Football Soccer - Italy v Sweden - EURO 2016 - Group E - Stadium de Toulouse, Toulouse, France - 17/6/16 Sweden's Zlatan Ibrahimovic REUTERS/ Michael Dalder Livepic (131848+0000,Michael Dalder/Reuters)

Euro 2016 : Zlatan Ibrahimovic, Thomas Müller, Cesc Fabregas... Les 10 déceptions du tournoi

On les attendait au tournant, et ils ont fini dans le fossé. Pas capables de porter leur sélection ou pas au niveau de leurs partenaires, ces joueurs nous ont déçu dans cet Euro 2016. Flop 10.

Zlatan Ibrahimovic (Suède), un nouveau rendez-vous manqué

Dans un pays qu’il  a appris à bien connaître pendant quatre ans, et inversement, l’ancien attaquant du PSG est passé à côté de son Euro. Pour sa dernière compétition internationale avec son pays, le meilleur buteur de l’histoire de la sélection suédoise (62 buts en 116 sélections) a traversé la compétition comme une ombre.

Rarement décisif ou incisif, son Euro se résume à un but contre son camp de l’Irlandais Clark qu’il a provoqué. À presque trente-cinq ans, le Suédois a décidé de raccrocher le maillot jaune et bleu après la défaite face à la Belgique (2-0) lors du dernier match de poules. Son compteur de buts dans l’histoire de l’Euro restera bloqué à six réalisations. Ciao Zlatan !

Cesc Fabregas (Espagne), en constante régression

Dans le milieu à trois de Vicente Del Bosque, Busquets régule le jeu espagnol et Iniesta donne le tempo par sa vista. Et le joueur de Chelsea dans tout ça ? Un Euro traversé comme une ombre où il n’a jamais pesé sur le jeu de son équipe. Et pourtant, Fabregas a gardé la confiance de son sélectionneur, en étant titulaire sur les quatre rencontres de son équipe. Sur le banc, il y avait pourtant une concurrence relevée avec Koke, Thiago Alcantara et Bruno Soriano.
 
Alors oui, Fabregas a réussi 91% de ses passes, mais il s’est trop souvent contenté de donner sur les côtés sans jamais réussir le geste juste dans les 30 derniers mètres. Défensivement il a réussi un superbe sauvetage sur sa ligne contre la République tchèque et cela restera comme sa seule action décisive du tournoi. En déficit physique, il n'a gagné que 20% de ses duels mais c’est avant tout sur le plan de la créativité où on l’attendait.

Andriy Yarmolenko (Ukraine), le feu follet éteint

Auteur d’une saison accomplie avec le Dynamo Kiev (13 buts et 10 passes décisives en Championnat), Yarmolenko avait engrangé de la confiance avant d’arriver à l’Euro. Avec Konoplyanka, son alter-ego sur l’autre aile, il était censé percuter, provoquer et dynamiter les défenses adverses. Il n’en fut rien. Eliminés dès la phase des groupes, les Ukrainiens n’ont marqué aucun but dans le tournoi. Ils se sont montrés seulement dangereux pendant la première période contre l’Allemagne (0-2).
 
Cette incapacité offensive est en grande partie liée aux prestations médiocres de Yarmolenko, joueur moteur de son équipe. Avec seulement trois petits tirs et un seul centre réussi sur neuf tentés, l’attaquant ukrainien a eu un impact très faible et largement insuffisant pour un tel rendez-vous.

Raheem Sterling, la tête dans le gazon. (Reuters)

Raheem Sterling (Angleterre), ailier désemparé

Après une saison très compliquée à Manchester City où il n’a pas encore assumé son transfert à 70 millions d’euros, Sterling a connu un tournoi très compliqué. Après trois titularisations, le joueur formé à Liverpool est le symbole avec Kane et Alli d’une jeunesse anglaise décevante et pas encore à la hauteur d’un tel tournoi. Il a eu un impact minimal sur le jeu de son équipe et ses percussions n’ont surpris aucun adversaire.
 
Le constat est accablant, Marcus Rashford a montré plus d’allant que lui en 26 minutes jouées. Ses prestations ont tellement déçu outre-Manche que certains supporters ont décidé de créer une cagnotte sur Internet pour lui payer un billet d’avion pour retourner à Manchester. Le divorce est bien là avec le peuple anglais.

Robert Lewandowski (Pologne), un leadership mal assumé

Un petit but et vraiment pas grand-chose d’autre. Censé porter une génération polonaise prometteuse, Robert Lewandowski est tout simplement passé à côté de son Euro. Pourtant entouré par des partenaires en verve, Grosicki et Krychowiak en tête, l’attaquant du Bayern n’a que rarement pesé sur les rencontres.
 
