Michael Youn (D.R)

Euro 2016, Michaël Youn : «J'ai fait un pari à un million d'euros !»

Francefootball.fr a demandé à vingt-trois personnalités d'enregistrer un message d'encouragement à l'équipe de France en vue de l'Euro. Mais avant, obligation de parler, un peu, de foot. Place ici au supporter Michaël Youn*.

«Le dimanche soir, c'est plutôt un film ou la Ligue 1 ?
Chaque dimanche, c'est le CFC, quoi qu'il arrive, au grand dam de ma femme puisqu'on doit rentrer de week-end avant 19 heures pour regarder l’émission. Au début, quand j'ai rencontré Isabelle (NDLR : Funaro, son épouse, qui est actrice), je mentais un petit peu, je regardais en cachette mais au bout de dix ans tu ne peux plus te cacher. Maintenant, elle voit ma maîtresse au grand jour (rires). Je peux regarder 4-5 matches pendant le week-end.
Comment êtes-vous venu au foot ?
Mon père m'a emmené au Parc des Princes (NDLR : l’entretien a été réalisé avant l’incident survenu lors de la finale de la Coupe de France PSG-OM à l’occasion de laquelle il a allumé un fumigène en loge du SDF) en 1980, l'année de la première Coupe de France remporté par le PSG. C'était les sorties avec mon père, des moments privilégiés. J'ai donc gardé ces instants. J'y ai rencontré des copains et j'ai fini par m'abonner à Auteuil parce que la violence commençait déjà à se faire sentir dans la tribune Boulogne. Jusqu'en 1998, j’ai été abonné aux Lutèces Falco, à Auteuil. J'étais donc un ultra et on se marrait bien, on buvait des bières, on fumait des joints, ce n'était pas "bagarre" du tout. L'idée était surtout de se retrouver ensemble pour les tifos et la fête. Dès qu'il y avait des affrontements avec d'autres supporters, nous on n'y allait pas, ce n'était pas notre truc.
Le nouveau PSG version qatarie, ça vous parle ?
À une époque, le PSG était plus craint en tribune que sur le terrain. Aujourd'hui c'est triste de voir l'ambiance qu'il y a en tribunes mais qu'est-ce qui est le plus triste : cette ambiance ou le fait qu'il y ait eu deux morts ? Aujourd'hui, je suis ravi de pouvoir aller au Parc en famille. J'ai même soutenu le plan Leproux. Maintenant, je pense qu'il serait nécessaire de recréer des zones supporters avec des tifos, des chants, parce que c'est un peu dommage maintenant qu'on a mis notre plus bel habit de soirée qu'il n'y ait plus personne pour le voir. Mais je comprends aussi les dirigeants : à 500 M€, tu n'as pas envie qu'un jongleur pète la vitrine…

Avez-vous un souvenir en particulier lié à l'équipe de France ?
Mes deux plus gros souvenirs avec les Bleus sont deux énormes défaites. Je trouve qu'il y a plus d'émotions dans les grandes défaites que dans les grandes victoires. Je me souviens évidemment de 1998, la liesse populaire, c'était super, mais il y avait un truc plus authentique dans la défaite de 1982, les larmes de mon père qui, en hurlant, a réveillé ma grand-mère qui dormait dans la pièce d'à côté. Il avait passé la première mi-temps à dire «Mais il est nul Marius» avant que Trésor ne mette une reprise de volée venue d'ailleurs. J’ai aussi beaucoup aimé la dramatique finale de 2006 qui était sans doute la meilleure Coupe du monde d’une équipe de France. Zidane a survolé la compétition avec une finale exceptionnelle d'intensité. Cette claquette de Buffon... Je ne me suis toujours pas remis de cette défaite. J'ai mis deux ans à pouvoir suivre de nouveau l'équipe de France car j'avais pleuré pendant trois semaines. C'était comme si je m'étais fait brutalement larguer.

L'Euro approche, comment l'imaginez-vous ?
J'imagine une grande fête malgré toutes les circonstances difficiles, qu'elles soient sportives ou extra-sportives. Il y aura de la ferveur dans ces stades tout beaux mais un peu petits à mon goût. Et puis, il y a cette équipe de France. L'absence de Benzema, même si elle me paraît un peu injuste, ne me fait pas dire que les Bleus ne gagneront pas.

Un pronostic pour la finale ?
J'ai fait un pari avec le fils de ma femme : si je gagne c'est un million d'euros ! En finale, j'ai joué la victoire de la France contre l’Angleterre. Bon, j’avoue que c'est plus un pari de supporter que de connaisseur de foot (rires). La Belgique peut aussi faire quelque chose. Et j'aimerais bien que l'Espagne soit éliminée assez tôt (rires).»

«Je trouve qu'il y a plus d'émotions dans les grandes défaites que dans les grandes victoires»

«Après la finale perdue de 2006 face à l'Italie, j'avais pleuré pendant trois semaines. C'était comme si je m'étais fait brutalement larguer»

*Humoriste

Emmanuel Trumer