défendent avec maladresse.

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