Capitaine de sa sélection il n’a pas été à un niveau suffisant pour emmener les siens dans son sillage et dépasser les quarts de finale. Même si ce résultat est satisfaisant pour la Pologne, le match accroché face au Portugal (1-1, 3 t.a.b. à 5) et la suite de la compétition laissent penser que cette sélection aurait pu faire encore mieux. Il aurait fallu un Lewi un ton au-dessus.

Thomas Müller a vécu un Euro à l'image de sa fin de saison avec le Bayern. (Reuters)

Thomas Müller (Allemagne), la malédiction continentale

10 buts en Coupe du monde, aucun à l’Euro. Co-meilleur buteur du Mondial 2010 avec 5 réalisations, Müller avait réussi à marquer autant à Rio en 2014. De quoi faire de lui un véritable spécialiste des tournois majeurs. Il n’a pas confirmé cette prédisposition lors du mois qui vient de s’écouler.
 
Transparent tout au long de l’Euro, le polyvalent joueur offensif du Bayern n’a pas représenté le leader d’attaque dont son équipe aurait eu besoin, notamment en demi-finale contre la France (0-2). Habituellement efficace malgré son style atypique, le numéro 13 de la Mannschaft n’a cette fois pas su trouver la faille.

Kévin De Bruyne (Belgique), sur courant alternatif

Sa saison à Manchester City laissait présager autre chose. Le milieu offensif des Diables Rouges a été excellent pour son grand retour en Angleterre après une première expérience difficile à Chelsea. Blessé en cours de saison, il est parfaitement revenu et a eu un rayonnement sur le jeu de son équipe.
 
Il faut croire que le contrecoup physique est arrivé en même temps que l’Euro. Aussi décevant lors du premier tour que le reste de sa sélection, De Bruyne n’a pas été l’impact player attendu. Contrairement à son coéquipier Eden Hazard, il n’a ensuite pas élevé son niveau. Même si sa technique sur les coups de pieds arrêtés a été précieuse, il a manqué de jus dans les autres secteurs du jeu.

Arda Turan (Turquie), une saison à oublier

Attendu au tournant après une saison cahoteuse avec le FC Barcelone où il n’a pu jouer qu’à partir de janvier (21 matchs toutes compétitions confondues, 2 buts), le génie turc a réalisé un Euro très médiocre. Le grand leader de la formation de Fatih Terim n’a pas brillé dans l’entrejeu de son équipe.
 
Invisible face à la Croatie lors du match d’ouverture (0-1), il a fait des excuses publiques devant les supporters de la sélection et les médias. Sifflé une nouvelle fois face à l’Espagne à Nice (0-3), Turan a été un peu meilleur face à la République tchèque (2-0). Insuffisant toutefois pour un joueur de son standing, véritable icône dans son pays. Décevant.

Aleksandar Dragovic (Autriche), doublement fautif

Le défenseur central autrichien se souviendra longtemps de son Euro 2016 où il a coûté cher à son équipe. Fébrile défensivement et nerveux, il a mal géré son tournoi. D’abord lors du premier match, où il a été expulsé à la 67e minute alors que la Hongrie menait déjà au score, une exclusion bête suite à deux avertissements évitables. Sa sortie a provoqué un certain déséquilibre alors que ses coéquipiers faisaient tout pour égaliser.
 
Le joueur du Dynamo Kiev, revenu pour le dernier match face à l’Islande, tenait à prendre ses responsabilités sur le penalty sifflé suite à une faute de Skulason. Sa tentative puissante a été repoussée par le poteau droit des Islandais et cet échec a maintenu son équipe dans le doute. Les hommes de Marcel Koller s’inclinent au final 2-1 et Dragovic ne peut que constater les dégâts. Avec 23% de duels gagnés, il n’a jamais fait régner l’ordre dans la défense autrichienne.

Simone Zaza (Italie), risée d'Internet

De l’Euro de l’attaquant de la Juventus, difficile de retenir quelque chose de positif. Sur le banc face à la Belgique et la Suède (entré en cours de jeu à la 60ème), Zaza était titulaire lors de la seule défaite de son équipe face à l’Irlande en phase de groupes (0-1). Le joueur ne resurgira sur la pelouse qu’en quarts de finale face à l’Allemagne. Remplaçant Chiellini à la fin de la prolongation, l’ex de Sassuolo est désigné par Antonio Conte  comme le deuxième frappeur italien de la séance de tirs aux buts. L’attaquant rate sa tentative en expédiant un missile au-dessus de la cage de Neuer.
 
C’est surtout sa course d’élan précédant le tir qui reste comme une des séquences les plus surréalistes de cet Euro. Après la défaite de l’Italie (1-1, 5 t.a.b. à 6), Zaza devient la risée de Twitter et doit s’excuser auprès des supporters italiens. Ce mauvais souvenir risque de le poursuivre pendant longtemps.

Nicolas Comelli, Enzo Diaz et Adrien Mathieu